Coronavirus : prix, disponibilité, homologation… toutes les questions sur les vaccins à venir – Midi Libre

Coronavirus : prix, disponibilité, homologation… toutes les questions sur les vaccins à venir – Midi Libre

À peu près tout a été dit sur les vaccins Covid. Alors que le laboratoire américain Pfizer parle d’une efficacité à 90 %, et que l’Agence européenne du médicament table sur les premières distributions en janvier 2021, Midi Libre fait le point sur la course aux vaccins. 

Après les annonces tonitruantes de cette semaine concernant l’état avancement des différents projets de vaccins, de nombreuses questions persistent. Tour d’horizon. 

1 – De quel(s) vaccin(s) parle-t-on?

« Nous ne pouvons pas mettre tous nos œufs dans le même panier », a rappelé jeudi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Ghebreyesus, en évoquant la recherche d’un vaccin contre le coronavirus.

Il devrait y avoir le choix, avec dix vaccins aujourd’hui en phase 3, dernière étape avant une éventuelle homologation, et l’OMS recensait le 3 novembre 47 candidats vaccins selon plusieurs techniques. L’ARN messager pour Pfizer/BioNTech et Moderna, des virus atténués (comme pour la rougeole) ou inactivés (grippe, polio) pour la plupart des autres.

Si le vaccin Pfizer a pris un avantage, il n’est pas sûr qu’il soit le premier validé, de nombreuses inconnues demeurent. Les Anglo-Suédois Astra-Zeneca et l’Américain Johnson & Johnson ont dû suspendre un temps leurs essais en raison « d’incidents graves » et c’est encore le cas pour l’essai chinois Sinovac.

En juillet dernier, le Lancet, publication scientifique qui fait autorité, citait ses trois favoris: AtraZeneca, CanSino et Pfizer. « Les Russes et les Chinois sont en avance », estime l’infectiologue Jacques Reynes à Montpellier. « Les premiers vaccins mis sur le marché seront chinois », prédit le généticien Axel Kahn.

Les premiers vaccins mis sur le marché seront chinois

Seule certitude: le premier vaccin sur le marché ne sera pas longtemps le seul. « Ce n’est pas une course de l’un contre l’autre, c’est une course contre un virus. Une seule société ne pourrait pas répondre à la demande », expliquait il y a un mois Bruno Donini, responsable d’affaires chez Sanofi Pasteur, à Futurapolis Montpellier.

Ce n’est pas une course de l’un contre l’autre, c’est une course contre un virus. Une seule société ne pourrait pas répondre à la demande

2 – À quel prix ?

« Bien en dessous du prix du marché », promet BioNTech. Ce serait 50 à 60 dollars (environ 50 €) pour les deux doses du vaccin, 3 à 4 dollars (environ 3 €) la dose pour le vaccin AstraZeneca, 10 dollars (environ 8 €) pour le vaccin Sanofi/GSK…

Bruno Donini, de Sanofi, souligne que l’investissement est lourd : un milliard de dollars. « Le prix est fixé en fonction de l’efficacité, de la sécurité, de l’investissement. Il faut aussi qu’il soit juste et accessible pour tous, car cibler une pandémie uniquement au regard des pays riches n’a pas de sens », dit-il.

Le prix est fixé en fonction de l’efficacité, de la sécurité, de l’investissement. Il faut aussi qu’il soit juste et accessible pour tous, car cibler une pandémie uniquement au regard des pays riches n’a pas de sens 

3 – Quand seront-ils disponibles ?

Guido Rasi, directeur de l’Agence européenne des médicaments, a indiqué samedi au journal italien Il Sole 24 Ore que l’agence devrait donner un avis favorable à un vaccin « d’ici la fin de l’année », pour une distribution « à partir de janvier ». Il estime que « six ou sept vaccins différents » devraient être disponibles en 2021, et qu’il faudra « au moins un an pour vacciner tout le monde ».

4 – Qui sera vacciné en priorité ?

Les personnes à risques des formes graves, donc les plus âgés (à partir de 60 ans, 65 ans ?) et les personnes qui souffrent d’obésité ou qui ont des comorbidités seront prioritaires. Autre public cible : les soignants et les personnels d’Ehpad. Le dernier document officiel sur le sujet est une note de la Haute autorité de santé le 23juillet.

Les choix seront pourtant déterminants : « Il faudra éviter de revivre la situation de 2009, la vaccination contre le virus H1N1avait été un fiasco. On s’organise pour pouvoir dire, fin décembre, début janvier, qui vacciner avec quel vaccin », expliquait-il y a un mois déjà Élisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations (CTV) de la Haute autorité de santé, à Futurapolis, à Montpellier.

Il faudra éviter de revivre la situation de 2009, la vaccination contre le virus H1N1avait été un fiasco. On s’organise pour pouvoir dire, fin décembre, début janvier, qui vacciner avec quel vaccin

Cette semaine, les CHU devaient faire remonter des informations sur l’organisation de la filière vaccinale. « La vaccination au premier trimestre 2021, peut-être. Mais ce sera de manière très encadrée », indique Jacques Reynes, qui n’imagine pas de « vaccination élargie » dans l’immédiat.

4 – Les Français vont-ils jouer le jeu ?

Les Français se feront-ils vacciner lorsque ce sera possible ? Ils restent méfiants. Un sondage Odoxa du 11 novembre rappelle qu’un Français sur deux ne le souhaite pas. Une méfiance alimentée en partie par un courant complotiste sur les réseaux sociaux et désormais le pseudo-film documentaire, Hold-up.

« L’acceptabilité de la vaccination évolue », nuance Élisabeth Bouvet qui estime que « plus on informera sur la sécurité des vaccins, plus l’acceptabilité sera bonne. Il faut être transparent et associer les usagers ». L’engouement pour le vaccin contre la grippe, en rupture provisoire de stock à sa sortie le mois dernier, montre que les Français restent imprévisibles.

Plus on informera sur la sécurité des vaccins, plus l’acceptabilité sera bonne. Il faut être transparent et associer les usagers

5 – Le vaccin pourrait-il être obligatoire ?

Il y a débat, la décision sera politique, c’est peu probable.

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