Les parfums dans les cigarettes électroniques altèrent les cellules du cœur – Futura

Les parfums dans les cigarettes électroniques altèrent les cellules du cœur – Futura

Les cigarettes électroniques sont-elles nocives pour la santé ? Les données scientifiques manquent pour répondre avec certitude à cette question. Des observations sur ses effets toxiques s’accumulent. La dernière en date fait état d’une altération du rythme cardiaque chez les souris, lors de la consommation de liquides parfumés.

Cela vous intéressera aussi


[EN VIDÉO] Interview : les dangers de la cigarette électronique, par Paul Hofman
  Moins chère et peut-être moins toxique que le tabac, la cigarette électronique connait depuis quelques années un franc succès. Futura-Sciences est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur les risques de la cigarette électronique. 

Les cigarettes électroniques, ou vapoteuses, attirent de nombreuses personnes en remplacement de la cigarette traditionnelle. Elles sont parfois conseillées dans le cadre d’un sevrage tabagique, seules ou en complément d’autres dispositifs. Parmi les utilisateurs de cigarette électronique, les lycéens représentent une part non négligeable. Selon un baromètre datant de 2017, près de la moitié des jeunes de 17 ans ont déjà vapoté. 

Un des attraits de la cigarette électronique est la grande variété de parfums qui aromatisent le liquide. Ce dernier est chauffé par la cigarette pour former une vapeur qui est alors inhalée. Ces parfums, qui sont ajoutés à un solvant composé d’un mélange de 70 % de glycérine végétale/30 % de propylène glycol avec ou sans nicotine, sont-ils sans risques pour la santé ?

Une étude parue dans une publication de l’American Journal of PhysiologyHeart and Circulatory Physiology, démontre des effets toxiques de certains arômes des cigarettes électroniques sur le cœur de jeunes souris.

Bons en bouche, mauvais pour le cœur

À l’université de Floride du Sud, une équipe de chercheurs a testé l’effet de trois parfums de cigarettes électroniques : un parfum exotique qui combine des arômes de fruits de la passion, d’orange et de goyave, un parfum imitant celui d’une crème à la vanille et un dernier qui reproduit celui de céréales à la pomme et à la cannelle.

La toxicité des fumées générées par ces trois liquides a été testée dans une série d’expériences in vitro, sur des cellules musculaires cardiaques de souris en culture. Les trois parfums ont précipité la mort des cellules par apoptose ou nécrose, en comparaison avec des cellules exposées à des bouffées d’air uniquement, dans des proportions différentes. Le parfum à la vanille semble le plus toxique, suivi du parfum de fruit exotique.

Sur des cardiomyocytes humains en culture, les chercheurs ont testé les effets sur leur activité électrique de la fumée du e-liquide aromatisé à la vanille. La fumée générée par un liquide uniquement composé du solvant ne modifie pas l’activité électrique des cellules, par contre elle diminue lorsqu’on y ajoute de la nicotine et encore plus en présence du parfum de crème à la vanille. Dans leur puits de culture, les cellules exposées à la fumée aromatisée se contractent moins souvent que les autres. « Cette expérience nous a montré que les produits chimiques aromatisants ajoutés aux appareils de vapotage peuvent augmenter les dommages au-delà de ce que la nicotine seule peut faire », explique Sami Noujaim, chercheur ayant participé à l’étude, dans un communiqué de presse.

La contraction des cellules musculaires cardiaques humaines (dérivées de précurseurs pluripotents) in vitro. © Thomas McDonald, USF Health

Des effets sur la santé encore discutés

Ces troubles observés dans les boîtes de Petri sont aussi présents chez des jeunes souris. Dans une expérience in vivo, les chercheurs ont placé des rongeurs âgés de dix semaines dans « une chambre de vapotage » où elles ont été exposées à de la fumée parfumée à la vanille pendant 10 semaines, cinq jours par semaine. Résultat, après dix semaines, les souris exposées à la fumée présentaient des fluctuations dans la durée entre chaque battement du cœur, c’est-à-dire une arythmie cardiaque. Les chercheurs pensent que la fumée altèrerait le contrôle nerveux autonome du rythme cardiaque.

Difficile de dire si ces observations sont transposables à l’être humain. Des études réalisées sur des volontaires sont nécessaires pour y voir plus clair et savoir quels parfums sont les plus toxiques. Environ 35 % des Français pensent que la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette ordinaire, selon Santé Publique France. La littérature scientifique sur le sujet ne cesse de s’étoffer, avec des conclusions parfois contradictoires, témoignant des incertitudes qui persistent sur les effets sur la santé des e-cigarettes.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.