Covid-19 : que sait-on de linquiétant variant brésilien ? – Le Parisien

Covid-19 : que sait-on de linquiétant variant brésilien ? – Le Parisien

Manaus, ville du nord-est du Brésil, a fait figure de ville martyre du Covid-19 il y a neuf mois. A tel point qu’une étude récente estime que 76 % de ses habitants posséderaient désormais des anticorps. C’est aussi de cette métropole de plus de 2 millions d’habitants que serait issu le « variant brésilien », dernier d’une série d’évolutions du SARS-CoV2 qui inquiète le monde scientifique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a convoqué en urgence une réunion pour se pencher sur ces souches.

Pourquoi les virus mutent-ils ?

Les virus évoluent. Rien d’anormal. Dans le cas du Covid-19, 12 000 mutations ont à ce jour été identifiées. Plus un virus circule et plus les risques de transformation sont importants « Après un an, il s’installe une sorte de danse à trois, entre le virus, son récepteur sur la cellule humaine et les anticorps », décrit Olivier Schwartz, directeur de l’unité virus et immunité pour l’institut Pasteur.

Si certains variants attirent l’attention, c’est parce qu’ils ont acquis un « avantage sélectif » qui leur permet de gagner du terrain. La mutation anglaise se situe sur la protéine Spike, « celle qui agit comme un scratch pour le virus, lui permettant de s’attacher à nos cellules. Or, cette mutation (N501Y) agit comme le ferait un super scratch et le rend plus contagieux », explique Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille.

« Les variants sud-africains et brésiliens présentent, eux, une mutation inquiétante qui pourrait limiter nos réponses immunitaires », poursuit le scientifique. Pour l’heure, ce danger a été constaté en modélisant la mutation, pas encore sur de vrais virus : « La recherche fondamentale permet de tirer la sonnette d’alarme un peu en avance », insiste le spécialiste de l’architecture moléculaire.

Dans ce cas, les vaccins resteront-ils utiles ?

« En laboratoire beaucoup d’équipes dont la nôtre étudient le mécanisme de ces mutants, explique Olivier Schwartz. A ce stade, il semble que ces lignées de virus peuvent échapper à quelques anticorps, mais probablement pas à la panoplie déployée par un malade ou un vacciné », estime-t-il.

Pour François Balloux, directeur de l’Institut de génétique de l’University College de Londres, le mutant tropical « semble plutôt diminuer légèrement les réponses immunitaires ». Un vaccin efficace à 90-95 % resterait efficace, mais à 85-90 %. Il faudra peut-être tout de même envisager de modifier les recettes des produits immunisants. « Ce ne sera pas la fin du monde, insiste François Balloux. On pourrait imaginer une injection bisannuelle ou tous les trois ans pour les personnes les plus fragiles. »

« Les vaccins Moderna et Pfizer semblent efficaces contre le variant anglais, et assez rapidement adaptables contre les variants sud-africains et brésiliens », signale de son côté Bruno Canard. Si l’OMS se penche sur ces mutants ce vendredi, c’est aussi pour répondre à cette épineuse question : des sérums adaptés aux variants sont-ils de nouveaux vaccins ? Car, si on les considérait comme tel, il faudrait reprendre les trois longues phases de test depuis le début ?

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