Covid-19 : faut-il sinquiéter des décès post-vaccination en France ? – Le Parisien

Covid-19 : faut-il sinquiéter des décès post-vaccination en France ? – Le Parisien

Après près de 500 000 injections de la première dose du vaccin contre le coronavirus, le ministère de la Santé a apporté ce mardi de premières informations sur les effets indésirables. Cinq personnes sont décédées après avoir été vaccinées contre le covid-19 et 139 ont fait part d’effets indésirables graves ou inattendus, selon des informations dévoilées par France Info et confirmées par la Direction générale de la Santé.

Une annonce qui fait écho aux 23 décès relevés en Norvège depuis le début de la campagne de vaccination. L’instance précise que les personnes décédées étaient âgées de plus de 75 ans et souffraient de comorbidités.

Les données liées aux effets indésirables du vaccin Pfizer/BioNTech sont recensées par les Centre régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Marseille et de Bordeaux. Ceux-ci confectionnent un rapport hebdomadaire qui sera dévoilé en fin de semaine par l’Agence nationale de santé du médicament (ANSM). Via un communiqué, l’instance a annoncé ce mardi que, au regard des éléments, « rien ne permet de conclure que les décès rapportés sont liés à la vaccination ».

« Pas d’éléments pour dire que ces décès sont liés à la vaccination »

Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux dont dépend le CRPV, sans entrer dans le détail des données statistiques en cours d’étude, ne s’alarme pas des informations dévoilées ce mardi : « Il faut distinguer les effets indésirables et les événements indésirables. Dans le second cas, il peut s’agir d’une simple concomitance. 500 000 personnes ont été vaccinées, dont de très nombreux résidents d’Ehpad et des personnes de plus de 75 ans. Le nombre de 5 morts ne semble pas inquiétant, de prime abord. La Norvège a conclu de l’étude de ses cas ( NDLR : 23 décès après des injections ) qu’il n’y avait pas d’éléments qui justifieraient une modification de la vaccination. De notre côté, on étudie chaque remontée d’information, sans avoir d’éléments pour dire que ces décès sont liés à la vaccination. »

Parmi une population de 549 000 personnes hébergées en Ehpad ou en Unité de soin longue durée, 500 décèdent quotidiennement au mois de janvier, selon la moyenne de 2018 et 2019 calculée par l’Epi-Phare, un groupement scientifique créé par l’ANSM et l’Assurance maladie. Selon les données de l’Insee, environ 18 personnes de plus de 75 ans sur 100 000 décèdent chaque jour de l’année en France, tous publics confondus.

Si mourir ne peut donc être considéré comme une anomalie totale à un âge très avancé et avec des facteurs de risque, c’est bien l’étude individuelle des cas qui devra permettre de savoir si le vaccin a été un déclencheur ou un accélérateur. « Je le répète, il n’y a pas de médicament sans risque, prévient le Pr Molimard. Mais ça vaut le coup, foncez. Il y a des morts qui sont statistiquement attendues, des personnes qui seraient décédées dans la semaine qu’elles soient vaccinées ou non. Pour d’autres personnes très fragiles, on peut se demander si la légère fièvre donnée par le vaccin peut être à l’origine du décès. Mais cela signifie que ces personnes auraient succombé au premier rhume. »

« Rien d’inattendu dans les effets observés »

Les 139 cas d’effets indésirables graves ou inattendus interpellent aussi. Là encore, le spécialiste de la pharmacovigilance se montre rassurant. L’ANSM devra consolider les chiffres, mais le médecin évoque « des retours d’un cas sur 100 000 d’anaphylaxie ( NDLR : réaction allergique ), nécessitant une injection d’adrénaline, ce qui était attendu ». Soit une poignée de personnes parmi les 500 000 ayant reçu leur première dose, dont 110000 en Ehpad.

Les autres symptômes recensés seraient beaucoup moins graves, selon le scrutateur de la campagne en cours : « La pharmacovigilance consiste à chercher une aiguille dans une botte de foin, donc il ne faut pas que les personnes déclarent des effets indésirables bénins. Il ne faut signaler que ceux qui amènent à une consultation chez un médecin ou à l’hôpital. Dans la pharmacovigilance, le terme d’effet grave ou inattendu peut correspondre à une simple intervention médicale, par exemple l’injection d’un corticoïde. Dans les effets observés, il n’y a rien d’inattendu : de la fièvre, des diarrhées, de la fatigue… des symptômes très atténués du Covid, que les patients auraient déclarés très fortement s’ils avaient été touchés par la maladie. »

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Le ministère de la Santé n’a pas indiqué dans quel délai les cinq décès évoqués étaient intervenus, précisant juste la localisation des cas reportés : trois à Nancy, un à Montpellier et un à Tours.

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