Lutényl et Lutéran, médicaments pour les troubles gynécologiques, sont à utiliser avec précaution en raison du risque de tumeurs cérébrales bénignes – Le Monde

Lutényl et Lutéran, médicaments pour les troubles gynécologiques, sont à utiliser avec précaution en raison du risque de tumeurs cérébrales bénignes – Le Monde

Face au risque accru de méningiome – une tumeur cérébrale le plus souvent bénigne – lié à l’utilisation de certains progestatifs, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a émis de nouvelles recommandations mardi 12 janvier.

Deux études épidémiologiques d’Epi-phare, structure commune de l’ANSM et de l’Assurance-maladie, présentées en juin 2020, avaient confirmé une forte augmentation du risque de méningiome chez les femmes prenant du Lutényl (acétate de nomégestrol), et du Lutéran (acétate de chlormadinone) ou leurs génériques, des dérivés de la progestérone. Très utilisés, ces macroprogestatifs sont prescrits pour traiter divers troubles gynécologiques : fibromes, endométriose, irrégularités du cycle, préménopause et, moins souvent, comme contraceptifs. S’ils bloquent l’ovulation, ce ne sont pas des pilules contraceptives.

« Plus de 1 000 méningiomes opérés sont attribuables à ces deux molécules entre 2007 et 2018, soit environ 100 cas par an » Alain Weill

Le risque de méningiome pour des femmes ayant pris ces produits entre six mois et dix ans est triplé par rapport à des femmes non exposées. « Le risque augmente fortement avec la dose cumulée, la durée et l’âge de la patiente », précise l’étude. Il est même multiplié par 12,5 à partir de cinq ans de traitement sous Lutényl, et par 7 après trois ans et demi sous Lutéran. Cette étude a porté sur 1,8 million de femmes ayant pris de l’acétate de nomégestrol et 1,5 million de l’acétate de chlormadinone, entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2018. Au total, « plus de 1 000 méningiomes opérés sont attribuables à ces deux molécules entre 2007 et 2018, soit environ 100 cas par an », a expliqué l’épidémiologiste Alain Weill, directeur adjoint d’Epi-phare, qui a piloté l’étude. « C’est une question de dose et de durée d’exposition », poursuit-il.

« Revoir le bénéfice-risque avec son médecin »

Le méningiome se développe à partir des membranes qui enveloppent le cerveau. Dans la majorité des cas, il s’agit de tumeurs bénignes, mais il existe des formes atypiques, pouvant nécessiter chirurgie et radiothérapie, et des formes malignes (moins de 1% des méningiomes identifiés). Par ailleurs, certains peuvent entraîner des symptômes gênants, en raison de leur localisation (céphalées, troubles de l’équilibre ou visuels, etc.). Dans ces cas-là, ou si la tumeur croît, une chirurgie lourde peut être nécessaire. L’incidence du méningiome, qui touche de 2 à 3 femmes pour un homme, reste très faible (de 8 à 9 cas pour 100 000 personnes, et 1 pour mille personnes traitées par ces progestatifs).

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