Covid-19 : en pleine percée des vaccins, où en est la recherche de traitements ? – LCI

Covid-19 : en pleine percée des vaccins, où en est la recherche de traitements ? – LCI

Covid-19 : en pleine percée des vaccins, où en est la recherche de traitements ? | LCI

POINT D’ÉTAPE – Un an après le début de la pandémie, et alors que l’arrivée de vaccins se concrétise, on y voit plus clair sur les traitements contre le Covid-19. La palette reste limitée.

Entrée dans une autre dimension après l’annonce par quatre fabricants d’un taux d’efficacité probant, la course planétaire aux vaccins contre le Covid-19 focalise toute l’attention depuis le 9 novembre dernier. Au point peut-être d’en faire oublier que des scientifiques du monde entier continuent de chercher intensément des traitements contre cette nouvelle maladie apparue il y a un an. Si aucun remède miracle n’a été mis au jour pour l’heure, quelques médicaments ont néanmoins fait leurs preuves pour certaines catégories de patients ou pour échapper à certaines complications. D’autres, sur lesquels reposait pourtant beaucoup d’espoir, ont définitivement été rayés de la liste, à défaut d’avoir pu faire les preuves de leurs bénéfices, notamment pour réduire la mortalité.

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Covid-19 : vaccin, traitements… Où en est la recherche ?

Depuis fin septembre, l’Institut Pasteur de Lille entretient notamment un certain mystère autour d’une molécule « miracle » contre le Covid-19 en particulier au stade précoce de la maladie. Si son nom doit demeurer secret pour l’heure, et ce afin notamment d’en préserver les stocks, quelques précisions ont néanmoins été livrées sur ce qui se présente comme une avancée fondamentale. 

L’institut Pasteur sur la piste d’une molécule « miracle »

« Nous avons démontré in vitro (en laboratoire) qu’une molécule présente dans le principe actif d’un médicament existant est active contre le coronavirus. Nous l’avons testée sur des cellules humaines du poumon et les résultats se sont révélés très prometteurs« , détaillait ainsi le Pr Benoît Déprez, directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Lille (IPL), à La Voix du Nord. « Pris aux premiers symptômes de la maladie, ce médicament réduit la charge virale du porteur de la maladie, évite la contagion. Pris plus tard, il contrecarre ses formes graves. Son action est bien celle d’un anti-viral et non celle d’un anti-inflammatoire« , précisait-il encore à  nos confrères. Et de détailler : « Nous avons prouvé que son principe actif peut tuer le virus à une concentration trente fois inférieure à celle qui est basiquement proposée (…) Nous espérons pouvoir débuter ces essais avant la fin de l’année 2020. » Les résultats sont attendus pour la fin du printemps 2021.

Parallèlement, l’Institut Pasteur de Lille travaille à la recherche d’un traitement contre tous les coronavirus, qui permettrait  de prévenir les mutations ou des épidémies futures. « C’est un projet que l’on développe à grande vitesse, avec la découverte d’une dizaine de familles de molécules intéressantes« , indique Benoît Déprez.

La dexaméthasone efficace pour une catégorie de patients

Depuis septembre, l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence européenne du médicament recommandent l’administration de la dexaméthasone en se basant sur les conclusions de la vaste étude britannique, Recovery. À ce jour, il s’agit du seul traitement qui a permis de réduire la mortalité due au Covid-19, bien que cela ne vaut que pour une catégorie de patients, à savoir les cas sévères nécessitant l’oxygénation. En réduisant l’emballement du système immunitaire responsable de l’inflammation caractéristique des formes graves, ce corticoïde permet d’abaisser de 21 % la mortalité au bout de 28 jours. Mais du fait qu’il abaisse les défenses immunitaires, il ne doit en revanche pas être administré au début de la maladie. 

Au-delà de la seule dexaméthasone, des travaux parus le 2 septembre dans la revue médicale américaine Jama ont montré que les médicaments de la même famille, les corticoïdes, auraient les mêmes effets sur la réduction de la mortalité chez les patients souffrant d’un Covid-19 sévère. Depuis, l’OMS recommande d’ailleurs « l’usage systématique des corticoïdes chez les patients atteints d’une forme sévère ou critique« .

Comme les corticoïdes, les anticoagulants sont utilisés chez les patients les plus lourdement atteints, le but étant d’éviter la formation de caillots de sang, l’une des complications sévères du Covid-19. 

Pas de réponse catégorique concernant le Tocilizumab

Parmi les traitements testés par l’étude Recovery, figure aussi le tocilizumab, utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont annoncé le 19 novembre que le tocilizumab semblait avoir un effet bénéfique en luttant contre le phénomène inflammatoire responsable des cas les plus graves. Mais ces conclusions ne sont que préliminaires et les données n’ont pas été publiées dans une revue scientifique.

Il se trouve que trois études parues fin  octobre dans la revue américaine Jama Internal Medicine ont abouti à des résultats contrastés. L’essai Recovery, qui teste le tocilizumab à grande échelle, devait permettre d’éclaircir son efficacité dans les prochaines semaines.

Des anticorps de synthèse pour neutraliser le virus ?

En novembre, un traitement d’un nouveau genre a reçu « autorisation pour une utilisation en urgence » de la part de l’Agence américaine des médicaments (FDA). Il s’agit du traitement fabriqué par la société de biotechnologie américaine Regeneron et un autre du même type, fabriqué par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, qui reposent sur des anticorps dits « monoclonaux » fabriqués en laboratoire. Injectés en intraveineuse, ils sont censés épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus. Donald Trump a lui-même reçu ce traitement expérimental. Leur efficacité reste toutefois en cours d’évaluation, toujours dans le cadre de l’essai Recovery.

Une transfusion de plasma pour bénéficier des anticorps des patients guéris ?

Quid de la transfusion à des malades de plasma (la partie liquide du sang) prélevé sur des personnes auparavant contaminées mais désormais rétablies, afin qu’ils bénéficient de leurs anticorps ? Selon certaines études, ce traitement s’est révélé efficace pour traiter le virus Ebola ou le SRAS, qui est de la même famille que le coronavirus responsable du Covid-19. Mais tous les experts s’accordent à dire qu’il faudrait davantage d’essais cliniques pour comparer le plasma aux soins standard. Là encore, l’essai Recovery qui étudie cette comparaison, devrait permettre d’y voir plus clair.

Exit le Remdesivir et l’hydroxychloroquine

L’espoir a été de courte durée autour du remdesivir. Cet anti-viral avait été, le 3 juillet, le premier médicament à recevoir une autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Initialement prévu pour soigner la fièvre hémorragique Ebola, il ne permet pas de réduire la mortalité, a conclu le vaste essai clinique mondial Solidarity lancé par l’OMS.

Même sentence pour l’hydroxychloroquine qui a fait couler le plus d’encre depuis le début de la pandémie. Utilisé selon les pays comme traitement du paludisme ou de maladies auto-immunes et  défendu par le controversé professeur Didier Raoult et le président américain Donald Trump, il n’a pas apporté la preuve de son efficacité contre le Covid-19 selon plusieurs études, dont l’essai britannique Recovery. 

Enfin, l’association lopinavir-ritonavir, commercialisée sous le nom de Kaletra, ne permet de réduire ni la mortalité ni les risques d’être placé sous ventilation artificielle, selon les résultats de Recovery. Ce traitement ne permet pas non plus d’écourter la durée d’hospitalisation.

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