Lirruption des variants à travers le monde, sujet détude et dinquiétude – Le Monde

Lirruption des variants à travers le monde, sujet détude et dinquiétude – Le Monde

Difficile à croire, mais malgré la pandémie, certains spécialistes des virus s’ennuyaient depuis un an. Généticiens ou biologistes de l’évolution, ils scrutaient le génome du SARS-CoV-2, comme les soldats du Désert des tartares. Aucun changement à l’horizon, autrement dit, parmi les trente mille lettres qui forment le code génétique du pathogène responsable du Covid-19. Ou si peu. « Tous les mois, depuis avril, on avait de la chance si on voyait une ou deux mutations arriver, si bien qu’après quelques mois j’ai demandé à mes collègues s’ils voulaient continuer à venir me voir pour ce bilan », a rappelé Salim Abdool Karim, président du conseil scientifique du gouvernement d’Afrique du Sud, le 18 janvier, lors d’un « webinaire », mis en ligne. « Alors vous imaginez ma surprise, en novembre, quand ceux-ci sont arrivés avec des génomes ayant d’un coup vingt-trois mutations ! », poursuit-il.

Même stupeur chez ses homologues anglais. Champions du monde du séquençage, les Britanniques devaient se contenter depuis un an de quelques clapotis sur une mer plate. Et voilà qu’en décembre 2020 des échantillons prélevés, le 20 septembre, dans le Kent (sud du pays) révèlent pas moins de dix-neuf mutations par rapport au génome habituel. Rien d’approchant n’avait été vu jusque-là, ni au Royaume-Uni ni ailleurs. Depuis, ce « variant anglais », comme on l’appelle communément, au grand dam des Britanniques, s’est répandu, d’abord dans l’île et chez les voisins irlandais, puis à travers le monde. Mercredi 20 janvier, soixante pays avaient confirmé sa présence (contre vingt-trois pour le variant sud-africain).

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Au Brésil, ce n’est pas un, mais deux variants qui ont été mis au jour depuis un mois. L’un d’eux, riche de vingt et une mutations, a ensuite été retrouvé, encore légèrement transformé, au Japon. Les Etats-Unis n’avaient jusqu’ici pas le leur : la semaine dernière, une équipe de l’Ohio a annoncé la découverte d’un mutant local baptisé « Columbus », et la Californie, en proie à une explosion des cas, vient de déclarer qu’elle disposait du sien.

De l’Organisation mondiale de la santé aux divers gouvernements, on ne parle désormais plus que de ça : des variants, de leur contagiosité, de la troisième vague qu’ils semblent nourrir, de la « course de vitesse » engagée entre eux et les vaccins, comme vient de l’affirmer le dernier avis du conseil scientifique français.

« C’est fascinant et intrigant »

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