Mahmoud Zureik : « La France ne réussira jamais une campagne de vaccination en pleine troisième vague » – Le Monde

Mahmoud Zureik : « La France ne réussira jamais une campagne de vaccination en pleine troisième vague » – Le Monde

Pour Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, il est fort probable que la France soit touchée cet hiver par une troisième vague épidémique, qui pourra pousser le gouvernement à reconfiner la population.

Comment interpréter les indicateurs des deux dernières semaines ? Assiste-t-on à une flambée épidémique à la faveur des fêtes de fin d’année ?

Les indicateurs à partir de mi-décembre 2020 sont difficiles à lire. Le nombre d’asymptomatiques parmi les personnes testées était de l’ordre de 70 % il y a un mois et demi, alors qu’il était de presque 90 % pendant les fêtes. Le taux de positivité est donc très difficilement interprétable par rapport aux autres indicateurs que sont les taux d’hospitalisations et de morts qui, eux, arrivent avec un décalage de quelques jours à quelques semaines.

Pour l’instant, les chiffres d’hospitalisation sont relativement stables, ainsi que ceux des malades en réanimation. Le nombre de décès est toujours élevé. Mais le bilan de Noël sera à faire la semaine prochaine.

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On est dans une situation incertaine, un peu dégradée, mais on est encore loin d’une explosion de l’épidémie comme celle qui touche actuellement le Royaume-Uni et l’Irlande.

Pendant les vacances, on a pu observer la conjonction de deux phénomènes opposés, avec d’un côté une probable augmentation de la circulation du virus via les interactions intrafamiliales, et de l’autre des contaminations moindres dans le milieu professionnel. A cela s’ajoutent des conditions climatiques favorables au virus. Nous verrons le résultat de ces trois phénomènes conjoints dans la semaine qui vient.

Malgré la difficile lisibilité des indicateurs actuels, on observe une démarcation nette entre l’Est et l’Ouest. Comment expliquer cette coupure du pays en deux ?

La différence entre les régions de l’Est et celles de l’Ouest est très difficile à expliquer. On ne peut pas exclure le rôle des conditions météorologiques. Il y a des travaux qui soulignent de plus en plus le rôle du climat et de l’humidité dans la circulation du virus, mais il n’y a pas d’explications claires sur le sujet.

La deuxième hypothèse est la proximité de l’axe Est avec les autres pays européens frappés par le virus, comme l’Allemagne et la Suisse. Des mouvements transfrontaliers allant dans les deux sens ont pu favoriser la circulation du virus dans ces régions.

Dans l’Ouest, on observe une augmentation importante du nombre de cas d’une semaine sur l’autre, jusqu’à + 50 % dans certains départements, mais à partir de taux d’incidence beaucoup plus faibles à la base. Toutefois, si cette dynamique se confirme, il ne faudra pas tarder à prendre les mesures nécessaires et fortes. Car le pays ne peut pas vivre une troisième vague. On en est déjà à 67 000 morts. Eviter une troisième vague, c’est éviter plus de décès et plus d’hospitalisations, mais aussi plus de formes longues du Covid-19.

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