Coronavirus : les jeunes, victimes silencieuses de la crise sanitaire – ladepeche.fr

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l’essentiel
Enfants, collégiens, lycéens ou étudiants : pour la jeunesse française, la crise sanitaire de l’épidémie de Covid-19 est une douloureuse épreuve qui va laisser des traces.

Les jeunes seraient-ils les victimes silencieuses de l’épidémie de Covid-19 ? Victimes non pas de la maladie elle-même mais de l’impact qu’elle a eu sur leur vie et leur psychisme ? En tout cas, depuis le mois de mars et le premier confinement, les enfants ont été privés d’école, de leurs camarades, des jeux extérieurs ; les adolescents pareillement ont dû apprendre à suivre des cours à distance, essuyant bien souvent les plâtres de cette organisation inédite avec leurs professeurs ; les plus âgés, lycéens et étudiants n’ont pu bâtir les liens sociaux si importants à leur âge.

Tous se sont retrouvés avec leurs parents assignés à domicile dans des conditions inédites, souvent difficiles à vivre et parfois violentes. Entre le 18 mars et le 10 mai, le 119 (numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger) a constaté une augmentation de plus de 50 % du nombre d’appels reçus, comparé à la même période en 2019 et une hausse de 30 % d’informations préoccupantes transmises aux services départementaux de protection de l’enfance… Et beaucoup d’étudiants ont vécu ces semaines isolés et loin de leur famille.

Troubles de santé mentale

Après le 11 mai, les jeunes ont été confrontés aux règles sanitaires strictes, au port du masque et à cette distanciation sociale qui empêche d’avoir les interactions sociales auxquelles la jeunesse aspire. À l’heure où le second déconfinement se profile, parents, experts, psychologues, pédiatres et spécialistes mesurent dès lors l’impact que laissera l’épidémie au sein de cette génération Covid…

« Confinement du printemps, reprise timide de la vie d’avant avant l’été, incertitude estivale, inquiétude de la rentrée et reconfinement de l’automne sont autant de périodes d’instabilité pour les parents, les enfants ainsi que pour l’ensemble des acteurs qui interviennent dans leur vie quotidienne », assure la Haute Autorité de Santé publique (HASP) qui s’est penchée sur le sujet à plusieurs reprises ces derniers mois.

Au printemps, la HASP alertait déjà que « le confinement peut notamment entraîner des troubles de santé mentale, de la maltraitance, une recrudescence d’accidents domestiques, une sédentarité, une exposition accrue aux écrans, des troubles du sommeil, une rupture de la continuité de prise en charge de maladies chroniques et/ou handicapantes, mais aussi une rupture des interactions sociales et de la scolarité.

L’instance recommandait alors « des mesures de prévention des risques liés à cette situation, notamment sur les comportements défavorables à leur santé actuelle et future, mais aussi sur la santé psychique, le risque de maltraitance, les risques de retard dans l’accès aux soins et de relâchement du suivi préventif. »

Aggravation des inégalités

« Les enfants sont affectés de manière indirecte par l’impact financier pour les familles des conséquences économiques de la pandémie qui risque d’aggraver la pauvreté, le chômage et les conditions de vie précaires des familles et donc des enfants, et d’aggraver, à terme, les inégalités sociales de santé », expliquait la HASP. L’étude Ifop pour l’association Dons Solidaires montrant que 20 % des parents renoncent à acheter des cadeaux de Noël à leurs enfants (lire ci-dessous) atteste bien des difficultés de nombreuses familles.

La sortie du confinement le 11 mai et le retour à l’école des enfants a constitué un défi sanitaire majeur qui a permis de repérer les premiers troubles.

Second confinement moins douloureux

Le second confinement a été moins douloureux en raison du maintien des écoles ouvertes, mais il a pu également générer des angoisses chez les enfants confrontés au protocole sanitaire et notamment le port du masque et plus généralement l’installation d’une angoisse diffuse.

« Nous voulons éviter une troisième vague qui serait (celle) de la santé mentale », disait le ministre de la Santé Olivier Véran, le 18 novembre tandis que Santé publique France pointait « une augmentation significative des troubles dépressifs » chez les Français, particulièrement chez les 18-24 ans et que les infirmières scolaires constataient une dégradation de la santé mentale chez les adolescents et les étudiants, mais aussi chez les enfants. Plusieurs études aux Etats-Unis et en Europe rapportent d‘ailleurs qu’environ 40 % des parents ont observé des signes de détresse chez leurs enfants (trouble du sommeil, irritabilité, angoisses…).

Quant aux étudiants, une étude du Centre national de ressources et de résilience et du Fonds FHF a montré que 27,5 % (sur 69 000 interrogés) ont fait état d’une anxiété sévère, contre 9,8 % hors contexte de pandémie et 11,4 % ont aussi eu des idées suicidaires…

Autant dire que dans le monde d’après, une attention toute particulière devra être portée à la jeunesse.

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