Entre 50 et 100 décès liés à la grossesse chaque année : quelles sont les causes ? – Magic Maman

Entre 50 et 100 décès liés à la grossesse chaque année : quelles sont les causes ? – Magic Maman

« Chaque année en France, 50 à 100 femmes décèdent d’une cause liée à la grossesse, à l’accouchement ou à leurs suites, soit une tous les 4 jours en moyenne », explique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans un communiqué. Le 6 janvier 2020, il dévoile avec Santé Publique France (SPF) les résultats de la 6ème Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM), qui s’est portée sur la période 2013-2015. Le rapport indique les causes, les facteurs de risques, mais aussi le fait qu’une majorité de ces décès peuvent être évités.

Quelles sont les causes des décès liés à la grossesse ?

Entre 2013 et 2015, SPF et l’Inserm ont identifié 262 décès maternels, soit 87 par an en moyenne. « Le ratio de mortalité maternelle – RMM – 10,8 décès pour 100 000 naissances vivantes est stable par rapport aux deux périodes de surveillance précédentes (2010-2012 et 2007-2009) et se situe dans la moyenne Européenne », indique l’Institut. Cinq causes principales ont été identifiées pour ces décès, la première étant les maladies cardiovasculaires. Elles ont causé 36 morts sur la période, soit 13,7 %. La seconde est le suicide : 35 suicides ont été enregistrés, soit environ 1 par mois, ce qui représente 13,4 % des cas. La troisième cause principale est l’embolie amniotique (11 %).

La quatrième cause de décès lié à la grossesse, à l’accouchement ou à leurs suites la plus fréquente est la thrombo-embolie veineuse, avec 9 % des décès. « Pour la première fois depuis la première enquête confidentielle, les hémorragies obstétricales ne sont plus la première cause de mortalité maternelle et la fréquence de cette cause de décès a été diminuée par 2 en 15 ans », explique l’Inserm. Elles n’arrivent en effet qu’à la cinquième place, représentant 8 % des décès.

58 % des décès maternels sont évitables

L’ENCMM révèle que, dans 66 % des cas, « les soins dispensés n’ont pas été optimaux ». En outre, 58 % de ces décès maternels sont considérés comme « évitables » ou « peut-être évitables ». Pour l’Inserm et Santé Publique France, les progrès sur les hémorragies obstétricales montrent l’importance de ces travaux et, surtout, que des progrès sont possibles. « Cette amélioration majeure montre que l’alerte donnée par les premiers résultats de l’ENCMM, montrant une contribution élevée des hémorragies à la mortalité maternelle, a permis une mobilisation efficace de l’ensemble de la communauté obstétricale pour en améliorer la prise en charge », lit-on dans le communiqué.

Quels sont les facteurs de risques de mort maternelle ?

Deux facteurs liés à la santé ont été identifiés comme pouvant augmenter le risque de décès maternel. Le premier est l’âge des femmes, puisque le risque est multiplié par 1,9 pour les femmes de 30-34 ans par rapport à celles de 25-29, par 3 pour les 35-39 ans et par 4 à partir de 40 ans. Le second est l’obésité, avec 24,2 % des décès enregistrés qui sont survenus chez les femmes obèses, « soit une proportion deux fois plus grande que la population générale des parturientes. »

Ce ne sont pas les deux seuls facteurs de risque, l’Inserm expliquant que « les résultats de l’enquête montrent également qu’il existe de grandes disparités sociales et territoriales ». Le premier est le contexte social, puisque « 26,5 % des morts maternelles sont survenues chez des femmes présentant au moins un critère de vulnérabilité socio-économique ». Une proportion qui monte à 40 % pour les femmes mortes après un suicide ou un problème cardiovasculaire. Le second facteur de risque est le pays de naissance. « Être née hors de France est un facteur de risque reconnu de mortalité maternelle au cours de la période 2013-2015. La mortalité des femmes migrantes est plus élevée que celle des femmes nées en France, surmortalité particulièrement marquée pour les femmes nées en Afrique subsaharienne dont le risque est 2,5 fois celui des femmes nées en France », explique l’Inserm. Enfin, le lieu de résidence semble jouer un rôle, avec un plus fort niveau de mortalité maternelle (RMM) en Ile-de-France et dans les DOM : « Les femmes résidant dans les DOM présentent un risque de mortalité maternelle multiplié par 4,0 par rapport à celles de métropole. En France métropolitaine, l’Île-de-France se distingue avec un RMM supérieur de 55 % à celui de l’ensemble des autres régions. ».

30 propositions pour éviter les morts liées à la grossesse

A l’issue de leur enquête, Santé Publique France et l’Inserm émettent trente propositions pour réduire le nombre de décès maternel et améliorer les soins. Les deux principaux sont « l’importance de l’examen médical non strictement obstétrical de la femme enceinte et la recherche d’antécédents psychiatriques et addictologiques, et d’une vulnérabilité sociale » et « l’évaluation des risques de complications avant la conception et en début de grossesse qui doit permettre une planification de la prise en charge de la grossesse individualisée ».

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