Covid-19 – Dans la Creuse, les aînés se font vacciner – La Montagne

Covid-19 – Dans la Creuse, les aînés se font vacciner – La Montagne

André a un peu hésité : « Quand on m’en a parlé, je n’ai pas dit oui tout de suite. J’ai réfléchi pendant quelques jours et puis j’ai décidé de le faire finalement. » À 83 ans, André fait partie des premiers résidents d’Ehpad à être vaccinés en Creuse. Après l’Ehpad Anna-Quinquaud de Guéret jeudi, c’était au tour de l’Ehpad du Mas Faure à Ahun de passer par la case vaccination ce samedi après-midi. Le premier à suivre le flux des pharmacies d’officine (quand d’autres, comme la résidence Anna-Quinquaud, sont livrés en vaccins par le centre hospitalier de Guéret).

La dose décongelée, il y a cinq jours pour vacciner

« On avait demandé à cet Ehpad de faire le tour de ses résidents et de son personnel concerné (*) pour lancer les consultations pré-vaccinales, explique Isabelle Dumond, directrice départementale de l’Agence régionale de santé. Une fois que les résidents ont vu leur médecin traitant et qu’ils ont donné leur accord, l’Ehpad a fait remonter et la pharmacie a pu commander les doses nécessaires. Car les pharmacies d’officine, qui ne sont pas dotées comme le centre hospitalier de Guéret d’un super-congélateur, ne peuvent pas conserver les doses très longtemps : une fois qu’elles sont livrées et donc décongelées, il y a cinq jours pour vacciner. »

La pharmacie d’Ahun a ainsi été livrée vendredi et les vaccinations se sont déroulées dès le lendemain à l’Ehpad d’Ahun.

La vaccination est lancée en Creuse : comment va-t-elle se dérouler ?

« Tous les Ehpad de la Creuse sont en ordre de marche et les vaccinations sont cadencées par Santé Publique France, poursuit Isabelle Dumond. Dès le début de la semaine prochaine, la vaccination concernera les Ehpad de Bussière-Dunoise, Sainte-Feyre et Boussac. Après, on attend les dates de livraison pour les autres établissements qui sont concernés par ce flux A (dotés de vaccins par les pharmacies d’officine, N.D.L.R.) mais pour ceux qui sont livrés par le centre hospitalier de Guéret (le flux B, N.D.L.R.), les vaccinations s’enchaînent. »

Une quarantaine de personnes vaccinées ce samedi à Ahun

En attendant, près d’une quarantaine de personnes a pu être vaccinée ce samedi à Ahun, dont une bonne trentaine de résidents sur les 56 que compte cet établissement (Unité Alzheimer et Ehpad)  jusque-là épargné par le Covid. « Je n’ai pas trop peur du Covid, souligne d’ailleurs André. Si on respecte bien les gestes barrière, il y a quand même moins de risques. C’est plus le confinement puis le fait de ne pas voir mes proches – les miens habitent loin – qui est difficile même si on se téléphone tous les jours. »

Des gestes barrière dont la préfète Virginie Darpheuille comme la directrice départementale de l’ARS, Isabelle Dumond, ont tenu à rappeler l’importance. Notamment en ces jours où le taux d’incidence (nombre de cas positifs pour 100.000 habitants, N.D.L.R.) progresse de nouveau en Creuse.

Un taux d’incidence qui remonte en Creuse

« Hier (vendredi, N.D.L.R.), il était de 100 pour les plus de 65 ans et quasiment à 100 pour la population générale, a insisté la préfète. Même si nous partons d’assez bas, il remonte. C’est pour ça qu’il faut se dépêcher de vacciner. Et qu’il faut continuer à respecter les gestes barrière. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est fromage et dessert. »

Âge, maladies associées, départements… qui sont les morts du Covid-19 en France ?

Un message déjà parfaitement entendu ici : « On n’a pas eu de cas parce que le personnel a toujours eu très peur que le Covid rentre chez nous, a rappelé le médecin coordonnateur, le docteur Jean-Paul Lamiraud. Et qu’il a mis en place de nombreuses mesures ». Un message que la directrice par intérim, Cécile Moutaud, a relayé elle aussi. D’autant que dans l’Ehpad de Felletin qu’elle dirige également, elle a dû faire face à une deuxième vague particulièrement dure. « Je peux vous dire que quand, à 18 heures, vous dites à des petits-enfants que leur grand-mère va bien et qu’à 21 heures, vous devez leur annoncer qu’elle est décédée, c’est très difficile. »
(*) Le personnel soignant âgé de 50 ans et plus et/ou présentant des facteurs de risques.

Séverine Perrier

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