Dépistage : les failles du premier déconfinement en France – Le Monde

Dépistage : les failles du premier déconfinement en France – Le Monde
Un centre de dépistage Covid-19 installé dans un gymnase de Charleville-Mezières, le 14 décembre. Un centre de dépistage Covid-19 installé dans un gymnase de Charleville-Mezières, le 14 décembre.

Quels enseignements tirer du premier déconfinement du printemps, alors que, depuis le 15 décembre, les règles du deuxième confinement se sont allégées pour les fêtes de fin d’année ? Dans une étude publiée par la revue Nature lundi 21 décembre, l’équipe de Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm/Sorbonne Université), a analysé les données de surveillance épidémiologique des semaines qui ont suivi le premier confinement, soulignant plusieurs failles dans le système de dépistage. Les chercheurs éclairent ainsi les points de vigilance de la stratégie à adopter dans les semaines à venir pour éviter une troisième vague à la faveur de l’hiver.

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Ce travail souligne qu’« environ 90 000 cas symptomatiques n’ont pas été détectés dans les sept premières semaines suivant le confinement, du 11 mai au 28 juin », malgré une augmentation progressive de l’effort de dépistage. De plus, selon des données de surveillance participative issues de la plate-forme Covidnet.fr, basée sur un ensemble de volontaires déclarant eux-mêmes leurs symptômes, « seulement 31 % des personnes présentant des symptômes de type Covid-19 ont consulté un médecin durant cette période », ce qui a été confirmé par des études sérologiques, basées sur la recherche d’anticorps.

Aujourd’hui, l’accès aux tests a été facilité : il n’est plus nécessaire de consulter un médecin pour en réaliser un et le déploiement des tests antigéniques a multiplié les possibilités de dépistage. Par ailleurs, les délais d’obtention des résultats continuent de se raccourcir – 80 % des résultats des tests RT-PCR sont fournis 24 heures après le prélèvement, selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Malgré tout, ces données montrent l’importance d’une stratégie de dépistage plus ciblée, efficace et accessible pour lutter contre l’épidémie. « Il faut continuer à faire de la communication autour du fait qu’à chaque symptôme il faut se faire dépister », insiste Vittoria Colizza. Une pédagogie difficile à mettre en place tant les symptômes du Covid-19 – fièvre, maux de tête, toux – ne sont pas spécifiques à cette maladie. Mais « c’est le seul moyen dont on dispose actuellement pour réduire la circulation du virus sans avoir recours à des moyens plus coercitifs, tels que le confinement, ajoute l’épidémiologiste. Il s’agit en effet d’une mesure très traditionnelle d’un point de vue épidémiologique, mais qui va chercher le virus où il est. »

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