Coronavirus : La virologue lilloise Anne Goffard compile ce que l’on sait sur le SARS-CoV-2 – 20 Minutes

Coronavirus : La virologue lilloise Anne Goffard compile ce que l’on sait sur le SARS-CoV-2 – 20 Minutes
Champigny-sur-Marne, le 6 avril 2020. A l’entrée des urgences dédiées aux malades du coronavirus. — V. VANTIGHEM
  • Les chercheurs avancent dans la connaissance du coronavirus SARS-CoV-2.
  • La virologue lilloise Anne Goffard fait le point sur les avancées réalisées.
  • Beaucoup d’inconnues demeurent, notamment sur la question de l’immunité.

Apprenons à faire connaissance. Il y a dix mois, on ne savait rien de ce nouveau coronavirus qui, aujourd’hui, a contaminé la planète entière. Si celui qui est désormais baptisé SARS-CoV-2 n’a pas encore livré tous ses secrets, les chercheurs ont néanmoins pas mal défriché le terrain. La
virologue lilloise Anne Goffard, a compilé l’essentiel des connaissances sur l’actuel coronavirus dans un article publié
sur le site The Conversation.

Laisser les animaux sauvages en paix

L’origine du SARS-CoV-2 ne fait guère plus de doute. Comme SARS-CoV-1, son prédécesseur apparu entre 2002 et 2003, le coronavirus qui sévit actuellement dans le monde vient de la chauve-souris. La virologue explique toutefois qu’il n’existe encore aucune certitude sur la manière dont le virus est passé du petit mammifère à l’être humain. La transmission aurait pu passer par un intermédiaire, le pangolin, ou se faire de manière directe.

Ce dont on est sûr, c’est que le génome du SARS-CoV-2 « a tendance à se réarranger au fil des multiplications du virus », poursuit la scientifique. La conséquence directe, c’est le risque de « nouvelles émergences chez l’être humain. » La meilleure solution pour se prémunir d’une nouvelle épidémie d’un nouveau coronavirus est de « stopper la chasse et le commerce des animaux sauvages », assure Anne Goffard.

Un virus plus vicieux mais moins mortel que les autres

La virologue estime que l’on peut comparer l’actuel coronavirus à deux autres, le SRAS-CoV-1 et le MERS-CoV, eux aussi hautement pathogènes. En l’état des connaissances, il y a toutefois des différences notables. Le taux de létalité du SARS-CoV-2 est compris entre 0,3 et 0,6 % alors qu’il est de 10 % pour son prédécesseur et de 36 % pour le MERS-CoV.

Pour autant, il n’en est pas moins dangereux. A la différence du SARS-CoV-1, ce coronavirus peut infecter des personnes sans qu’elles ne développent de symptômes, ce qui lui permet de se propager beaucoup plus facilement. La scientifique relève aussi que le SARS-CoV-2 « est responsable de pathologies plus sévères que les deux autres coronavirus hautement pathogènes. » Pire, les chercheurs pensent que ce coronavirus peut laisser des séquelles « chez les malades qui ont été infectés et se sont rétablis, même en cas de formes bénignes. »

Des pistes pour le battre et beaucoup de questions

La virologue lilloise évoque les pistes travaillées par les chercheurs pour développer un vaccin ou des antiviraux. Les plus prometteuses concernent deux enzymes virales, l’une permettant au virus de se reproduire, l’autre lui permettant de protéger son matériel génétique. La troisième piste consiste à s’attaquer à la protéine qui permet au virus de pénétrer dans l’organisme humain.

Il reste aussi beaucoup d’inconnues. Les scientifiques, ne s’expliquent toujours pas pourquoi certains malades sont asymptomatiques ou encore pourquoi la durée de l’immunité des personnes ayant été malades est de courte durée, entre 6 mois et 1 an.



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