An II du Covid-19 : les scénarios pour son évolution en 2021 – Futura

An II du Covid-19 : les scénarios pour son évolution en 2021 – Futura

L’émergence du coronavirus en janvier 2020 a pris le monde entier par surprise. Durée de l’immunité, mode de transmission, contagiosité et effets secondaires… Les découvertes et mystères se sont accumulés ; l’épidémie connaît des sautes d’humeur difficiles à anticiper. Entre espoir de la vaccination et craintes de mutation, que peut-on espérer pour « l’an 2 » de la Covid ?

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  Plusieurs vaccins anti-Covid sont en phase finale d’essai clinique et pourraient commencer à être administrés dès la fin de l’année. Mais avant qu’une majorité de personnes soient vaccinées, il va falloir continuer à vivre avec le virus. 

Personne n’avait vu venir la pandémie de coronavirus et encore moins prévu son évolution en 2020. Nombre d’experts pensaient au départ qu’elle se limiterait au Sud-Est asiatique, comme le précédent SRAS, puis ils nous ont expliqué que le virus allait déclencher des dizaines de millions de morts en quelques mois. Rien de tout cela ne s’est passé. Il apparaît donc difficile de faire des prévisions pour l’an prochain. Mais, grâce aux avancées extraordinairement rapides de la science, on en sait quand même un peu plus sur la façon dont cela pourrait se dérouler en 2021.

La vaccination va-t-elle faire oublier le virus ?

« D’ici un mois, 2,25 millions de personnes auront été vaccinées [en Israël]. Une fois cela fait, nous pourrons sortir du coronavirus, rouvrir l’économie, et faire des choses qu’aucun autre pays monde ne pourra faire », prophétise le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Certains pays, qui ont accéléré la cadence en matière de vaccination, pourraient bien arriver rapidement à une immunité collective leur permettant de retrouver une vie presque normale. Selon une étude italienne, 30.000 décès seront ainsi évités en 2021 en Italie grâce à la vaccination si 80 % de la population à risque se vaccine.

Hélas, la France risque de sortir dans les derniers de l’épidémie, étant donné son peu d’empressement à vacciner et la réticence de sa population qui est la plus sceptique au monde sur les vaccins. Il faut donc probablement s’attendre à subir encore plusieurs vagues dans l’Hexagone, ainsi que des confinements ou couvre-feux, et à devoir rester masqué un bon bout de temps.

Une mutation du virus ?

C’est la grande crainte des scientifiques : une mutation du virus qui rendrait le vaccin inopérant ou plus dangereux. L’apparition récente d’une nouvelle variante du virus en Angleterre, jusqu’à 70 % plus transmissible, a ainsi entraîné le confinement généralisé du pays en décembre. Mais, jusqu’à présent, ces mutations restent trop mineures pour affecter l’efficacité du vaccin. Néanmoins, le risque est élevé : plus de 300.000 mutations du Sars-CoV-2 ont été séquencées dans le monde et plus le virus circule, plus il est susceptible de muter pour s’adapter à son hôte.

Pas de quoi affoler les fabricants de vaccins. « Nous sommes capables de délivrer un nouveau vaccin en six semaines », affirme ainsi le dirigeant de BioNTech, le laboratoire allemand à l’origine avec Pfizer du premier vaccin contre la Covid-19. La technologie du vaccin à ARN messager a, en effet, révolutionné l’industrie avec un développement en un temps record et une efficacité inégalée par rapport aux vaccins classiques.

Des traitements plus efficaces ?

Plus d’un an après le début de l’épidémie de Covid-19, on ne dispose toujours d’aucun médicament réellement efficace pour combattre l’infection, malgré les 2.358 essais cliniques actuellement en cours, selon le site Covid-nma, animé par Cochrane France. Les antiviraux testés lors de l’essai Solidarity piloté par l’OMS (remdesivir, lopinavir, interféron bêta et hydroxychloroquine) se sont révélés inefficaces. Plus aucune nouvelle non plus du fameux médicament miracle de l’Institut Pasteur. Le Regeneron, le cocktail d’anticorps qui a été administré à Donald Trump, a montré une certaine efficacité pour les patients hospitalisés sous oxygène. La piste de la vitamine D a également été avancée.

« Il n’y aura pas de remède miracle », assurait début septembre Thomas Cueni, directeur général de l’IFPMA (Fédération internationale des producteurs et des organisations pharmaceutiques). « Nous aurons besoin de différents traitements, destinés à différents types de groupes de patients et à différentes étapes de progression de la maladie ».

Quelle dynamique pour la pandémie ?

« Le virus circule en France à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée », expliquait Emmanuel Macron le 28 octobre dernier pour justifier le deuxième confinement. Sauf que quelques jours après, avant même que l’on puisse voir l’effet de ce dernier, la courbe fléchissait de manière tout aussi inexplicable.

De nombreux modèles épidémiologiques ont été développés pour tenter de prédire l’évolution de l’épidémie, mais le nombre de paramètres est tellement élevé (respect des mesures barrières, taux de reproduction efficace, formation de clusters, part des asymptomatiques…) que tous se sont révélés assez inopérants. En mars, l’équipe de l’épidémiologiste Neil Ferguson, de l’Imperial College à Londres, prévoyait jusqu’à 500.000 morts en France en l’absence de mesures d’endiguement. On peut tout de même avancer prudemment quelques prévisions. On suppose, par exemple, que le temps froid et humide joue un rôle défavorable, ce qui devrait amener à un ralentissement de la circulation du virus cet été, qui sera également encouragé par la progression des campagnes de vaccination.

« Le virus est avec nous pour toujours », prévenait Catherine Smallwood, responsable des situations d’urgence à l’OMS-Europe, en novembre dernier. Les deux hypothèses dominantes sont une éradication du virus par la vaccination ou l’immunité collective, ou bien encore une banalisation du virus qui deviendrait endémique comme ceux du rhume.

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