Covid-19 : les difficultés pour accélérer le rythme de la campagne de vaccination – Le Monde

Covid-19 : les difficultés pour accélérer le rythme de la campagne de vaccination – Le Monde
Vaccination dans un Ephad de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), le 28 décembre. Vaccination dans un Ephad de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), le 28 décembre.

La France, bonnet d’âne de l’Europe pour la vaccination ? Une semaine après le lancement en fanfare de la campagne, seules quelques centaines de personnes ont reçu une injection, quand, au Royaume-Uni, près de un million de personnes ont déjà été immunisées, plus de 200 000 en Allemagne et près de 85 000 en Italie.

La France dispose pourtant de plus de 500 000 doses du vaccin de Pfizer, le seul autorisé dans le pays à ce jour. Recadré par le président de la République lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2020 – « Je ne laisserai pas une lenteur injustifiée s’installer pour de mauvaises raisons », avait déclaré Emmanuel Macron –, le gouvernement a promis d’accélérer.

Jusque-là placés sur « liste d’attente », les soignants de plus de 50 ans ou présentant un facteur de risque ont ainsi été appelés plus vite que prévu. A l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), environ 140 d’entre eux ont pu se faire vacciner au cours du week-end, à l’Hôtel-Dieu – en majorité des médecins, hospitaliers et libéraux. « Nous pensons pouvoir réaliser 500 vaccinations par jour très rapidement », affirme Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, en précisant que l’injection peut avoir lieu dans la foulée de la consultation prévaccinale prévue par la Haute Autorité de santé. Dès lundi, une dizaine d’autres sites devaient ouvrir à l’hôpital Cochin, à l’hôpital Saint-Louis ou encore à la Pitié-Salpêtrière, qui disposent d’un centre de vaccination.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Retard dans la vaccination, climat social dégradé… Une rentrée périlleuse en vue pour l’exécutif

Selon lui, il était « difficile d’aller vite » dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et unités de soins de longue durée des hôpitaux, en raison de la contrainte liée au recueil du consentement. « S’il faudra un peu de temps pour rejoindre le niveau de l’Allemagne », le dispositif pourra « monter en puissance en fonction des objectifs fixés par le gouvernement », assure M. Hirsch. L’AP-HP dispose de 19 500 doses et devrait être réapprovisionnée « dans la semaine ». « Nous n’avons aucune inquiétude pour les premières semaines de livraison », ajoute le haut fonctionnaire.

« Faire de la pédagogie »

Parmi les « heureux élus », certains « attendaient cela depuis longtemps », d’autres sont plus réservés. « Cela paraissait lointain, personne n’en parlait vraiment, et soudain nous sommes la cible. Mais est-ce un privilège d’être vacciné ? », s’interroge Pierre-Vladimir Ennezat, cardiologue à l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP), qui aimerait davantage de transparence dans les données des essais cliniques industriels. « Le vaccin de Pfizer a été autorisé avec seulement deux mois de recul. On a quand même un peu l’impression d’être des cobayes lorsqu’on se remémore les doutes d’Alain Fischer, M. Vaccin… », estime-t-il.

Il vous reste 59.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.