Covid : lextension du couvre-feu avancé au coeur du débat – Les Échos

Covid : lextension du couvre-feu avancé au coeur du débat – Les Échos

Publié le 12 janv. 2021 à 18:57Mis à jour le 12 janv. 2021 à 19:35

C’est désormais un ballet bien rodé, où l’on rejoue chaque semaine la gestion de l’épidémie de coronavirus , face à un public captivé et terrifié. Ce mardi soir, le Premier ministre réunit ses ministres pour évoquer la pandémie de Covid ; mercredi matin, le Conseil de défense sanitaire fera le point sur la situation sanitaire et décidera d’éventuelles mesures ; jeudi soir, le gouvernement tiendra sa conférence de presse hebdomadaire sur le coronavirus et fera ses annonces. Elles seront appliquées fissa, après les incontournables concertations.

Cette semaine, aucun coup de théâtre n’est attendu. « Rien ne nous permet pour l’instant de prendre des mesures très lourdes », estime-t-on au sein de l’exécutif, en pointant des indicateurs épidémiques encore tangents . Il ne devrait donc pas y avoir de troisième confinement annoncé. Lors de la réunion de groupe LREM à l’Assemblée nationale, mardi matin, Jean Castex a expliqué que les Français avaient globalement plutôt bien respecté les consignes de prudence pendant les fêtes, si bien que le couvre-feu « suffit ».

25 départements déjà sous couvre-feu avancé

Mais davantage de départements devraient basculer en couvre-feu à 18 heures, au lieu de 20 heures. Ils sont déjà 25 dans cette situation, dans la moitié est du pays. Et vendredi dernier, 42 départements métropolitains avaient déjà franchi le seuil d’incidence pouvant déclencher un couvre-feu anticipé, soit 200 cas pour 100.000 habitants.

Si un grand nombre de départements passent à 18 heures, poursuit la source gouvernementale, la question se posera du maintien d’une mesure territorialisée ou du passage à un tel couvre-feu avancé pour la France entière, y compris chez les Bretons ou les Aquitains moins touchés. Ce point sera au coeur des débats du Conseil de défense.

Le calme du gouvernement français contraste en tout cas avec la panique anglaise ou irlandaise, et les mesures renforcées des Allemands. En Europe, la tendance est au reconfinement.

Au niveau national, l’incidence est remontée à un niveau comparable à celui de la mi-octobre, au début de la deuxième vague : 191 cas pour 100.000 habitants en semaine glissante, vendredi dernier. S’il n’y a pas eu d’explosion des contaminations due à Noël, le Nouvel An a peut-être été moins sage. Selon CovidTracker, en semaine glissante, lundi, le nombre de cas détectés chaque jour dépassait 18.000, soit une progression hebdomadaire de 39 %. Mais il y avait eu un jour férié la semaine précédente, donc moins de tests effectués, ce qui fausse un peu la comparaison.

La peur des mutations virales

« La dynamique de l’épidémie est lente, mais en cas de coup de froid, ça peut monter vite. La situation est donc fragile », résume-t-on au ministère de la Santé. D’autant plus que les hospitalisations et les réanimations demeurent sur un plateau élevé.

En réalité, le gouvernement est suspendu à la découverte des dégâts potentiels de deux variants du virus, capables de faire exploser le nombre de cas : le britannique , qui semble 50 % à 74 % plus contagieux d’après ce que l’on a observé en Grande-Bretagne, et le sud-africain .

Les deux souches circulent déjà en France. Le centre national de référence (CNR) de Lyon est en train de procéder au séquençage de tous les prélèvements PCR réalisés pendant une semaine, afin de savoir quel pourcentage des personnes infectées portent ces mutations. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé mardi devant le Sénat que le variant britannique représentait environ 1 % des tests positifs de jeudi et vendredi, sans spécificité régionale particulière.

0,21 % de la population française immunisée

Une course est engagée entre le virus et les vaccins. Lundi soir, le gouvernement a enfin publié les statistiques de vaccination : 138.000 doses injectées depuis le 27 décembre dans l’Hexagone. La France a commencé à immuniser 0,21 % de sa population, contre 0,82 % en Allemagne, 0,87 % en Espagne, 1,19 % en Italie, 2,02 % au Danemark, et 3,94 % au Royaume-Uni, selon le site Our World In Data.

Mais le pays va bientôt pouvoir mettre les bouchées doubles . Un deuxième vaccin, Moderna, doit être distribué dès ce mardi dans douze villes prioritaires, à l’Est. Le troisième vaccin, AstraZeneca, pourrait être autorisé le 29 janvier en Europe.

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