Ils firent de l’ethnologie une science (1983)

Ils firent de l’ethnologie une science (1983)

Ils firent de l’ethnologie une science

A paru dans L’Homme, juil.-sept. 1983, XXIII (3) : 115-122.

  • À propos de I. LANGHAM, The Building of British Social Anthropology. W. H. R. Rivers and his Cambridge Disciples in the Development of Kinship Studies, 1898-1931. Dordrecht (Holland)-Boston-London, D. Reidel Publishing Cy, 1981, XXXII + 392 p., ref., index of names, index of subjects, fig., pl. (« Studies in the History of Modern Science » 8).

À lire l’histoire des sciences, il apparait que l’on peut y distinguer deux styles : celui du praticien qui se penche sur le passé de sa discipline et, plus récemment apparu, celui de l’historien des sciences qui applique à un domaine de recherche qui n’est pas le sien les méthodes de l’histoire. On a souvent noté le caractère hagiographique – ou, à l’inverse, délibérément iconoclaste – du premier style ; il faut y voir la conséquence d’une « boucle » qui fait juger le passé et ses retombées contemporaines par les acteurs du présent. Le souci de légitimité ou de légitimation, les intérêts tant intellectuels que matériels déterminent la confection de ces produits de consommation interne, dont le caractère biaisé saute d’ailleurs aux yeux du profane.

L’historien des sciences n’est pas, bien entendu, inspiré par d’autres intérêts, mais le simple fait qu’il rende compte de ses travaux devant la communauté de ses pairs historiens élimine, en principe du moins, l’effet « boucle » et lui permet une plus grande liberté de regard. Jusqu’à une date tardive, l’histoire de l’anthropologie sociale n’a été écrite que par certains de ses représentants. De manière significative, une des tentatives les plus honorables culmine en la glorification impudique des travaux de son auteur (Harris 1968). D’autres essais se révèlent moins tendancieux (Penniman 1935 ; Voget 1975) mais alors se dispersent, faute de mettre aux poubelles de l’histoire des noms que l’histoire « hagiologique », elle, retient.

Très récemment, d’authentiques historiens se sont intéressés à l’anthropologie (Stocking 1968, 1973 ; Burrow 1966 ; Weber 1974), révélant des aspects méconnus de son histoire au XIXe siècle. La grande qualité de ces travaux a montré – à qui veut bien les lire – que le XIXe siècle est moins une préhistoire de l’anthropologie que son histoire ignorée. Cette « nouvelle histoire » toutefois a davantage contribué à remplir les blancs de la carte qu’à contester les discours établi.

La véritable surprise devait être qu’un historien des sciences examinât une période plus récente de notre discipline, pour laquelle existe une version légitime, rapportée et rédigée par des anthropologues de profession. Je veux parler du livre de Langham, The Building of British Social Anthropology, premier du genre, qui couvre la période allant de 1898 (début de la Cambridge Expedition to the Torres Straits) à 1931 (date de parution de la monographie australienne de Radcliffe-Brown). 

Il y a une dizaine d’années (1972) [écrit en 1983], dans un livre qui tranchait sur la tradition hagiographique par son caractère irrévérencieux, A. Kuper confirmait cependant la tradition orale et légitime en faisant débuter son ouvrage, Anthropologists and Anthropology. The British School 1922-1972, en 1922, année symbolique puisqu’elle voyait la parution de Argonauts of the Western Pacific, de Malinowski et de The Andaman Islanders, de Radcliffe-Brown (livre conçu cependant treize ans plus tôt).

C’est aussi, en 1922, le dimanche de la Pentecôte, que W. H. R. Rivers mourait pendant l’opération d’une hernie étranglée. Rivers est l’acteur principal du livre de Langham, comme le précise d’ailleurs le sous-titre ; des deux autres héros de l’anthropologie britannique, Malinowski et Radcliffe-Brown, seul ce dernier a droit à un chapitre entier, mais le premier, celui que l’auteur appelle le « roi de l’imparfaite reconnaissance de dette intellectuelle » – ainsi quel’avait déjà suggéré Needham (1974) – y apparaît comme allant de demi-échec en demi-échec. En lieu et place des noms attendus, on trouve les Armstrong, Barnard, Deacon, ou Brenda Seligman, personnages jusqu’alors peu connus ou même inconnus. La raison d’un tel changement d’éclairage réside dans l’accent mis par Langham sur les études de parenté dans lesquelles il voit le premier paradigme – au sens du Kuhn – de l’anthropologie sociale. Dans une telle perspective, Malinowski (1930) qui débattit de la question : « La parenté doit-elle être déshumanisée en une parodie d’algèbre ? », fait penser à Hegel raillant l’astronomie mathématique.

L’anthropologue peut-il cautionner cette représentation des études de parenté « à la Rivers » comme paradigme ou comme « noyau théorique expansible » (Stegmueller 1976 :178). La question mérite d’être analysée en détail. En 1898, Rivers, lecteur en psychologie expérimentale à l’université de Cambridge, prend part à l’expédition aux îles du détroit de Torrès. Pour situer ses informateurs dans les expériences qu’il conduit sur la perception des couleurs (voir Berlin & Kay 1969 ; Tornay, ed., 1978 : XV-XVI), il établit leur généalogie. Rentré en Angleterre, il découvre que les données généalogiques constituent un puissant révélateur de l’organisation sociale. Sa pensée trouve alors dans l’étude de ce que, depuis Lévi-Strauss, on appelle les structures élémentaires de la parenté, un espace où elle se meut avec aisance et élégance. En 1914, il récolte par interviews des informations relatives à l’organisation sociale des Nouvelles-Hébrides et des îles Banks. Le système de parenté de l’île de Pentecôte constitue un casse-tête qui tourne pour lui à l’obsession : le mariage possible avec la veuve du frère de la mère nie l’existence de groupes exogames distincts pour les générations adjacentes, présupposé de son approche analytique. Il ira jusqu’à écrire que les complexités du système de Pentecôte « atteignent les limites de ce qu’un être humain peut supporter » (1914, II : 89). Les données relatives à Ambrym lui paraissent tout aussi rétives à l’analyse. Pour tenter de résoudre ces problèmes, il met au point une théorie des « mariages anormaux » (le plus souvent gérontocratiques) que, sous l’influence de son ami l’anatomiste G. Elliot Smith, il relie à des spéculations historiques sur les contacts entre cultures. À sa mort, il laisse un petit groupe d’élèves qui poursuivent ses recherches sur les structures élémentaires. Armstrong (1928, Appendice III) développe une brillante théorie phylogénétique des systèmes de parenté, Barnard (1924) résout sur le papier le cas d’Ambrym que Deacon (1927) corrobore sur le terrain, Seligman (1927, 1928) développe d’élégantes explications de cas problématiques, Radcliffe-Brown (1930-1931) tente une vaste synthèse de l’organisation sociale des groupes australiens. Seule cette dernière – en grande partie parce qu’elle ignore ou dénigre l’œuvre de ses prédécesseurs (Elkin 1956 : 249-250) – atteint à la notoriété. Langham écrit : « Les prouesse techniques de l’école de Rivers […] impressionnaient les anthropologues besogneux de l’ancienne tendance, en même temps qu’elles les interloquaient » (p. 233). Deacon meurt sur le terrain en 1927 ; à Cambridge, les autres membres du groupe sont écartés au nom d’une politique plus réaliste de formation des cadres coloniaux (pp.179-180) ; seul Radcliffe-Brown poursuit une carrière difficile à l’étranger [Afrique du Sud, Australie, États-Unis]. La tradition sera renouée vingt ans plus tard par la publication des Structures élémentaires de la parenté de Lévi-Strauss.

Cela suffit-il à constituer un paradigme ? Un paradigme potentiel certainement, mais le mouvement s’est arrêté faute de reconnaissance extérieure, faute surtout, comme nous allons le voir, de l’outil mathématique qui lui aurait permis de se poursuivre. Langham lui-même semble hésiter, il voit « … l’apparition dans l’école de Rivers d’un lieu institutionnel unique, d’un système de valeurs partagées, d’une méthodologie empirique et technique qui reproduisait (mimicked) correctement les procédures scientifiques de résolution de problèmes » (p. XXVI). Et plus loin : « d’une certaine manière, on devrait dire que Rivers et sa petite équipe avaient mené les études de parenté dans une impasse » (p.318), « la scientisation apparente […] n’était en fait qu’une aube manquée » (p.320). Il est révélateur que ces hésitations soient absentes de la thèse * dont le livre est issu ; elles interviennent pour tenir compte des remarques formulées par les lecteurs de son manuscrit : tous lui ont dit que l’approche de Rivers et de ses élèves constituait une voie de garage. Pourtant, lui, l’observateur extérieur, croyait assister à un véritable début : il y a là, dans les années vingt, les linéaments d’un paradigme, le noyau d’une théorie expansible, mais il faut bien l’admettre : après, il n’y a plus rien. Pourtant, il ne parvint pas à se résigner, sa conviction demeure ; mes yeux, semble-t-il dire, ne peuvent me tromper à ce point. « On peut espérer », écrit-il, « que si l’approche systématique et impressionnante du point de vue technique d’auteurs tels Harrison White (1963) était développée davantage, alors la tâche d’inspiration « scientifique » que s’étaient assignée les élèves de premier Rivers (par opposition au Rivers hyperdiffusionniste) deviendrait finalement réalité » (p.323).

Les signes avant-coureurs d’un tel départ lui semblent d’ailleurs être là. Commentant la préface de Barnes au livre de Hiatt (1965), où le premier félicite le second de décrire la réalité foisonnante des stratégies matrimoniales individuelles, au lieu de se contenter d’une liste de règles abstraites, il écrit :

« … l’état présent des études de parenté est celui d’une entreprise qui eut autrefois à son actif des résultats qui semblaient « scientifiques » et fondés – ceci à une époque importante de son développement – mais qui a été obligée, du fait de la complexité de ses données, de faire machine arrière et d’abandonner son ambition d’acquérir un véritable statut scientifique. Le type de manœuvre que Barnes décèle dans le livre de Hiatt, où la description de comportements quotidiens remplace la mention d’un ensemble inerte de règles, apparaît comme le traditionnel pas en arrière qui doit être fait avant qu’un nouveau départ puisse être pris » (p.322)

Le paradigme est là, et Langham semble nous dire : Anthropologues, encore un effort si vous voulez produire un savoir cumulatif ! Il estime que son livre est engagé : « Ce livre prend parti pour le premier Rivers, Pour Deacon, et pour les qualités professionnelles de Radcliffe-Brown, il prend parti contre le second Rivers, contre Elliot Smith, Perry, et aussi contre la personnalité et la conduite « professionnelle » de Radcliffe-Brown (p. XVII). On me permettra de m’engager aussi quelque peu : l’analyse de Langham me semble exacte, le germe d’une anthropologie mathématique de la parenté est là, qui peut donner naissance à une véritable « physique sociale » au sens de Quetelet. Mais ce domaine potentiel sera-t-il développé, et si oui, c’est là la question essentielle, sera-ce par des anthropologues ?

Le titre du présent commentaire fait référence au fait qu’à un de ses jeunes disciples, J. Layard, Rivers aurait un jour déclaré qu’il aimerait que sa tombe porte l’épitaphe : « Il fit de l’Ethnologie une science » (p.92). Comment définir toutefois le « noyau théorique » de cette nouvelle science à laquelle manquait l’outil mathématique qui lui aurait permis à la fois de se structurer et de progresser systématiquement ? Une définition possible serait celle-ci : tout espace de parenté est structuré par l’existence sous-jacente d’un certain nombre de groupes exogames articulés, cette structure détermine aussi bien l’alliance et la filiation que la terminologie de parenté. Rivers et ses élèves appliquèrent systématiquement ce noyau théorique aux parentés australienne et mélanésienne, du moins autant que le permettait leur approche non mathématique. Même si leur contribution fut jugée ésotérique par la quasi-totalité de leurs collègues, on doit s’étonner qu’ils aient pu mener leur entreprise aussi loin qu’ils l’ont fait, substituant à la méthodologie qui leur manquait, un savoir-faire empirique acquis dans l’analyse inlassable de généalogies. Ils furent aidés en cela par la nature même des systèmes australiens et mélanésiens : on sait maintenant que leur noyau théorique ne s’applique pas à la parenté amérindienne qui s’apparente au système de Pentecôte, le cauchemar de Rivers (voir Jorion 1984). Il n’est dès lors pas étonnant que les premières approches formelles consacrées à ceux-ci aient choisi la voie plus aisée d’une analyse linguistique des terminologies de parenté, coupée de toute référence à la structure sociale.

Soulignons que si l’outil mathématique fut refusé à Rivers et à des élèves, ce n’est pas uniquement en raison d’une formation inadéquate ; ils n’avaient pas à leur disposition la théorie des groupes de permutation et de leurs graphes qui étaient encore en chantier et n’allait prendre toute son extension que dans l’après-guerre. Ce manque tuera littéralement Rivers ; Langham ne remarque pas que l’auteur de Instinct and the Unconscious (1920) et de Conflit and Dream (1923) meurt – se  laisse mourir, diront certains de ses proches – le dimanche de la Pentecôte 1922. Il interprète le tournant désastreux de Rivers vers l’hyperdiffusionnisme comme une réponse partielle à son désarroi. Ce dernier n’écrit-il pas dans son journal :

« Jour après jour je me réveillais l’esprit plein des complexités [de ces systèmes], et mes journées étaient consacrées à tenter de rapprocher les caractéristiques infimes du système d’une île avec celles d’une autre. Le schéma se clarifiait ; pourtant une hypothèse centrale qui les lierait toutes faisait toujours défaut. Si bien qu’à force, je dormais à peine » (p.111).

D’où cette « refente » entre deux styles dans l’œuvre de Rivers ; je cite Langham :

« … bien que Rivers eut une carrière scientifique partagée de manière exceptionnellement abrupte entre une attention méticuleuse aux détails techniques et une prédilection pour la spéculation extravagante, un tel clivage a une signification beaucoup plus vaste pour les sciences sociales dans leur ensemble. En effet, les modes dans l’analyse du comportement humain n’oscillent-elles pas entre, d’une part, l’adhésion explicite à une méthodologie empirique stricte, un souci prudent de ne traiter que les questions susceptibles d’êtres réduites à une approche scientifique et, d’autre part, une volonté de « penser grand », de refuser les contraintes d’un spécialisme étroit, d’avancer des hypothèses téméraires qui portent sur la condition humaine en général ? Autrement dit, la carrière de Rivers reproduit en microcosme un conflit qui constitue le thème récurrent de toutes les sciences de l’homme » (p. 311).

Depuis, l’outil mathématique est disponible : en 1949, Weil indiqua les possibilités nouvelles qu’ouvraient les groupes de permutation dans l’analyse des mariages australiens, White (1963) et Courrège (1965) le suivirent dans cette voie, Bush (1963) introduisit le calcul matriciel et Lorrain (1974) les morphismes, Tjon Sie Fat (1981) nous propose aujourd’hui de mobiliser toutes les ressources de l’algèbre, et Rustad (1983) suggère la voie des chaînes de Markov. Pourtant, les approches qui semblent séduire les membres de la profession restent celles de la pseudo-mathématisation, malheureusement seule à la portée de chercheurs insuffisamment formés. C’est avec raison alors que ceux qui auraient pu reprendre le flambeau laissé par Rivers, les Leach (1964), Needham (Needham & Korn 1970) ou Barnes (1980), s’exaspèrent et dénoncent l’imposture. L’algèbre décourage les membres d’une profession où l’on aboutit souvent en tant que « littéraire », c’est-à-dire pour avoir évité les mathématiques autant que faire se pouvait. Les réactions devant l’approche formelle vont alors du scepticisme, obligé, à la constatation pragmatique de son peu d’écho.

Les études mathématiques de la parenté s’instaureront-elles dès lors en sous-discipline ? Non, car cette sous-discipline existe et la majorité de ses membres sont d’ores et déjà fâchés avec l’algèbre. Les études mathématiques de la parenté se recréeront-elles ailleurs, à l’abri de ceux qui sont aujourd’hui les juges de la légitimité anthropologique ? Il y aurait là un double danger : d’une part, constituer un petit groupe isolé ayant coupé les ponts avec le reste de la profession et, cela s’est déjà vu, négligeant les données empiriques sous la fascination de l’objet mathématique ; d’autre part, maintenir le courant majoritaire s’étiolant dans des études de parenté de second ordre, réalisant le cauchemar dépressif de Deacon à Ambrym, d’une profession faite « d’historiens minables, de psychologues minables ou de romantiques minables » (p.220).

Espérons simplement que les anthropologues voudront bien se donner tous les moyens de résoudre les questions qu’ils ont eux-mêmes définies comme centrales pour leur domaine. Sinon, une nouvelle génération se découragera et, quarante ans plus tard, s’arrêtera une fois encore au bord du paradigme. Le remarquable ouvrage d’Ian Langham, en nous rappelant l’histoire, sonne l’alarme.

* Note, le 28 décembre 2020 : Sir Edmund Leach, et moi en tant que son assistant sur ces questions d’histoire de l’anthropologie, étions témoins de la levée de boucliers contre Langham ; nous l’avons aidé dans sa documentation, et nous l’avons soutenu pour qu’il obtienne une reconnaissance académique (il le mentionne dans son livre) ; il se suicidera cependant l’année qui suivra celle de la publication de mon compte-rendu de son livre qu’on peut lire ici : en 1984, à l’âge de 42 ans.

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