Le veganisme bon pour la santé ? Pas pour les os en tous cas, une large étude révèle un risque nettement supérieur de fracture – Atlantico.fr

Le veganisme bon pour la santé ? Pas pour les os en tous cas, une large étude révèle un risque nettement supérieur de fracture – Atlantico.fr

Atlantico.fr : Selon une étude d’ampleur réalisée au Royaume Uni et parue dans BMC Medicine, les végans – végétaliens –  ont  un risque accru de se fracturer les os et notamment les hanches, un sur-risque non constaté chez les végétariens. Est-ce une découverte importante ? 

Béatrice de Reynal : Il existe peu de travaux et donc, des preuves prospectives limitées sur les différences possibles dans les risques de fracture entre les végétariens, les végétaliens et les non végétariens. Au préalable, les craintes des épidémiologistes étaient que certains régimes d’exclusion ne soient très délétères pour la santé des sujets, notamment ceux qui sont sans viande – ce qui signifie une carence en fer, zinc, vitamines B12 au moins, et ceux qui sont aussi sans lait et laitages, ce qui signifie une carence en calcium, et le plus souvent, en vitamine D au moins.

Le végétalisme – je ne mange rien issu de l’animal, pas même le miel –  implique que les sujets prêtent le flanc à des carences importantes en micronutriments essentiellement, les protéines étant, elles, aisément trouvées dans les sources végétales classiques comme céréales, légumineuses, graines et fruits secs oléagineux.

Mais il en est tout autre pour les minéraux cités. Si on peut effectivement trouver du calcium dans le chou, il en faut manger plusieurs kilos par jour pour satisfaire ses besoins quotidiens. Idem pour le fer, dont on sait depuis longtemps que le fer végétal est fort mal assimilé et même, biodisponible.

Aussi a-t-on mis historiquement les végétaliens en garde contre la carence en fer – surtout pour les femmes, d’autant plus qu’elles sont en âge de procréer ou qu’elles sont enceintes – et aux enfants. Au point que nous avons même déconseillé formellement aux parents d’imposer un régime végétalien à leurs très jeunes et moins jeunes enfants.

Tout le monde se souvient de ce couple de végétaliens qui ont perdu leur bébé de malnutrition pour avoir donné de l’eau sucrée à la place du lait, qu’ils pensaient néfaste.

Une étude réalisée récemment à chercher à observer ces différences éventuelles au sein d’EPIC OXFORD, une cohorte prospective avec une grande proportion de non-mangeurs de viande. Des informations sur l’alimentation ont été collectées au départ et durant le suivi.

Les participants ont été classés en quatre groupes de régime : 29 380 mangeurs de viande, 8037 mangeurs de poisson, 15 499 végétariens et 1982 végétaliens. Le suivi a été opéré de 1993 à 2010, et le suivi des patients s’est poursuivi jusqu’en 2016.

Les chercheurs ont mis en face le nombre de fractures totales. Les risques de fractures totales (n = 3941) et spécifiques à un membre (bras, n = 566; poignet, n = 889; hanche, n = 945; jambe, n = 366; cheville, n = 520; autres sites principaux, c’est-à-dire clavicule, côte et vertèbre, n = 467) ont été relevés par groupe de régime.

Par rapport aux mangeurs de viande et après ajustement pour tenir compte des facteurs socio-économiques, du mode de vie et de l’indice de masse corporelle (IMC), les risques de fracture de la hanche étaient plus élevés chez les mangeurs de poisson (rapport de risque 1,26), les végétariens (1,25) et surtout les végétaliens (2,31), ce qui équivaut à des différences de taux de risques, respectivement de 2,9, 2,9 et 14,9 cas supplémentaires pour 1 000 personnes sur 10 ans.

Les végétaliens présentaient également des risques plus élevés de fractures totales (1,43), de jambe (2,05) et d’autres fractures du site principal (1,59) que les mangeurs de viande.

Dans l’ensemble, les associations significatives semblaient être plus fortes sans ajustement pour l’IMC et étaient légèrement atténuées mais restaient significatives avec un ajustement supplémentaire pour le calcium alimentaire et / ou les protéines totales. Aucune différence significative n’a été observée dans les risques de fractures du poignet ou de la cheville ni pour les fractures du bras.

Les non-mangeurs de viande, en particulier les végétaliens, avaient des risques plus élevés de fractures totales ou de certaines fractures spécifiques, comme la hanche.

Qu’est-ce qui dans le régime végan crée ces risques ?

Qui dit fracture ni qualité de l’os. Or, on sait que l’os est composé à parts égales de calcium et de phosphore, le tout solidifié par du fluor. Pour assimiler le calcium, et pour le fixer dans l’os, nous avons besoin de vitamine D, vitamine qui est quasi exclusivement d’origine animale : poissons bleus (sardines, maquereau, thon) et gras (saumon, hareng, etc.), jaune d’œuf, foies de toute espèce (poisson ou animal terrestre) et graisses animales en général (beurre, fromages gras…). Même si au XXIe siècle, on peut trouver sur le marché de la vitamine D vegan issue d’une algue, ce n’était pas le cas au moment de l’étude. Le soleil permet une synthèse de vitamine D à travers la peau, mais pas à tous les âges ni durant toutes les saisons.

Par ailleurs, il y a de nombreuses conditions physiologiques nécessaires pour créer de l’os et incrémenter sa masse calcique : non seulement il faut bouger et faire de l’exercice, il faut avoir suffisamment de protéines riches en acides aminés essentiels, et quelques autres nutriments pertinents comme le trio fer, zinc, cuivre. Autant de nutriments qui sont dans les produits carnés, en abondance. Ceci explique pourquoi les mangeurs de poisson ont un moins bon statut que els magnerus de viande. Le poisson est moins riche en fer, notamment.

Si ce régime est associé à un risque plus important pour les os, les vegans sont-ils en mesure de combler les carences qui leurs causent ces problèmes ?

Les Vegan devront donc adopter une stratégie nutritionnelle plus pertinente et adaptée selon leur âge, leur situation géographique (ensoleillement) et leur mode de vie. Déjà, les vegan savent qu’ils doivent impérativement être supplémentés en vitamine B12. Il faudra sans doute qu’ils attachent une attention bien plus grande à leur statut en ces minéraux, oligoéléments et vitamine D qui semblent cruellement leur faire défaut. Ces résultats suggèrent que la santé des os chez les végétaliens nécessite des recherches supplémentaires, et une prise en charge plus pertinente. 

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