Coronavirus : Non, le risque dun choc anaphylactique n’est pas propre au vaccin – 20minutes.fr

Coronavirus : Non, le risque dun choc anaphylactique n’est pas propre au vaccin – 20minutes.fr
Le vaccin Pfizer-BioNTech dans un Ehpad de Dijon, le 27 décembre 2020. (illustration) — Philippe Desmazes/AP/SIPA
  • Un message adressé par la Direction générale de la santé au personnel soignant prouve-t-il le danger du vaccin contre le Covid-19 en cours d’administration en France ?
  • C’est ce qu’affirment plusieurs internautes en s’appuyant sur un document enjoignant les Ehpad et établissements hospitaliers à s’équiper en doses d’adrénaline en cas de réaction allergique grave au vaccin.
  • Mais cet effet secondaire ne concerne qu’environ un cas sur 100.000, et a trait à tous les vaccins. Celui contre le Covid n’est pas particulièrement concerné.

Alors que la campagne de vaccination contre le
Covid-19 vient de débuter en France, les inquiétudes de certains internautes autour de ses potentiels effets secondaires restent vives. Et ils ne manquent pas de l’exprimer en relayant, sur les réseaux sociaux, un document signé de Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

Ce « message d’alerte rapide sanitaire » (MARS) relatif à « l’approvisionnement d’adrénaline en prévision de la campagne de vaccination [du] Covid-19 » est en effet interprété comme une preuve des dangers du vaccin seulement administré, à ce jour, dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

« Dans cette note estampillée « diffusion restreinte », le directeur général de la Santé appelle ces établissements à s’approvisionner en adrénaline pour prévenir d’éventuels chocs anaphylactiques [une réaction allergique grave] dans le cadre de la vaccination Covid-19. Vers de graves effets secondaires immédiats ? », alerte notamment l’un de ces posts. Quitte à occulter les précisions importantes contenues dans le fameux message de la Direction générale de la santé (DGS).

FAKE OFF

Contactée par 20 Minutes, la DGS n’avait pas donné suite à nos sollicitations avant la parution de l’article. On retrouve toutefois la version intégrale de ce document sur
le site de l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, avec trois pages supplémentaires détaillant « le protocole de prise en charge de l’anaphylaxie dans le cadre d’une vaccination ».

Ce message d’alerte rapide sanitaire n’a rien d’exceptionnel, contrairement à ce que son appellation peut laisser penser, comme l’explique à 20 Minutes Jean-François Cibien, président de l’union syndicale Action Praticiens Hôpital (APH) : « Ces messages sont courants, on en reçoit régulièrement et ils peuvent porter sur tout, comme l’arrivée de masques et de surblouses dans les établissements médicaux après une période de pénurie. Ils permettent aux professionnels de santé d’avoir le même niveau d’information et de s’organiser. »

Un MARS en date du 9 novembre 2020, et adressé aux établissements hospitaliers, préconisait par exemple de favoriser certains dosages de médicaments afin d’« anticiper les tensions à venir » sur les stocks utilisés pour les patients Covid en réanimation.

Une complication exceptionnelle, valable pour tous les vaccins

Sur le fond, le message d’alerte sanitaire du 23 décembre 2020 rappelle simplement aux directeurs d’Ehpad et aux professionnels de santé concernés par la campagne de vaccination de disposer d’ampoules d’adrénaline en cas de réaction allergique grave, ou anaphylaxie. Si celle-ci peut entraîner la mort, elle reste cependant très rare, et n’est pas spécifique au vaccin anti-Covid, comme le rappelle le document : « Il s’agit d’une complication exceptionnelle de la vaccination, estimée à moins de 1 cas/100.000 doses. Elle peut concerner tous les patients et tous les vaccins. »

Dès 2018, le site « Vaccination Info service » indiquait que « tous les vaccins injectables sont susceptibles d’entraîner une éventuelle anaphylaxie » et que ce risque implique de « surveiller les patients dans les quinze minutes suivant la vaccination » comme « de disposer du traitement médical et d’un protocole approprié à la prise en charge immédiate de l’anaphylaxie » – dont les ampoules d’adrénaline. Tout en précisant que, dans les rares cas observés d’anaphylaxie, « les additifs sont plus souvent en cause que l’antigène vaccinal lui-même ».

« On ne vaccine pas les yeux fermés »

« S’il y avait eu des incidents de vaccination contre le Covid-19, nous aurions reçu des messages d’alertes de risque sanitaire. Or, ce n’est pas le cas à ce jour », souligne Jean-François Cibien. Tout en nuançant : « Le vaccin est un médicament, et tout médicament peut avoir des effets secondaires. Le risque zéro n’existe pas, c’est ce qu’on explique à tout patient qui se fait vacciner. Tout médicament peut potentiellement provoquer une anaphylaxie. »

« Mais on ne vaccine pas les yeux fermés. On cherche toujours, en médecine, à évaluer la balance bénéfices/risques. On manque encore de recul sur ces vaccins anti-Covid, mais une batterie de tests a été réalisée in vivo avec des volontaires sains, et si ces vaccins sont sur le marché, il faut qu’on se montre raisonnables, en faisant preuve de confiance. Et de prudence, puisqu’on analysera les résultats des vaccinations, pour jauger de leur efficacité et des risques : il y aura forcément des incidents, comme avec tout médicament », poursuit le président de l’APH.

Et de conclure : « Si on se rend compte, par exemple, que sur 100 personnes vaccinées contre le Covid-19, on a 30 cas d’anaphylaxie, je n’aurai évidemment pas le même discours, mais aucun signe ne va en ce sens aujourd’hui. »

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