Cancer : les belles promesses de l’immunothérapie – ladepeche.fr

Cancer : les belles promesses de l’immunothérapie – ladepeche.fr

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Outil thérapeutique récent, l’immunothérapie a montré de réels succès dans la lutte contre les cancers. Pour certains d’entre eux, les semaines gagnées face à la maladie sont inédites. Exemple avec le cancer du poumon où les études, à cinq ans, montrent de réels bénéfices.

Dans une des chambres du service de pneumologie de l’hôpital Larrey (CHU de Toulouse), ce mardi matin, Pierre-Claude s’apprête à recevoir sa perfusion d’immunothérapie. Il s’agit de sa troisième séance en six semaines pour traiter un cancer de la plèvre.

Ce patient de 62 ans, intégré dans un essai clinique, a auparavant reçu de la chimiothérapie pour renforcer l’efficacité de l’immunothérapie qui lui est désormais injectée seule. Les molécules du traitement viennent stimuler le système immunitaire pour qu’il détruise les cellules tumorales ; les lymphocytes retrouvent alors leur rôle de « tueurs » de cellules cancéreuses que celles-ci avaient inactivé.

Moins toxique que la chimiothérapie, l’immunothérapie a redonné le sourire à Pierre-Claude. « La chimio avait attaqué mon énergie. Aujourd’hui, je retrouve un aspect de vie normal, je recommence à bricoler, à sortir et j’ai retrouvé l’envie de manger », témoigne cet habitant de la Haute-Garonne.

« On transforme le cancer en maladie chronique, on arrive à parler d’autre chose que de toxicité du traitement »

À ses côtés, le Pr Julien Mazières pneumo-oncologue au CHU de Toulouse acquiesce. « L’immunothérapie a changé notre approche en cancérologie. Auparavant, nous cherchions un équilibre délicat entre efficacité et toxicité. L’immunothérapie permet de proposer un traitement avec un peu plus de sérénité. On transforme le cancer en maladie chronique, on arrive à parler d’autre chose avec les patients que de la toxicité du traitement (perte des cheveux, vomissements notamment) et on leur explique que c’est leur propre système immunitaire qui va détruire le cancer. Ils deviennent acteurs dans ce combat. Pour la première fois dans le cancer du poumon de stade avancé ou métastatique, l’immunothérapie permet d’envisager des rémissions longues », explique le Pr Mazières. Les mêmes résultats sont également observés dans le mélanome métastatique.

Taux de survie multiplié par deux par rapport à la chimiothérapie

Le mot guérison n’est pas prononcé mais l’espoir est là. « Le taux de survie est multiplié par deux par rapport à la chimiothérapie », souligne le pneumologue qui a coordonné l’analyse définitive de deux essais cliniques internationaux après quatre et cinq ans d’utilisation de l’immunothérapie chez 1 500 patients traités pour des cancers du poumon à non petites cellules (publication dans la revue Journal of Thoracic Oncology). « Il en ressort que l’immunothérapie est efficace même sur un temps long et qu’il n’y a pas de toxicité qui se cumule dans le temps. Les effets secondaires constatés – inflammations de la peau, des reins, de la thyroïde – sont liés à la réponse immunitaire et ne durent généralement pas ».

Chez 25 % des patients du cancer du poumon non à petites cellules, porteurs d’un marqueur spécifique (PD-L1) sur les cellules de la tumeur, l’immunothérapie est désormais le traitement de première intention. Des arrêts de traitements chez des patients sous immunothérapie depuis plus de trois ans sont également à l’étude.

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