Covid-19 : les généralistes confrontés aux interrogations des patients sur les vaccins – Le Monde

Covid-19 : les généralistes confrontés aux interrogations des patients sur les vaccins – Le Monde
Un médecin généraliste lors d’une consultation à domicile à Linsdorf (Haut-Rhin), le 21 avril 2020. Un médecin généraliste lors d’une consultation à domicile à Linsdorf (Haut-Rhin), le 21 avril 2020.

Il y a ceux qui demandent quand le vaccin va arriver. Ceux qui s’inquiètent déjà de sa fiabilité et des éventuels effets secondaires. D’autres encore qui s’y opposent frontalement. Avant même que les premiers vaccins contre le Covid-19 soient disponibles sur le territoire français, le sujet a envahi les consultations des généralistes ces dernières semaines. Dans cette intimité du rendez-vous avec le médecin traitant, se raconte, en creux, le rapport complexe des habitants du « pays de Pasteur » avec la vaccination.

« Ils nous posent tous la question », rapporte Jacques Battistoni, président de MG France, premier syndicat des médecins généralistes. Le médecin, qui officie à Ifs (Calvados), est souvent confronté au même déluge d’interrogations : que pensez-vous des vaccins ? Etes-vous certain que ce n’est pas dangereux ? N’arrivent-ils pas trop rapidement ?

Lire aussi : Nos réponses à vos questions sur les vaccins Covid-19

A la sortie, ce sont des patients encore hésitants qu’il voit quitter son cabinet : « Ils trouvent tous que c’est une bonne chose, ils veulent bien se faire vacciner… mais plutôt après les autres, résume le généraliste, avec une pointe de malice dans la voix. Ce n’est pas très courageux, mais certains médecins ne sont pas loin parfois de penser la même chose. »

Il faut dire que la situation est inédite, reconnaît-on dans les rangs des généralistes. Habitués à accompagner leurs patients à se faire vacciner, à leur expliquer le rapport « bénéfice-risque », ou à répondre aux arguments des antivaccins, ils sont cette fois-ci en première ligne sur de nouveaux vaccins élaborés en un temps record, et qui utilisent, pour ceux attendus d’ici quelques semaines, une technologie relativement nouvelle – l’ARN messager.

Suspicion

Le gouvernement a insisté sur le rôle des médecins généralistes pour déployer sa campagne de vaccination, dont les grandes lignes ont été dévoilées jeudi 3 décembre. Pas question de repasser par des « vaccinodromes », ces grands centres réservés à la vaccination, comme lors de la grippe H1N1. « La confiance passe d’abord par la place que nos professionnels de santé tiendront dans notre stratégie vaccinale, a insisté le premier ministre, Jean Castex. Il est souhaitable que le médecin généraliste soit au cœur du dispositif, et en particulier le médecin traitant. »

Lire aussi Vaccin contre le Covid-19 : un accès gratuit pour tout le monde, un million de personnes prioritaires traitées dès janvier

« Si on a des arguments scientifiques et qu’on donne des conseils personnalisés au patient, ça passera mieux, plutôt qu’une campagne de publicité leur disant d’aller se faire vacciner », soutient Xavier Marc-Tudor. Ces jours-ci, le généraliste nantais voit une consultation sur deux se clore sur ce sujet. Lui, constate que la quasi-totalité de ses patients nourrit de la suspicion : « Ils disent que ça a été développé trop vite, qu’on n’a pas de recul sur les effets secondaires », résume-t-il.

Il vous reste 69.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.