« Comment faire pour que les Français acceptent le vaccin contre le Covid-19 ? » – Le Monde

« Comment faire pour que les Français acceptent le vaccin contre le Covid-19 ? » – Le Monde

Tribune. Alors que les annonces récentes de différents laboratoires pharmaceutiques ont redonné un peu d’espoir, les réactions de défiance qui ont suivi parmi les populations, en particulier en France, ont eu l’effet d’une douche froide. Cela rappelle à quel point il est important que le travail sur les solutions techniques soit accompagné de politiques qui visent à changer les croyances et les comportements des citoyens.

Le constat est aujourd’hui alarmant. Le hashtag #antivax fait un tabac sur les réseaux sociaux. Entre accusations infondées visant les grands groupes pharmaceutiques, le milliardaire américain Bill Gates qui aurait créé le virus afin de s’enrichir sur la vente des vaccins, ou encore Elon Musk [le patron du constructeur de voitures électriques Tesla] qui refuserait de faire vacciner ses enfants, les théories complotistes envahissent nos écrans – le dernier épisode en date étant le documentaire Hold-up, diffusé en ligne, censé démontrer les mensonges sur le Covid-19.

Un Français sur deux ne se fera pas vacciner

Ces phénomènes qui font la « une » des médias ne sont que la partie visible de l’iceberg. Sur 13 000 personnes interrogées dans 19 pays, une sur trois refuserait de se faire vacciner même si le vaccin était approuvé et recommandé par les autorités compétentes (« A global survey of potential acceptance of a COVID-19 vaccine », Jeffrey V. Lazarus et alii, Nature Medicine, 20 octobre).

Encore plus inquiétant, un Français sur deux affirme qu’il ne se fera pas vacciner (sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro publié le 12 novembre). Ces chiffres indiquent qu’en l’état actuel des choses il sera probablement difficile d’atteindre l’immunité collective même des mois après la distribution massive des vaccins contre le Covid-19.

Vérification : Les contre-vérités du documentaire « Hold-up »

La question de savoir comment changer des comportements collectivement coûteux n’est pas nouvelle et a fait l’objet de nombreux travaux en sciences comportementales. Nous devons aujourd’hui utiliser ces connaissances pour rendre le vaccin plus acceptable et plus facile d’accès. Il existe ainsi une série de solutions qui s’appuient sur les facteurs psychologiques et culturels et qui ont fait leurs preuves quand il s’agit d’encourager des comportements civiques. Les autorités publiques pourraient s’en inspirer pour encourager à moindre coût les citoyens à se faire vacciner.

Opt-out, le consentement implicite

La décision de faire don de ses organes après sa mort, une décision importante posant des questions morales, est un des exemples classiques qui pourrait fournir des enseignements en matière de vaccination. Une étude réalisée il y a plusieurs années suggérait qu’il est possible de faire basculer le choix des individus en changeant tout simplement sur les formulaires l’option par défaut (« Do Defaults Save Lives ? », Eric J. Johnson, Daniel Goldstein, Science, 21 novembre 2003). Les pays où les taux de consentement au don d’organes sont les plus élevés présument que chacun est donneur sauf décision contraire (« opt-out »), alors que les pays où les taux de consentement sont très faibles demandent un consentement exprès (« opt-in »).

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