Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara annoncé vainqueur de l’élection présidentielle

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara annoncé vainqueur de l’élection présidentielle
Alassane Ouattara s’exprime après avoir voté, le 31 octobre, à Abidjan.

« Le meilleur », comme Alassane Ouattara se proclame sur les affiches qui tapissent la Côte d’Ivoire, l’a emporté. Aucune surprise n’était attendue. La Commission électorale indépendante (CEI) a annoncé, mardi 3 novembre peu avant 5 heures du matin, la victoire du président ivoirien, à l’issue du scrutin du 31 octobre entaché de violences. Un score massif de 94,27 % et un taux de participation de 53,9 % qui interroge, aucun procès-verbal des résultats n’ayant été affiché à la sortie des bureaux.

La participation était le seul véritable enjeu après que les deux principaux opposants encore en lice, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, ont annoncé leur boycottage du vote et appelé leurs militants à empêcher son déroulement. Avant que ne soient égrainés les derniers résultats, la coalition de l’opposition, qui rejette la légalité de ce troisième mandat, avait déjà dénoncé la « parodie d’élection », déclaré la « vacance du pouvoir » et maintenu son appel à la « désobéissance civile ».

Un « conseil national de transition » a été formé, avec à sa tête l’ex-président Bédié, avant que ne soit mis en place, « dans les prochaines heures, un gouvernement de transition ». De son côté, le gouvernement a accusé l’opposition de « complot contre l’autorité de l’Etat » et a annoncé avoir saisi le procureur de la République d’Abidjan afin que soient « traduits devant les tribunaux les auteurs et les complices de ces infractions ». Deux Côte d’Ivoire se font face, au risque d’une nouvelle plongée dans l’abîme. Dans la soirée de lundi, des grenades assourdissantes ont été tirées au domicile de plusieurs opposants.

Si le président de la CEI a estimé que « globalement, le vote s’est bien passé », Indigo, une ONG locale, a effectué un constat moins positif. Selon ses observateurs, « 23 % des bureaux de vote à l’échelle nationale sont restés fermés » du fait du mot d’ordre de l’opposition, « des situations de suspicion de bourrages d’urnes dans certains bureaux » ont été notées dans douze localités, et « 391 incidents ont été enregistrés et vérifiés le jour du scrutin ».

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Image brouillée

La mission d’observation du Centre Carter conclut, elle, que « le contexte politique et sécuritaire n’a pas permis d’organiser une élection présidentielle compétitive et crédible », « le processus électoral a exclu un grand nombre de forces politiques [40 des 44 candidatures déposées ont été rejetées] », et « une part importante de la population n’a pas participé au scrutin ». L’Union africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se sont montrées plus clémentes. Toutes deux ont mis en exergue la nécessité d’un « dialogue ». Une mission ardue tant les antagonismes sont profonds.

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Clara

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