La crise sanitaire pèse sur la santé mentale des étudiants – Le Monde

La crise sanitaire pèse sur la santé mentale des étudiants – Le Monde
Le psychiatre Liova Yon et l’infirmière Maounia Aich au centre d’appel VigilanS, à Paris. Ils suivent des personnes ayant fait une tentative de suicide. Le psychiatre Liova Yon et l’infirmière Maounia Aich au centre d’appel VigilanS, à Paris. Ils suivent des personnes ayant fait une tentative de suicide.

10 décembre, conférence de presse de Jean Castex. Les nouvelles ne sont pas bonnes : la situation sanitaire marque le pas et les fêtes s’annoncent moins joyeuses que prévu. Pour les étudiants, privés de cours en présentiel depuis octobre, la perspective de retrouver les amphis s’éloigne : « des étudiants ciblés » pourront reprendre début janvier, mais pour les autres, l’échéance est fixée au 20 janvier, « si la ­situation épidémique le permet ». Le premier ministre déclare : « Nous sommes conscients qu’il y a des étudiants ­dans une situation psychologique très difficile. » Puis il lâche : « Il y a des suicides. »

Retrouvez la conférence de presse de Jean Castex

Cette déclaration brève qui n’a été suivie d’aucune précision, a suscité une grande émotion dans le milieu universitaire. Depuis l’annonce du reconfinement à la Toussaint, ils avaient été nombreux à alerter sur la détresse des jeunes, certains craignant même que la situation tue « plus, à terme, que le virus » (Michel Deneken, président de l’université de Strasbourg, le 26 novembre sur Franceinfo). Et voilà que le premier ministre confirmait leurs craintes ?

« Nous voulons les chiffres et toute la transparence sur ces morts, réclame Mélanie Luce, la présidente de l’UNEF. Le suicide d’un étudiant sur sa résidence universitaire, c’est rare. Là, il y en a eu plusieurs d’affilée. » Un étudiant en médecine à la faculté de Nancy a été retrouvé mort le 4 octobre. Au mois de novembre, deux étudiants se sont tués, à Nice et à Montpellier. Des drames venus rappeler ceux survenus plus tôt dans l’année à Montpellier et à La Rochelle. « Nous voulons savoir combien ils sont. »

« De façon générale, nous avons peu de chiffres sur les suicides », déplore le professeur Fabrice Jollant, spécialiste du sujet au sein du GHU-Paris-psychiatrie & neurosciences. Pour quantifier le phénomène suicidaire, les spécialistes disposent de trois types de mesure. Le nombre de suicides aboutis : « Des données toujours publiées avec retard. Celles de 2016 sont les plus récentes. » Les tentatives de suicide : « C’est encore plus compliqué ; on utilise les chiffres d’hospitalisation pour tentative de suicide, mais on estime qu’autour de 40 % des personnes qui font une TS [tentative de suicide] ne vont pas à l’hôpital. » Enfin, les sondages sur les pensées suicidaires : « Ils traduisent une souffrance mais ne mesurent pas les actes. Parce que, heureusement la majorité des gens qui ont des pensées suicidaires ne se suicident pas. »

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