Comment lépidémie de Covid-19 fait reculer les virus de lhiver – Le Parisien

Comment lépidémie de Covid-19 fait reculer les virus de lhiver – Le Parisien

Leurs symptômes ont moins de mystères que ceux du Covid-19. Les virus dits hivernaux, comme la grippe, la gastro-entérite, la bronchiolite, ou encore le rhume, biens connus des Français pourraient bien les épargner cette année grâce notamment à l’un des effets de l’épidémie de coronavirus : l’usage répété des gestes barrière. Certaines maladies ont déjà reculé selon plusieurs médecins.

Entamée au moment de l’arrivée du Covid-19 en France, la surveillance de la première saison grippale a naturellement été affectée note Santé Publique France. L’agence a dû arrêter prématurément son étude de l’épidémie en mars, « soit un peu avant la fin habituelle de la période de surveillance de la grippe ». Malgré ces bouleversements, Santé Publique, qui s’appuie sur trois réseaux : Sentinelles, Oscour -l’organisation de la surveillance coordonnée des urgences-, et SOS Médecins, a pu établir son portrait-robot annuel de l’épidémie de grippe, publié fin octobre. Résultat : une épidémie de grippe parmi les plus courtes, une faible mortalité et peu de consultations.

Selon les données de Santé Publique France, cette première saison grippale 2019-2020 a en effet duré neuf semaines, « soit deux semaines de moins que la durée moyenne des épidémies de grippe depuis la saison 2010-2011 en France. Les hospitalisations et les taux de consultations pour la grippe ont également baissé lors de cette épidémie, qui a connu son pic début février.

Parmi les passages aux urgences pour syndrome grippal, 6 164 (10 %) ont donné lieu à une hospitalisation, relève toujours Santé Publique France. Cette proportion est inférieure à celle observée les années précédentes : 16 % en 2018-2019 et 13 % en 2017- 2018. Des chiffres qui pourraient s’expliquer par la « nature » des virus grippaux en circulation, qui ont particulièrement touché les jeunes, moins sujets aux hospitalisations et aux formes sévères.

L’hémisphère sud totalement épargné

Mais les épidémies de grippe sont toujours « variables » rappelle auprès du Parisien Serge Samdja, secrétaire général de SOS Médecins. « Pour cette saison, la grippe n’est pas encore là », martèle-t-il. Selon le dernier bulletin de Santé Publique France, entre début octobre et début novembre, parmi les 188 prélèvements naso-pharyngés analysés, aucun virus grippal n’a été détecté.

Comment l’épidémie de Covid-19 fait reculer les virus de l’hiver

« Les épidémies de grippe peuvent survenir dès fin décembre, le plus souvent à partir de janvier. Mais on commence généralement à capter à bras bas bruit une circulation des virus grippaux dès le mois de novembre. Cette année, les niveaux de détection de virus sont inférieurs aux années précédentes à la même période », analyse auprès du Parisien, Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste au sein de Santé Publique France.

Comment l’épidémie de Covid-19 fait reculer les virus de l’hiver

Des signes encourageants au regard également de la situation hors de nos frontières. « Ce qu’il faut comparer c’est l’ensemble de la période hivernal. On a observé que dans l’hémisphère sud la grippe a été faible cette année, on peut faire l’hypothèse que cela va suivre ici », avance prudemment le spécialiste. Comme le confirme Santé Publique France, aucune épidémie de grippe n’a été détectée durant l’hiver austral. Grâce à l’usage répété des gestes barrière, avancent de nombreux spécialistes. « Il y a un consensus pour dire que les gestes barrière, le gel hydroalcoolique, ont été utiles », selon Serge Smadja.

Une vaccination particulièrement importante

Autre explication, de probables « phénomènes d’interférence virale » qui empêcheraient ou limiteraient fortement une circulation concomitante du SARS-CoV-2 et des virus respiratoires saisonniers, comme la grippe .

Alors, connaîtra-t-on la traditionnelle grippe cet hiver ? « Nous ne sommes pas capables de dire si la grippe va circuler ou non en France et ailleurs cet hiver, mais nous suivons la situation de près. Les systèmes de surveillance de la grippe ont été maintenus voire renforcés », souligne Sibylle Bernard-Stoecklin.

Les autorités sanitaires, qui n’excluent pas des « co-infections » avec d’autres virus, sont en tout cas particulièrement vigilantes, pour éviter tout embouteillage dans le système de soin. « Il va y avoir la difficulté de la proximité des symptômes entre la grippe et le Covid », rappelle Serge Smadja, qui rappelle l’importance de la vaccination cette année particulièrement.

« La vaccination et mesures barrière vont être des remparts à l’épidémie de grippe », clame également le docteur Gérald Kierzek. « La vaccination à titre individuel est particulièrement importante mais également car elle va permettre au médecin de faire un diagnostic différentiel : si un patient est vacciné contre la grippe, et présente de symptômes du Covid, je vais plutôt aller vers cette piste », illustre le médecin.

« Covid-19 n’empêche pas tous les virus de circuler »

Ce qui est sûr, c’est que les cabinets sont d’ores et déjà sont désertés par les autres pathologies. « Au cabinet, je n’ai quasiment plus que deux types de patients : ceux qui ont des symptômes de Covid ou sont cas contact, et les dépressifs. Il y a beaucoup moins de maladies virales de saison comme la gastro-entérite ou la rhino-pharyngite », notait un médecin généraliste ce week-end dans un journal de bord hébergé sur le site du journal Le Monde. « Il n’y a pas de bronchiolite, qui devrait commencer », renchérit Serge Smadja.

À titre de comparaison, l’année dernière, à la même période 1 923 enfants de moins de deux ans avaient été vus aux urgences pour bronchiolite au cours de la semaine, contre 268 cette semaine, selon Santé Publique France.

La gastro-entérite ainsi que la rhino-pharyngite seraient aussi aux abonnés absentes, selon plusieurs médecins généralistes interrogés par le Parisien, qui louent les gestes barrière. Seuls les rhinovirus semblent résister. « La Covid-19 n’empêche pas complètement tous les virus de circuler, mais leur impact semble nettement diminué par rapport aux années précédentes, grâce aux gestes barrières en premier lieu», rappelle le Dr Sibylle Bernard-Stoecklin.

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