Covid-19 : limmunité pourrait durer au moins 8 mois, voici ce que cela signifie – Le Journal du dimanche

Covid-19 : limmunité pourrait durer au moins 8 mois, voici ce que cela signifie – Le Journal du dimanche


19h42
, le 7 janvier 2021, modifié à
12h27
, le 8 janvier 2021

L’étude est parue mercredi dans la revue Science et a été relue par des pairs. Elle permet d’en savoir plus sur la durée de l’immunité des personnes ayant contracté le Covid-19. Selon les auteurs, la plupart des personnes montrent une immunité durable et robuste pendant au moins 8 mois, soit le temps de l’étude. Mais cette immunité pourrait être potentiellement plus longue. Une bonne nouvelle qui ouvre la perspective d’arriver plus rapidement à l’immunité collective et qui pourrait également donner des perspectives sur la durée d’immunité du vaccin. Voici ce qu’il faut savoir.

Ce qui dit l’étude publiée dans Science. Les auteurs de l’étude ont recruté 188 personnes âgées de 19 à 81 ans ayant eu le Covid-19. La plupart avait eu des symptômes bénins (2% étaient asymptomatiques, 90% ont eu des symptômes peu graves) tandis que 7% des personnes ont dû être hospitalisées. Parmi ces personnes, les scientifiques ont cherché à savoir leur niveau d’anticorps, de lymphocytes B, de lymphocytes T CD8 et de lymphocyte T CD4 au cours des mois suivant leur infection.

Mais que signifie ces termes? « Quand on est infecté, la première ligne de défense de notre organisme est constituée par la réponse immunitaire innée, immédiate. (…) Cette première réponse laisse le temps à notre corps de mettre en place une seconde ligne de défense, qui va reconnaître spécifiquement l’envahisseur : la réponse immunitaire adaptative. En gros, celle-ci repose sur d’autres cellules immunitaires, les lymphocytes, qui sont globalement de trois types : les lymphocytes T CD8, qui détruisent directement les cellules infectées (on parle de réponse cellulaire), les lymphocytes B, qui produisent des anticorps (on parle de réponse humorale) et les lymphocyte T CD4, qui vont aider les autres lymphocytes à réagir », explicite Samira Fafi-Kremer, cheffe de service du laboratoire de virologie des hôpitaux universitaires de Strasbourg dans The Conversation.

Comme le résume sur Twitter le professeur Shane Crotty, l’un des auteurs de l’étude, le « système immunitaire peut se souvenir du virus et le combattre de différentes manières. » Or, les données collectées par les chercheurs montrent que le « système immunitaire du corps se souvient du nouveau coronavirus pendant au moins 8 mois après l’infection, et c’est également le cas de multiples branches du système immunitaire (lymphocytes B, lymphocytes T CD8, de lymphocyte T CD4 notamment) ».

Pourquoi cette étude est importante. Ce travail de recherche est l’un des plus complets sur le sujet. Il est dans la ligne de deux autres études sur des patients de Corée du Sud et d’Australie, qui évoquent aussi une réponse immunitaire d’au moins 8 mois. Quelques mois plus tôt, une étude de l’Imperial Collège de Londres avait pourtant inquiété car elle montrait que les anticorps diminuaient « assez rapidement », notamment chez les malades asymptomatiques. La baisse du nombre d’anticorps ne peut toutefois, à lui seul, déterminer si une personne garde une immunité (ou non) contre le Covid-19. 

Plus récemment, une étude britanniques (non relue par des pairs) sur plus de 12.000 soignants a montré que les personnes atteintes par le Covid-19 sont très peu susceptibles de contracter de nouveau la maladie pendant au moins 6 mois. Au total, 1.246 soignants étaient positifs aux anticorps mais aucun n’a développé de nouvelle infection au Covid-19 accompagnée de symptômes. Parmi les personnes ayant été testées négativement aux anticorps, 89 ont eu des symptômes.

Trois soignants avec des anticorps ont toutefois été testés positifs au Covid-19 mais il étaient tous asymptomatiques. A titre de comparaison, 76 employés sans anticorps ont été testés positifs avec un test PCR tout en étant asymptomatiques.

Très peu de cas de réinfection ont pour l’instant été documentés dans les études. Le site BNO News qui tente de tenir un décompte exhaustif en recense 31. Plus de 2.000 cas sont également suspectés.

Ce que cela change pour le vaccin. Selon Shane Crotty, les résultats de l’étude semblent suggérer que le système immunitaire peut se rappeler du Covid-19 pendant des années permettant ainsi aux individus d’être protégé d’une infection sévère. Ces données laissent aussi entendre que le vaccin pourrait garantir une efficacité durable et qu’il ne sera pas forcément utile de se faire vacciner tous les ans pour garder l’épidémie sous contrôle. Il faudra toutefois encore plusieurs mois de recul et d’autres études pour en être sûr.

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