Covid-19 : pourquoi le nombre de lits occupés à lhôpital ne baisse pas encore chez les ados – Le Parisien

Covid-19 : pourquoi le nombre de lits occupés à lhôpital ne baisse pas encore chez les ados – Le Parisien

Une tranche d’âge « résiste » encore à l’amélioration de la situation sanitaire liée au Covid-19 à l’hôpital : les 10-19 ans. 92 d’entre eux sont hospitalisés ce mercredi, soit autant que la veille mais douze de plus que vendredi dernier. La baisse continue constatée depuis une quinzaine de jours sur toutes les autres catégories est donc encore loin d’être enclenchée chez les adolescents. 17 de ces 92 malades d’entre eux sont en réanimation. Là aussi, ce nombre ne diminue pas encore et il s’agit d’une exception.

Ces chiffres sont bien sûr très bas lorsqu’on les rapporte aux près de 27 000 patients hospitalisés au total (6 500 de moins que le pic atteint le 16 novembre), dont un peu moins de 3 500 en réanimation. C’est aussi peu étant donné qu’il y a 300 services de pédiatrie en France. Mais on peut tout de même s’interroger sur les raisons pour lesquelles cela ne diminue pas encore (sans exclure la possibilité d’un simple bug statistique).

Un délai plus long avant l’hospitalisation

Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil, y voit trois raisons possibles. Tout d’abord, les enfants et les adolescents sont susceptibles de générer une maladie inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) en cas de contamination par le coronavirus SARS-CoV-2. Si cette situation est rare – « 13,5 cas par million d’habitants dans la population des moins de 18 ans », indique Santé publique France -, il est établi que les symptômes qui peuvent alors nécessiter une hospitalisation surviennent tardivement.

Covid-19 : pourquoi le nombre de lits occupés à l’hôpital ne baisse pas encore chez les ados

« Lors de la première vague de l’épidémie, il avait été estimé que les PIMS survenaient avec un délai moyen de 4 à 5 semaines après l’infection », écrit Santé publique France dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire du 26 novembre. « La majorité des symptômes en cas de contamination sont complètement bénins, mais il peut y avoir ce genre de pathologies plus lourdes avec un décalage de quelques semaines », souligne Robert Cohen, qui préside le Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique.

Comme les nouveaux cas positifs chez les 10-19 ans sont en baisse depuis début novembre, comme chez toutes les autres classes d’âges, on peut supposer que le nombre de jeunes patients hospitalisés va bien finir par diminuer ces prochains jours. Tout en soulignant que « les enfants sont très peu représentés chez les patients hospitalisés pour Covid-19 et parmi les décès », l’agence sanitaire indique qu’un « nouveau bilan des syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques sera présenté prochainement ».

Les ados peu confinés

Néanmoins, on observe que le pic des cas positifs chez les adolescents a été atteint quelques jours plus tard que pour les autres catégories. Et c’est là qu’intervient la deuxième explication possible : comme les collèges et les lycées (en partie) sont restés ouverts durant le deuxième confinement qui a débuté le 30 octobre, les adolescents ont été parmi les populations les moins concernées par ces restrictions. « Forcément, cela a généré un brassage important et les adolescents sont une classe d’âge où le virus a bien circulé », avance Robert Cohen. Par conséquent, il n’est pas forcément étonnant que les hôpitaux tardent à se « vider » de ces jeunes patients.

D’ailleurs, même si l’on ne dispose pas du nombre quotidien d’admissions à l’hôpital par classe d’âge, on peut le déduire en fonction du solde des lits occupés, des décès (seulement cinq chez les 10-19 ans depuis le début de la pandémie) et des retours quotidiens à domicile. Sur cet indicateur aussi, la courbe peine encore à descendre pour les adolescents, stagnant autour de 10 hospitalisations chaque jour.

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Le pédiatre avance enfin un dernier élément, inquantifiable à ce stade. Aujourd’hui, de nombreux jeunes viennent à l’hôpital pour d’autres soins, notamment des difficultés psychiques qui sont de plus en plus fréquentes. « Ils sont tous testés, et ceux qui ressortent positifs peuvent se retrouver catégorisés comme atteints du Covid-19 », avance-t-il. Ce qui pourrait, à la marge, faire aussi varier la courbe du nombre d’adolescents hospitalisés après une infection au coronavirus.

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