Essoufflement, fatigue, fibrose, perte de lodorat… : « Tout le monde peut être atteint de séquelles à long terme de la Covid-19 » – Pourquoi Docteur ?

Essoufflement, fatigue, fibrose, perte de lodorat… : « Tout le monde peut être atteint de séquelles à long terme de la Covid-19 » – Pourquoi Docteur ?

Pourquoi docteur – Constatez-vous des séquelles pulmonaires à long terme de la Covid-19, et si oui lesquelles ?

Dr Didier Debieuvre – Effectivement, nous avons constaté des séquelles pulmonaires à moyen et long terme de la Covid-19, soit 3 à 6 mois après l’épisode aigu et la sortie de l’hôpital. Il y a quelques évolutions vers des fibroses pulmonaires, mais surtout des déficits ventilatoires, avec des patients qui restent essoufflés rapidement pendant l’effort.

– Quelles sont les évolutions de ces séquelles ?

Pour l’instant, nous n’avons pas analysé toutes les données. Mais quand il y a des séquelles à trois mois, elles persistent généralement à six mois. En revanche, quand les malades ont bien récupéré à trois mois, il n’y a dans la majorité des cas plus de séquelles à 6 mois. L’état des patients a tendance à s’améliorer au fil du temps.

– Y a-t-il des profils plus concernés que d’autres par les séquelles pulmonaires à long terme ?

Au cours de mes consultations, je n’ai pas noté de profil particulier de patients qui avaient plus de séquelles pulmonaires que d’autres. Il y a des personnes qui sont obèses et qui récupèrent très vite de la Covid-19, et d’autres qui n’ont pas de problème de poids mais pourtant des difficultés respiratoires persistantes à long terme.

– Découvrez-vous d’autres types de séquelles à long terme laissées par la Covid-19 ?

Tout à fait. Il y a d’abord la fatigue, qui peut persister pendant des mois alors que les explorations des fonctions respiratoires sont strictement normales, et que le test de marche ne montre pas de saturation.  

La perte et la modification du goût reviennent également très souvent chez mes patients, avec parfois des fluctuations. Certains perdent le goût, le retrouvent, puis le reperdent. La sensation de sentir des odeurs désagréables m’a aussi été rapportée.

Concernant le brouillard intellectuel persistant et les pertes de mémoire, je n’ai pas vu de patients qui m’en ont parlé, mais ces séquelles ont été notées par d’autres collègues.

Psychologiquement enfin, c’est difficile, surtout pour ceux qui sont limités dans les efforts et ne peuvent plus faire les mêmes activités qu’avant.

– Tous ceux qui ont attrapé la covid-19 peuvent-ils avoir des séquelles à long terme ?

Oui, on voit par exemple des patients qui ont été peu atteints par la Covid-19, sans séjour en réanimation ou besoin d’oxygène, et qui gardent une fatigabilité très longtemps après avoir contracté le Sras-Cov-2.

– Ces séquelles sont-elles handicapantes dans la vie de tous les jours ?

C’est handicapant au quotidien, notamment concernant la fatigue, qui empêche parfois une reprise du travail, surtout chez les professions avec des efforts physiques à réaliser.

– Qu’est-ce que vous proposez aux patients qui souffrent de séquelles à long terme de la Covid-19 ?

Les pneumologues leur proposent une réhabilitation à l’effort, avec des exercices conçus par des kinés et des éducateurs sportifs, ainsi qu’une prise en charge psychologique si nécessaire.

– Que conseillez-vous aux personnes qui souffrent de séquelles à long terme de la Covid-19 ?

Ils ne doivent pas rester avec leur mal-être et être suivis, soit par leur médecin, soit par un spécialiste. Si, au bout de huit semaines, la fatigue, la gêne respiratoire ou la perte de mémoire, du goût et de l’odorat persistent, il faut consulter.  

– Avec le recul, pensez-vous que la Covid-19 est une maladie essentiellement respiratoire ?

Le Sras-Cov-2 est un virus à tropisme respiratoire, avec une phase aiguë avant tout respiratoire, et une décompensation respiratoire. La Covid-19 est donc bien une maladie respiratoire, avec des séquelles respiratoires, mais pas que. Elles peuvent aussi être musculaires, neurologiques, cardiaques, etc…
 
– Le nouveau variant britannique du Sras-Cov-2 vous inquiète-t-il ?

C’est inquiétant, parce que les informations qui nous viennent de Grande-Bretagne disent que ce variant est beaucoup plus contagieux, et donc que la transmission se fait de manière plus importante qu’avec le virus initial. Il y a donc un risque majoré de cas graves et de saturation des hôpitaux, qu’il faut contrer avec les gestes barrières et la vaccination, à priori efficace contre le variant britannique. Personnellement, je me suis fait vacciner ce matin, même si j’ai fait la Covid-19 au mois de mars. Les soignants doivent aider à tordre le cou aux complotistes et aux anti-vaccins.

Il faut rester vigilant vis-à-vis de la Grande-Bretagne, et ne pas faire la même erreur que lors du premier pic de contamination, où l’on est resté longtemps sans rien faire en se félicitant d’être dans une situation meilleure que celle de l’Italie.


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