Évolution du covid-19 en France : comment s’y retrouver parmi les indicateurs – Sud Ouest

Évolution du covid-19 en France : comment s’y retrouver parmi les indicateurs – Sud Ouest

Comment évaluer les effets du reconfinement ? Comment juger la situation sanitaire en France ? Entre le nombre de contaminations, le taux d’incidence, le taux de positivité, les hospitalisations : nous sommes chaque jour confrontés à des chiffres pas toujours faciles à interpréter. Décryptage pour tenter d’y voir plus clair.

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1. Nombre de cas positifs par jour

« Cela ne signifie pas que ces personnes ont été prélevées dans les 24 heures »

Un embouteillage fin octobre-début novembre dans la remontée des données journalières du nombre de contaminations est venu rappeler la prudence avec laquelle il faut lire les chiffres. Un « incident » informatique identifié le 28 octobre au niveau de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) dont les serveurs centralisent les données de tous les laboratoires de France, a entraîné pendant quelques jours « une sous-estimation des indicateurs », rendant impossible ponctuellement une interprétation du nombre de cas positifs. 

Comment ça marche ? Chaque jour, l’agence Santé publique France publie un nombre de nouveaux cas confirmés de Covid-19 dans les dernières 24 heures mais « cela ne signifie pas que ces personnes ont été prélevées dans les dernières 24 heures », explique-t-elle. Les résultats peuvent être enregistrés avec quelques jours de décalage et correspondre à des tests dans les laboratoires plusieurs jours plus tôt, donc à des contaminations encore antérieures. « Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas », prévient l’agence sanitaire sur le site data.gouv.fr.

C’est pourquoi le décompte hebdomadaire des tests positifs sur les deux dernières semaines publié tous les jeudis par Santé Publique France aboutit à des résultats différents et permet d’avoir plus de recul.

À noter que pour l’heure cet indicateur ne prend pas en compte les résultats des tests rapides antigéniques, notamment autorisés pour des dépistages ciblés (Ehpad, universités, etc.) ainsi que pour le diagnostic de patients symptomatiques sans facteur de risque. Selon Santé Publique France, ils devraient être intégrés dans la base de données à partir du 15 novembre.

Dans tous les cas, ces données ne reflètent que l’état des tests positifs, un tableau forcément très incomplet des contaminations réelles, puisqu’une proportion importante de personnes touchées par le Covid-19 ne développent pas de symptômes et ne se font pas forcément tester.

2. Taux de positivité et d’incidence

Le taux de positivité mesure le pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de tests. Principal intérêt : ne pas se contenter d’un chiffre brut de nouveaux cas, qui risque de monter ou de baisser parce qu’il y a plus ou moins de tests. 

Mais là aussi, attention aux biais. Ce chiffre « ne représente pas la fréquence du portage du virus dans la population française, mais le portage dans la population testée », qui compte davantage « de personnes symptomatiques et de personnes contacts de symptomatiques », avertit l’épidémiologiste Catherine Hill.

Le taux d’incidence donne, lui, le nombre de nouveaux cas détectés sur sept jours pour 100 000 habitants. Encore une fois, on ne mesure que ce que l’on teste. 

3. Les entrées à l’hôpital et en réanimation

Pour analyser cette seconde vague, les données sur les hospitalisations et les services de réanimations permettent une comparaison fiable avec le printemps, où il n’y avait pas les tests.

Les indicateurs sur les hospitalisations et les admissions en réanimation sont « le reflet de la situation épidémique » d’il y a deux semaines, expliquait Olivier Véran, ministre de la Santé en septembre. Une à deux semaines : c’est le temps présumé entre le moment où l’on se contamine et où des symptômes s’aggravent.

« On a une semaine d’incubation, une semaine de symptômes – à ce moment on va guérir ou pas – et quand on ne guérit pas et qu’on passe en réanimation, cela prend encore une semaine », résumait en début de semaine l’infectiologue Karine Lacombe.

Selon l’ensemble des experts, une baisse des entrées à l’hôpital pendant plusieurs jours peut donc être interprétée comme une baisse de la circulation du virus une à deux semaines plus tôt.

4. Le taux de reproduction 

Le « R effectif » correspond au taux estimé de reproduction du virus, soit l’estimation du nombre moyen de personnes qu’un malade contamine. Il est calculé à partir du nombre de tests positifs, ou des passages aux urgences ou des hospitalisations pour Covid-19.

S’il est supérieur à 1, cela veut dire que la tendance est à la hausse du nombre de cas. Si le R est inférieur à 1, « l’épidémie régresse ». Mais comme le précise Santé Publique France, c’est « un indicateur de la dynamique de transmission du virus environ 1 à 2 semaines auparavant (intégrant le délai entre la contamination et le test, et le fait que le calcul est effectué sur une période de 7 jours) ».

Dans ses bulletins, l’agence appelle à ne pas interpréter cette donnée de « manière isolée », mais à la mettre en perspective « avec les autres données épidémiologiques disponibles ».

5. Le nombre de décès 

Santé publique France indique chaque jour le nombre de morts à l’hôpital de patients atteints du Covid-19, en y ajoutant, les mardi et vendredi, les décès en Ehpad.

Ces chiffres n’incluent pas les décès à domicile, estimés à près de 1 900 entre le 1er mars et le 31 mai selon des données encore provisoires de l’Inserm, fin août.

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