La comparaison approximative de Florian Philippot entre le Covid et la grippe de 2017

La comparaison approximative de Florian Philippot entre le Covid et la grippe de 2017

Au cours d’un débat confus sur le plateau de CNews, mardi 13 octobre, Florian Philippot s’est lancé dans une comparaison entre le nombre de morts de l’épidémie de grippe en 2017 et celui du Covid-19 à ce jour. L’ancien bras droit de Marine Le Pen souhaitait montrer que, un mort en valant un autre, les mesures actuelles de lutte contre l’épidémie étaient disproportionnées.

« On ne doit pas mettre par terre le pays. () Vous savez, en 2017, la grippe a tué entre 20 000 et 30 000 personnes en France. On n’est pas très loin des chiffres du Covid, qui sont de près de 32 000 aujourd’hui. (…) Or un mort de la grippe ne vaut pas moins qu’un mort du Covid. »

Le chiffre de Florian Philipot est aussitôt contesté par les intervenants présents. Dans la confusion générale, le médecin Jean-Paul Hamon parle de 5 000 morts ; avant que l’homme politique ne cite un article du Point évoquant une surmortalité de 21 000 morts en 2017. « Quand je donne un chiffre, je donne un chiffre sourcé. M. Hamon fait semblant de savoir, ce n’est pas bien », clôt M. Philippot à la fin de cette séquence.

Pourquoi ce chiffre n’est pas le bon

Qu’en est-il réellement ? Florian Philippot a raison d’affirmer que son chiffre est sourcé : le surplus de mortalité en 2017, par rapport à la moyenne des années précédentes, était bel et bien de 21 000 morts. On parle ici de décès toutes causes confondues, mais la grippe était la principale responsable de cette surmortalité, comme l’indiquait Le Point à l’époque. De ce point de vue-là, il est effectivement plus près de la bonne réponse que le médecin Jean-Paul Hamon.

Son chiffre n’est pas correct pour autant. Les 21 000 morts de plus par rapport à la moyenne n’étaient pas tous imputables à la grippe. D’autres facteurs hivernaux entraient également en jeu (risque cardo-vasculaire, autres virus), comme le rappelait Le Figaro. 

La grippe n’a été responsable que des deux tiers de cette surmortalité

Dans le détail, la grippe n’a été responsable que des deux tiers de cette surmortalité, selon les chiffres consolidés de Santé publique France parus en avril 2018 :

« Au terme de l’épidémie 2016-2017, l’excès de mortalité toutes causes et tous âges confondus avait été estimé à 21 200 décès et environ 14 400 décès étaient attribuables à la grippe. »

En outre, M. Philippot compare deux situations diamétralement opposées. En 2017, aucune précaution particulière n’avait été prise pour limiter l’impact d’une grippe responsable de 14 000 décès. A l’inverse, en 2020, le Covid-19 a causé la mort de quelque 32 000 personnes, malgré des mesures extrêmes et particulièrement destructrices économiquement et socialement. Sans le confinement, plus de 60 000 personnes seraient décédées de la maladie au printemps, selon les calculs de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Cela ne signifie pas que des épidémies de grippe d’un niveau de gravité comparable n’existent pas, mais il faut remonter bien plus loin qu’à 2017 pour en trouver trace. Lors de l’épidémie de grippe de 1968, rappelle le Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (GEIG), 1 million de personnes avaient perdu la vie dans le monde, dont 40 000 en France.

Clara

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