Dans les Alpes-Maritimes, « le taux d’incidence du coronavirus remonte franchement ». Une infectiologue inquiète – Nice-Matin

Dans les Alpes-Maritimes, « le taux d’incidence du coronavirus remonte franchement ». Une infectiologue inquiète – Nice-Matin

Véronique Mondain, infectiologue au CHU de Nice s’inquiète de la circulation virale dans les Alpes-Maritimes.

La situation sanitaire dans le département semble se détériorer?
À quelques jours de Noël, le suivi des indicateurs de la circulation virale fait l’objet de toutes les attentions. Parmi ceux-ci, le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de tests positifs sur 100.000 habitants, remonte franchement depuis quelques jours pour atteindre plus de 200. On ne cache pas notre inquiétude. Un autre indicateur est très intéressant, c’est celui de la quantification de la charge virale dans les eaux usées mis en place par la mairie de Nice.

Que révèle cet indicateur?
Il correspond au portage du virus dans les selles de la population et permet de savoir, avec précision, quels sont les quartiers où le virus circule davantage. Sans surprise, ce sont les quartiers où il y a le plus de précarité, où la densité de population est la plus importante. Nous avions déjà fait part, il y a plusieurs mois, de ce lien entre pauvreté et virus. Les derniers chiffres de surveillance montrent que l’on est passé de vingt-trois copies par ml d’eau à plus de cinq cent. Il y a aussi beaucoup de contaminations parmi les sujets âgés, (il y a 30% de la population des Alpes-Maritimes qui a plus de soixante ans contre 25% en France), mais aussi chez les soignants. Et certains éléments sont en faveur d’une contagiosité accrue du virus.

Les fêtes approchent avec un risque de relâchement…
Ces chiffres sont là, alors que les vacances commencent à peine et que le risque principal, on le sait, est la mise en contact de personnes venant de cellules familiales différentes. Il faut comprendre que, même si nous avons une bien meilleure connaissance de la maladie et si la prise en charge des patients est actuellement à l’origine d’une moindre mortalité, nos services sont encore occupés en majorité par des patients « Covid », ainsi que 60% des lits de réanimation.

Allez-vous pouvoir gérer une troisième vague?
Nous ne le pourrons pas dans ces conditions, nous ne saurons pas où hospitaliser les patients malgré l’important travail de collaboration qui a été fait avec l’ensemble des établissements de santé et notamment les établissements privés. Ces cliniques privées expriment une grande difficulté à poursuivre ce travail collaboratif.

Êtes-vous inquiète?
Ces chiffres nous inquiètent beaucoup car, jusqu’à présent, leur remontée a toujours anticipé un afflux de patients à l’hôpital. Les équipes soignantes sont aussi épuisées et nous ne trouvons plus de renforts. Il serait bien triste de commencer la nouvelle année avec des victimes supplémentaires alors que l’espoir est au bout du chemin avec l’arrivée de la vaccination.

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