Covid-19 : les soignants ne veulent pas revivre le premier déconfinement – Le Parisien

Covid-19 : les soignants ne veulent pas revivre le premier déconfinement – Le Parisien

Comment être clair avec ses patients, quand on se perd soi-même dans les consignes ? « Les tests, l’isolement, tout était flou à la sortie du premier confinement. Nous voulons tout, sauf revivre cela », souffle de sa voix calme la docteur Mady Denantes, généraliste dans le XXe arrondissement de Paris.

De la cohérence, du concret et des moyens. C’est le vœu de France Assos Santé, regroupement de 85 associations d’usagers de la santé, et de plusieurs médecins qui en appellent au Conseil de Défense, réuni ce matin par Emmanuel Macron avant son intervention télévisée de 20 heures. Le président doit énoncer un plan progressif d’allègement des restrictions.

Certes, les nouvelles sont moins mauvaises : le nombre des contaminations est à la baisse, les tests antigéniques rapides se déploient et la perspective d’un vaccin se rapproche, comme le prouve la percée ce lundi d’un troisième candidat à l’injection (AstraZeneca, après Pfizer et Moderna). « Mais il faut réussir le déconfinement, sinon, ce sera une troisième puis une quatrième flambée épidémique aux conséquences désastreuses », craint déjà Claude Rambaud, la vice-présidente de France Assos Santé.

Plutôt qu’un reconfinement général…

Alors, quoi de mieux que d’impliquer les citoyens dans la réflexion? Ce qu’il ressort de leur appel, c’est notamment une volonté de renforcer l’isolement des personnes malades et de leurs cas contacts, avec « la mise en place d’une restriction complète de déplacement et de visite, sous contrôle et réduite au temps de la contagiosité ».

La proposition est forte, Claude Rambaud en a conscience : « Plutôt qu’un nouveau confinement généralisé de toute une population, mieux vaut une restriction stricte au cas par cas de quelques jours, dans un cadre sécurisé et adapté. Le maître mot, c’est : accompagnement. » Car, pour la puissante fédération, l’un ne va pas sans l’autre : aux autorités de créer les conditions « matérielles et humaines » de l’isolement.Parmi elles, la garantie pour la personne positive au coronavirus de n’avoir aucune perte de salaire. « Sinon pour certains, ne pas aller bosser n’est pas une option, malade ou pas. Prenez une auxiliaire de vie, payée à la journée. Sans compensation, elle ira. C’est le principe même de réalité. Aujourd’hui, s’isoler est un luxe que tout le monde ne peut pas se payer », pointe Claude Rambaud.

« La protection implique aussi l’aide apportée aux personnes contaminées, ça peut aller jusqu’à faire ses courses. Il faut agir au cas par cas, voir ce qui est négociable avec chacun », renchérit Mady Denantes, qui prône le déploiement et l’élargissement du dispositif Covisan, un réseau de volontaires mis en place par les Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour faire du contact-tracing et de l’accompagnement personnalisé.

« Cela passe par une augmentation massive du nombre de personnes affectées à la recherche des cas contacts, trop peu nombreuses aujourd’hui, soulève Jean-Pierre Thierry, médecin de santé publique et conseiller médical de France Assos Santé. En Corée du Sud, pour gérer le seul cluster géant de Daegu, formé après un rassemblement religieux, le gouvernement a recruté 2 400 personnes supplémentaires! »

« Jusqu’à présent l’isolement a été le parent pauvre du triptyque tester – tracer – isoler. Il faut désormais en faire le grand succès. Plus on l’accompagnera, plus il marchera. A la clé, la fin des parties de yoyo avec le virus », pointe le généticien Axel Kahn.

Associer les citoyens

« Il faut associer le citoyen à cette démarche, assure à son tour le professeur de virologie à la Sorbonne Université Vincent Maréchal. Plus qu’en la coercition, je crois en l’explication. Déjà redire où nous en sommes. Quand m’isoler? Dès l’apparition des premiers symptômes, même si je n’ai pas encore fait le test. Pendant combien de temps? Sept jours. Un peu plus si je suis cas contact. » Et au spécialiste des virus de faire une piqûre de rappel bienvenue : « Dans tout cela, il y a une chose à ne pas oublier : les gestes barrière, la distanciation, l’hygiène des mains, le port du masque. Sans eux, on ne brise pas les chaînes de contamination. »

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