Covid-19 : « Nous avons enfin la possibilité de traiter les patients âgés et les plus fragiles » – Le Monde

Covid-19 : « Nous avons enfin la possibilité de traiter les patients âgés et les plus fragiles » – Le Monde
Une résidente dans sa chambre de l’Ehpad Vilanova Care Home à Corbas, dans la métropole de Lyon (Rhône-Alpes), le 1er octobre.

Tribune. Les patients âgés et/ou fragiles (obésité, diabète, insuffisance rénale chronique, pathologies cardio-pulmonaires chroniques, cancers, maladies auto-immunes, déficits immunitaires) sont à risque de développer des formes sévères de Covid-19. Leur risque d’hospitalisation dans un service de médecine ou de réanimation est de 15 à 20 %.

Actuellement, ces patients n’ont accès à aucun traitement spécifique et sont suivis à domicile par leur médecin, puis hospitalisés en cas d’aggravation. De nouveaux traitements bloquant l’entrée du virus dans les cellules viennent de montrer leur capacité à diviser par trois le risque d’hospitalisation dans deux études randomisées en double aveugle contre placebo qui ont inclus plus de 1 000 patients.

Logistique complexe

Le principe de ces traitements repose sur l’immunothérapie passive. Comme pour d’autres infections, telles que le tétanos ou la rage, elle consiste à apporter rapidement au patient infecté des anticorps qui persistent quelques semaines environ, afin de guérir l’infection. La perfusion de plasma de patients convalescents et hyperimmunisés contre le virus SARS-CoV-2 est un exemple d’immunothérapie passive.

Faisant l’objet en France d’une autorisation temporaire d’utilisation, elle montre son intérêt chez certains patients très fragiles. Cependant, ce traitement nécessite une logistique complexe, n’est pas exempt de risque infectieux, varie d’un plasma à l’autre en efficacité, et n’est pas adapté à un traitement à grande échelle en pleine pandémie.

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De manière très intéressante, on a pu isoler, à partir du sang de patients guéris, la séquence génétique spécifique aux lymphocytes qui sécrètent les anticorps protecteurs, et synthétiser ces derniers à grande échelle. Ce processus de synthèse est déjà utilisé pour de nombreux biomédicaments prescrits dans le traitement de diverses maladies inflammatoires et auto-immunes.

Diminution du risque d’hospitalisation

Plusieurs entreprises pharmaceutiques sont engagées dans cette course, comme c’est le cas pour les vaccins. La capacité de ces anticorps à bloquer l’entrée du virus dans les cellules a été démontrée en laboratoire, puis testée chez des patients récemment infectés dans des essais cliniques répondant aux standards les plus exigeants de la recherche clinique (études randomisées en double aveugle contre placebo). Les résultats de ces essais commencent à être connus.

Pour le bamlanivimab, 309 patients ont reçu une administration unique de cet anticorps à différentes doses, et 143 patients le placebo. La perfusion de cet anticorps a été réalisée chez des patients présentant des symptômes de la maladie, ne nécessitant pas d’hospitalisation, au maximum trois jours après un test positif pour le SARS-CoV-2.

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