Covid-19 : « Il ny a eu aucune collaboration mondiale sanitaire compassionnelle, mais une compétition malsaine » – Le Monde

Covid-19 : « Il ny a eu aucune collaboration mondiale sanitaire compassionnelle, mais une compétition malsaine » – Le Monde

Tribune. Le Covid-19 a révélé l’extraordinaire potentiel de l’intelligence scientifique collective et la pauvreté de l’intelligence morale. En un an, nous avons séquencé le virus et ses différents variants. Il n’aura fallu que deux semaines aux chercheurs chinois pour préciser la séquence ADN et la structure complète de ce virus, rendant ainsi possibles la recherche de traitements et la compréhension de ses mécanismes d’action. Deux ans avaient été nécessaires pour séquencer le virus VIH.

En un an, nous avons élucidé ses modes de pénétration et de multiplication dans la cellule. Etape cruciale, l’identification des récepteurs ACE2 et neuropiline, sur lesquels le virus se fixe, sera la source de découvertes de molécules qui permettront de bloquer son entrée dans les cellules.

En un an, nous avons précisé tous ses aspects cliniques. Ce virus est responsable d’une maladie complexe qui peut toucher tous les organes avec une fréquence très inhabituelle. Par exemple, ce coronavirus est responsable de thromboses (caillots) dans le cœur, les poumons ou le cerveau, de lésions sur la peau et d’atteintes du foie ou des reins. L’idée initiale d’un « virus respiratoire » est vite devenue obsolète. Cette compréhension a permis de nettement améliorer l’approche thérapeutique et de sauver des vies.

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En un an, nous avons diminué d’un tiers sa mortalité avec les corticoïdes, les anticoagulants, l’apport massif précoce en oxygène pour retarder l’échéance de l’intubation et le mode de ventilation sur le ventre.

En un an, nous avons éliminé des traitements non efficaces – remdésivir, Kaletra, hydroxychloroquine – par des essais thérapeutiques réalisés dans des délais record, sans sacrifier à la méthodologie. L’histoire retiendra que le temps de la science n’est pas celui de l’urgence politique et sociétale, mais qu’elle sait s’adapter pour ramener à quelques mois ce qui, habituellement, demande des années.

Un immense succès médico-scientifique

En un an, nous avons ouvert des pistes thérapeutiques intéressantes pour 2021 : interféron, anticorps, ivermectine, bloqueur du récepteur ACE2 ou neuropiline… Nous pouvons espérer des traitements visant à bloquer la prolifération du virus ou ses conséquences, en particulier inflammatoires.

En un an, nous avons mis au point plusieurs vaccins efficaces et commencé un programme de vaccination qui va concerner des milliards de personnes. C’est le progrès thérapeutique majeur. Produire un vaccin efficace en un an sans sacrifier à la qualité des études, en particulier sur les effets secondaires, est une rupture scientifique et technologique rendue possible par trente ans de travaux dans ce domaine et des recherches et essais de vaccins ARN ou ADN (sans succès) sur l’homme pour la rage et Ebola.

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