Covid-19 : peut-on enrayer la propagation des variants en France ? – Journal La Croix

Covid-19 : peut-on enrayer la propagation des variants en France ? – Journal La Croix

► Où en est-on de la propagation des variants en France ?

Santé publique France (SPF) a fait état, vendredi 8 janvier, de l’identification de 19 cas d’infection au variant anglais (VOC 202012/01) et de trois cas d’infection au variant sud-africain (501Y.V2). Pour deux cas, aucun lien direct avec le Royaume-Uni n’a été identifié, ce qui « suggère un début de transmission communautaire ». En Île-de-France, un agent scolaire n’ayant pas voyagé ou été en contact avec une personne ayant voyagé a été contaminé. Un « probable cluster familial élargi » a aussi été détecté dans les Bouches-du-Rhône, a annoncé le préfet samedi 9 janvier. Il s’agit d’une famille française de cinq personnes, résidant au Royaume-Uni et venue à Marseille pour les fêtes : 45 cas contact ont été identifiés et 23 ont été testés positifs.

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Au total, sept régions ont détecté des cas de variant britannique – Centre-Val de Loire, Île-de-France, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Corse – et deux pour le variant sud-africain – Grand Est et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Toutes ces données sont sans doute en deçà de la réalité, ont convenu les autorités, la France n’étant pas dotée des moyens techniques suffisants pour détecter rapidement les variants. Une enquête coordonnée par Bruno Lina, le responsable du centre national de référence (CNR) de Lyon, mobilise une quinzaine de structures en vue de réexaminer tous les cas suspects avec des tests Thermo Fisher (capables de détecter le variant, ils ne sont utilisés que par une minorité de laboratoires français) et de transmettre les prélèvements pour séquençage.

► Peut-on encore enrayer leur propagation ?

Outre la prolongation de la fermeture des frontières avec le Royaume-Uni, les experts rappellent l’importance de la prévention : « Les gestes barrières et la vaccination des plus fragiles restent nos meilleurs outils », a plaidé Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l’unité infections respiratoires et vaccination de Santé publique France. Après contamination, la même méthode que pour le Covid « classique » prévaut : « L’isolement, le test et l’identification des cas contacts doivent permettre d’agir sur les chaînes de transmission. »

Dans huit nouveaux départements, le couvre-feu est par ailleurs avancé à 18 heures. Une mesure que le préfet des Bouches-du-Rhône a justifiée notamment par la découverte du cluster familial. Enfin, des « mesures nationales supplémentaires » ne sont pas exclues, a admis Jean Castex le 7 janvier, qui pourraient aller jusqu’à un reconfinement, demandent certains médecins. Il s’agit de « la seule méthode envisageable », estime Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, pour qui la France « se retrouve exactement dans la même situation qu’en février 2020 ».

► Pourquoi les variants britannique et sud-africain sont-ils plus inquiétants ?

Ce professeur rappelle que « le variant britannique ne cause pas plus de dommages, mais est plus contagieux et affecte plus de personnes. Numériquement, il y a donc un plus grand risque de développer des formes graves. » Sur le variant sud-africain, les données scientifiques manquent. « Il semblerait que cette variante provoque des formes graves, notamment chez les jeunes, ce qui serait encore plus inquiétant », alerte Djillali Annane.

Les vaccins resteront-ils efficaces contre ces variants ? Il n’est pas « possible d’apporter une réponse ferme dès à présent », a estimé Daniel Lévy-Bruhl, alors que les laboratoires, eux, se veulent rassurants. Dans un communiqué vendredi, BioNTech et Pfizer ont assuré que leur vaccin était efficace contre la mutation commune aux variants britannique et sud-africain.

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La Haute Autorité de santé s’est aussi montrée rassurante, ajoutant que les vaccins à ARN présentent l’avantage, si nécessaire, de pouvoir être rapidement adaptés.

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