A-t-on vraiment besoin dune multitude de vaccins pour lutter contre un seul et même virus ? – LCI

A-t-on vraiment besoin dune multitude de vaccins pour lutter contre un seul et même virus ? – LCI

EMBARRAS DU CHOIX – De nombreux laboratoires sont en concurrence pour produire des vaccins, en France comme à l’étranger. Pourquoi autant ? A-t-on la certitude qu’ils seront tous efficaces ? LCI fait le point.

Après le vaccin des laboratoires Pfizer-BioNTech, c’est au tour de celui développé par Moderna d’avoir reçu les autorisations nécessaires pour être distribué en Europe. D’autres sont attendus dans les prochaines semaines, à commencer par celui d’AstraZeneca, mis au point en collaboration avec l’université d’Oxford. Des évaluations successives qui interrogent le grand public, et notamment Joachim, internaute qui a contacté notre rédaction via l’adresse lesverificateurs@tf1.fr. « Pouvez-vous me dire comment se fait-il qu’il y ait quatre vaccins différents pour le même virus ? », nous demande-t-il. Tout en s’interrogeant sur leur efficacité respective. 

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Des candidats-vaccins par dizaines

Ce lecteur a raison de souligner que plusieurs vaccins cherchent à lutter contre un même virus, mais ils s’avèrent en réalité bien plus nombreux que quatre. L’OMS, qui se charge de suivre l’avancement de tous les laboratoires mobilisés, dénombrait il y a quelque temps plus de 50 candidats-vaccins en phase d’essais cliniques. Et plus de 150 autres encore dans une phase d’évaluation préclinique. Rien n’indique bien entendu que tous verront le jour, mais il est hautement probable qu’une partie d’entre eux viennent compléter l’offre actuellement à disposition.

Pourquoi une telle quantité, alors que l’on ne cherche à lutter que contre un seul virus ? Les raisons sont multiples. Tout d’abord, il faut remarquer que si l’objectif des vaccins en identique (se prémunir du Covid-19), les méthodes qu’ils emploient pour y parvenir diffèrent. L’on pourrait comparer la course au vaccin à un voyage : pour aller d’un point A à un point B, on peut employer divers moyens de transports. Pour les scientifiques, le choix ne s’opère pas entre une voiture, un train ou un vélo, mais entre différentes méthodes et « technologies ». Plus ou moins récentes. Plus ou moins novatrices. 

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Les premiers vaccins à avoir été mis sur le marché sont dits « à ARN ». Les Vérificateurs en ont déjà parlé à plusieurs reprises, des internautes assurant notamment à tort qu’ils vont modifier nos gènes de manière irréversible. Ils sont en concurrence avec d’autres méthodes :  celle des vaccins à virus atténué, à virus inactivé… D’autres familles existent, comme les vaccins à protéines, ceux à vecteur viral, sans oublier ceux à matériel génétique. Outre les vaccins à ARN, cette dernière catégorie regroupe aussi ceux à ADN. Aucun de ceux-ci n’a encore reçu d’autorisation, mais une vingtaine de candidats-vaccins au moins ont y ont recours.

Des caractéristiques spécifiques

Les méthodes employées sont loin d’être anecdotiques. Elles conditionnent en effet pour partie le temps de développement nécessaire à la mise au point de chaque vaccin. Ce n’est ainsi pas un hasard si les deux premiers disponibles en Europe sont à ARN. Surtout, ils présentent des caractéristiques qui les rendent plus ou moins pratiques et efficaces. Disponible très rapidement, le vaccin de Pfizer-BioNTech a permis de débuter sans tarder la campagne de vaccination. Mais il présente aussi des inconvénients majeurs : sa conservation doit être réalisée à -70°, et il est indispensable d’injecter deux doses pour garantir son efficacité.

 

Celui de Moderna requiert pour sa part une conservation à « seulement » -20°, de quoi faciliter la logistique et le respect de la chaîne du froid. Pour lui aussi, deux doses sont demandées. D’autres vaccins, néanmoins, pourront être conservés dans des frigos classiques et/ou ne nécessiteront qu’une injection. De quoi faciliter la tâche des autorités sanitaires, qui n’auront pas à demander aux patients de se déplacer à plusieurs reprises. À l’inverse, l’OMS note qu’une partie des candidats-vaccins ont besoin de trois doses. 

Une efficacité variable

Multiplier les recherches permet aussi de s’assurer de disposer d’un large éventail d’outils pour lutter contre le Covid-19. Et de ne sélectionner, au bout du compte, que les plus efficaces. Les évaluations cliniques montrent en effet que le degré d’efficacité varie d’un vaccin à l’autre. Sans compter les effets secondaires, plus ou moins importants. À terme, les autorités vont privilégier les vaccins répondant à une série de critères : ceux efficaces contre le virus bien sûr, mais également pratiques d’un point de vue logistique et peu chers. Le laboratoire qui parviendra à réunir ces différentes caractéristiques mettra toutes les chances de son côté. Ajoutons enfin que plus la concurrence est rude entres labos, plus celle-ci est susceptible de tirer les prix à la baisse.

En ce qui concerne l’efficacité et la sûreté de chaque vaccin, il est impossible de la prévoir à l’avance. Les essais cliniques menés auprès de volontaires doivent permettre de l’évaluer. Précisons que même s’ils sont parfois basés sur des méthodes et technologies similaires, les vaccins sont tous testés indépendamment. De la même manière, les autorités de sécurité du médicament évaluent au cas par cas les propriétés de chaque vaccin avant de délivrer des autorisations. Composition, effets secondaires, efficacité sur les différents types de patients, tous les éléments récoltés par les laboratoires sont systématiquement passés au crible. Si bien qu’aucun vaccin ne peut être administré sans avoir au préalable reçu cette certification.

En résumé, il est donc utile de disposer de multiples candidats-vaccins, afin non seulement de disposer des plus efficaces contre le vaccin, mais aussi de pouvoir s’assurer un approvisionnement conséquent. Tous ces vaccins présentent des spécificités, que ce soit dans leur conception ou leur délivrance (1, 2 ou 3 doses), ce qui a un impact au niveau de la logistique qu’il est nécessaire de déployer. L’efficacité et la sûreté sont quant à elles systématiquement étudiées, et ce pour tous les vaccins qui se révèleraient satisfaisants à l’issue des essais cliniques. 

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