Lutte contre le Covid-19 : Chine, Corée du Sud, Norvège… ce qui marche ailleurs – Le Parisien

Lutte contre le Covid-19 : Chine, Corée du Sud, Norvège… ce qui marche ailleurs – Le Parisien

Nous aurions pu aussi évoquer Taïwan, le Viêt Nam ou encore le Japon, mais la liste des pays qui ont su jusqu’à présent contrôler l’épidémie de Covid-19 n’aurait pas été beaucoup plus longue. Avant l’intervention du Premier ministre Jean Castex, qui donne une conférence de presse ce jeudi 12 novembre, quinze jours après le début du reconfinement, pour faire le point sur la stratégie française face à la crise sanitaire, zoom sur quatre pays qui ont su adopter un ensemble de mesures contre la pandémie a priori efficaces.

La Chine, épaulée par son industrie ultra-performante

En gare de Shanghai, le 10 novembre. /REUTERS/Aly Song
En gare de Shanghai, le 10 novembre. /REUTERS/Aly Song  

Les images d’une soirée techno géante sans masques à Wuhan ont fait le tour du monde en août. La ville où les premiers cas de Covid-19 ont été recensés faisait la fête à l’été et semble, pour l’heure, comme l’ensemble de la Chine, débarrassée du nouveau coronavirus. Même si les chiffres officiels sont sujets à caution, les analystes s’accordent pour déclarer que le virus ne remplit plus les hôpitaux de l’Empire du Milieu. « La situation est désormais inversée », s’amuse Quentin Pignard, installé à Shanghai depuis des années. « Il y a un mois dans le train, on a demandé à mon épouse chinoise d’où je venais. Quand les passagers ont appris que j’étais Français, j’ai vu la panique dans leurs yeux! »

Comment les autorités chinoises ont-elles réussi à enrayer l’épidémie ? « Ils ont été très réactifs dans l’application du triptyque tester, tracer, isoler », répond Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la région. « Pékin essaie désormais de faire croire au monde que son système politique autoritaire est le seul efficace. Mais la Chine a surtout bénéficié de son immense capacité industrielle pour produire des tests en grande quantité », analyse-t-il.

En Corée du Sud, l’expérience des coronavirus

Dans un parc de Hanam, le 13 octobre./REUTERS/Kim Hong-Ji
Dans un parc de Hanam, le 13 octobre./REUTERS/Kim Hong-Ji  

Sur plus de 51 millions d’habitants, seulement 487 Sud-Coréens sont décédés du Covid-19, contre quasiment mille fois plus en France. « J’ai testé presque toutes les mesures coréennes anti-Covid ! », témoigne Anaëlle Péron, étudiante française à Séoul. Il faut dire qu’en août, elle a débarqué à l’aéroport d’Inchon… avec de la fièvre. Elle a donc « bénéficié » d’un premier test PCR et d’une nuit à l’hôtel avant de repartir pour l’aéroport où un « taxi Covid » l’a conduite à son lieu de quatorzaine obligatoire. Dans son « goshiwon », sorte de mini-studio typique, les règles d’isolement étaient drastiques : aucune sortie, même pour faire ses courses, tout devait être livré. Autre volet de cette gestion très stricte : la surveillance. Les mouvements des résidents peuvent ainsi être épiés via les nouvelles technologies et les contrevenants sévèrement sanctionnés.

« En fait, après la crise du Sras et même le Mers (NDLR : les précédents coronavirus à l’origine d’épidémies), la Corée du Sud, un Etat de droit s’il en est, avait déjà préparé son arsenal législatif pour ces situations exceptionnelles », pointe Antoine Bondaz. Des tests rapides étaient également disponibles dès janvier. Le masque doit, lui, être porté partout, tout le temps. Et pas de cours à plus de vingt à l’université.

Lutte contre le Covid-19 : Chine, Corée du Sud, Norvège… ce qui marche ailleurs

En Nouvelle-Zélande, l’adhésion de tout un pays

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 6 novembre à Wellington./AFP/Dave Lintott
La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 6 novembre à Wellington./AFP/Dave Lintott  

Début août, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), félicitait déjà la Nouvelle-Zélande, présentée comme un « modèle mondial » pour sa réponse à la pandémie. Depuis, cet archipel de 5 millions d’habitants continue d’afficher des résultats enviables dans la lutte contre la propagation du coronavirus : 25 décès pour 1988 cas.

Fermeture des frontières dès le 28 février (avant même le premier cas sur son territoire), confinement national de 26 jours, puis restrictions de circulation, application pour tracer les porteurs du virus… Fin mars, le gouvernement de Jacinda Ardern monte en puissance sur le traçage, le dépistage et le placement en quarantaine. Après huit semaines d’enseignement à domicile, les élèves peuvent retrouver le chemin de l’école.

Autre facteur déterminant, « un taux élevé d’adhésion du public, dans un pays sujet aux tremblements de terre et dans lequel la population et les systèmes de gestion des secours sont sensibilisés aux catastrophes », relèvent des épidémiologistes dans la revue Lancet Public Health de novembre.

La Norvège a anticipé

A Nesodden, en Norvège, le 20 avril./VIA REUTERS
A Nesodden, en Norvège, le 20 avril./VIA REUTERS  

La Norvège, avec 285 décès pour 5,7 millions d’habitants, a comme avantage une faible densité de population qui aide à limiter les interactions sociales, source bien connue de contaminations. Mais ce n’est pas la seule raison de sa maîtrise de l’épidémie. Dès le 13 mars, les bars, restaurants, musées et attractions touristiques ont fermé, soit 16 jours seulement après l’annonce d’un premier cas!

Grâce à une population très respectueuse des recommandations, le confinement a pu être basé surtout sur le volontariat. La Norvège a même été l’un des premiers pays européens à rouvrir les crèches et les écoles progressivement dès le 20 avril. Bien que l’épidémie reste sous contrôle, le gouvernement continue de prendre les devants et recommande désormais de limiter ses contacts à dix personnes par semaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.