Covid-19 : il faudrait vacciner 90 000 personnes à Toulouse avant fin mars pour casser la diffusion du virus – ladepeche.fr

Covid-19 : il faudrait vacciner 90 000 personnes à Toulouse avant fin mars pour casser la diffusion du virus – ladepeche.fr

l’essentiel
Au laboratoire de virologie du CHU de Toulouse, Chloé Diméglio modélise la dynamique de diffusion du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la Covid-19. Au sein de l’aire urbaine de Toulouse, ses dernières conclusions sont claires : la circulation du virus est trop élevée et la proportion de personnes immunisées trop faible pour espérer ne plus observer de formes graves de la maladie. Pour éviter un nouveau confinement et rester sous la barre des 10 % de personnes testées positives quotidiennement au coronavirus, il faudrait vacciner 90 000 habitants de l’aire urbaine de Toulouse avant fin mars. 

Comment sortir de cette crise sanitaire du Covid-19 ? Pour répondre à cette difficile équation, Chloé Diméglio, biostatisticienne et docteur en mathématiques appliquées au service de virologie du CHU de Toulouse dirigé par le Pr Jacques Izopet, étudie des courbes. La chercheuse a mis au point un modèle de suivi de la diffusion du coronavirus SARS-CoV-2 sur l’aire urbaine de Toulouse (environ 1 million d’habitants) qui a déjà permis d’évaluer l’impact des mesures de restriction comme le port du masque, la fermeture des lieux publics, le couvre-feu, le confinement. (1) . 

Dans ses nouveaux travaux (2), elle actualise le modèle en tenant compte de la sortie du confinement le 15 décembre et du potentiel nouvel allègement des mesures au 20 janvier prochain (lieux culturels, restaurants). Ses calculs sont basés sur les souches du virus circulant  à Toulouse (la forme variante anglaise n’a pas encore été relevée). 

« Le 15 décembre, sur l’aire urbaine de Toulouse, le taux de positivité au coronavirus était de 4 %, un des plus bas de France. Même s’il est toujours relativement bas, il est remonté pour atteindre 7% cette semaine et devrait atteindre les 10 % début février si nous restons dans cette configuration, c’est-à-dire sans vaccination. Il dépasserait ensuite les 15 % début mars, soit un taux qui avait conduit au deuxième confinement (30 octobre). C’est une évolution logique car nous sommes à 7 % de séroprévalence sur l’aire urbaine de Toulouse (nombre de personnes ayant contracté le coronavirus), un taux bien trop éloigné du seuil théorique d’immunité collective établi à 50 % qui permettrait de relâcher complètement les contraintes », explique la chercheuse. 

« Éviter les formes graves et décharger les hôpitaux »

Si après deux confinements et un an de circulation du virus SARS-CoV-2 nous sommes à 7 % d’immunité collective, comment se protéger ?

« Nous nous sommes intéressés aux stratégies vaccinales pour voir comment contenir cette reprise de l’épidémie sous les 10 %. On considère que les personnes vaccinées vont quitter la population saine et enrichir la population des personnes immunisées (3) et donc qu’elles n’entreront pas dans les comptes des hospitalisations et encore moins dans ceux des réanimations. C’est un des buts de la vaccination, éviter les formes graves et décharger les hôpitaux. Nos courbes montrent que pour arriver à stabiliser la diffusion du virus sur l’aire urbaine de Toulouse à 10 %, il faut vacciner avant fin mars 9 % de la population adulte de l’aire urbaine, soit 90 000 personnes. Sinon la diffusion du virus repart à la hausse », avertit Chloé Diméglio qui, en se basant sur cette dynamique a cherché à voir quand on pourrait se passer des masques. 

« Avec un rythme de 9 % de personnes vaccinées fin mars, 18 % fin juin, on peut espérer enlever les masques fin août »

« Avec 9 % de la population vaccinée à fin mars, puis à volume égal sur les mois qui suivent (18 % fin juin, 27 % fin septembre, etc.) on peut espérer enlever les masques à la fin du mois d’août… Ces chiffres rendent compte du fait qu’à l’heure actuelle nous ne disposons que de deux moyens pour casser la diffusion du virus, le confinement ou la vaccination en complément des mesures barrières et des tests. Donc en l’absence de vaccination active et massive, le risque d’un nouveau confinement est très élevé ». 

Selon le modèle établi par le laboratoire de virologie de Toulouse, pour passer sous les 10 % de personnes infectées quotidiennement par le coronavirus il faudrait vacciner 9% de la population de l'aire urbaine de Toulouse.
Selon le modèle établi par le laboratoire de virologie de Toulouse, pour passer sous les 10 % de personnes infectées quotidiennement par le coronavirus il faudrait vacciner 9% de la population de l’aire urbaine de Toulouse.
DR Chloé Diméglio/CHU de Toulouse

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Il faudrait qu’au moins 51 % de la population prioritaire adhère à la vaccination

Sachant que l’aire urbaine de Toulouse compte un million d’adultes, que les phases 1 et 2 de priorité (EHPAD, Unités de soins longue durée, soignants de plus 50 ans ou présentant des comorbidités, personnes de plus de 75 ans puis une partie des plus de 65 ans) ciblent un peu plus de 174 000 personnes, il faudrait une adhésion à la vaccination dans cette population prioritaire de plus de 51 %. « C’est indispensable pour garder le virus sous contrôle et pour maintenir des soins pour tous sans déprogrammation dans les hôpitaux », conclut la chercheuse.

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