Movember ou regarder les cancers masculins en face sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr) – Zoomdici.fr

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Tout le monde connaît Octobre Rose pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Moins connaissent cette même campagne dédiée aux hommes. Le cancer de la prostate et des testicules sont les cibles de l’événement afin de rappeler l’importance du dépistage et des dons pour servir la lutte.

Le signe de ralliement de Movember ? La moustache. « C’est une action créée en 2003 par deux Australiens qui ont décidé de se laisser pousser la moustache au mois de novembre, explique l’un des urologues de la clinique Bon Secours du Puy-en-Velay Jacques Largeron. Avec les réseaux sociaux, cette initiative a bénéficié d’un succès planétaire. Depuis, c’est devenu une association de sensibilisation aux pathologies cancéreuses masculines, notamment les cancers des testicules et celui de la prostate ».

Le dépistage, première arme pour combattre le cancer

En France, les actions de Movember sont effectives depuis 2012. « Cette 9e édition a été quelque peu parasitée par la crise sanitaire actuelle, précise Jacques Largeron. Le principe est de sensibiliser la population sur le sujet via des défis comme se laisser pousser la moustache et la barbe pendant un mois. En parallèle, il y a des concours de barbiers, des courses, des expositions et bien d’autres événements pour, au final, récupérer des fonds au profit de la recherche ».

Le maître-mot qui revient dans la bouche du spécialiste est le dépistage. « Le cancer des testicules, ce sont 2 500 cas par an en France, souligne-t-il. Le dépistage se fait par autopalpation par le patient lui-même. S’il ressent un nodule pierreux, il doit immédiatement consulter son médecin ou un urologue. C’est d’ailleurs le spot officiellement du Movember 2020 avec un petit film joué par Bruno Solo. » D’après Jacques Largeron, cette pathologie cancéreuse touche notamment les jeunes hommes de 20 à 35 ans.

« Il faut savoir que ce cancer est silencieux. Il ne provoque aucune douleur »

Si le cancer des testicules apparaît plutôt rare, c’est l’exact contraire pour celui de la prostate. « Il y a environ 50 000 cas par an, livre l’urologue Marlène Guandalino. Mais les chiffres de l’année 2019 indiquent près de 70 000 cancers de la prostate en France. Cela est dû notamment à l’augmentation des dépistages. Il faut savoir que ce cancer est silencieux. Il ne provoque aucune douleur. Et si douleurs il y a, cela signifie souvent que c’est trop tard. D’où l’importance, une fois l’âge de 50 ans passé, de se faire dépister avec une prise de sang annuelle PSA (Antigène Spécifique de la Prostate, Ndlr) et un toucher rectal. »

À ses côtés, son confrère Pascal Métois assure : « Si le cancer est dépisté tôt, il se guérit facilement. Mais c’est vrai que les hommes, contrairement aux femmes, ont plus de mal avec ça. Le socle dans cette sensibilisation est le médecin traitant. C’est à lui de renseigner et de convaincre son patient de se faire dépister. Puis de l’orienter en fonction des résultats. »

Quelques chiffres

Selon les données de E-Cancer :
– Le nombre de décès en 2018 en France : 157 400, 89 600 chez l’homme et 67 800 chez la femme.
– Les taux de mortalité : 123,8 pour 100 000 hommes et 72,2 pour 100 000 femmes.
– L’âge médian des décès, en 2015, était de 73 ans chez l’homme et de 77 ans chez la femme.
D’après des chiffres de Santé Publique France, la survie nette à 5 ans post-opération est de :
– 63% pour les cancers du côlon, du rectum et du col de l’utérus
– 88% pour le sein
– 93% pour la prostate

Le cancer de la prostate tue 11 000 personnes par an

Pascal Métois déplore néanmoins une baisse des dépistages durant cette année 2020 à cause des restrictions sanitaires et des confinements. « En nombre de pathologie cancéreuse, c’est le premier cancer masculin suivi du poumon et colorectal, affirme-t-il. Chaque année, il tue 11 000 personnes en France. » Toujours en termes de mortalité, le cancer du poumon se situe au premier rang chez l’homme (22 761 décès en 2018), devant le cancer colorectal (9 209 décès).

Un robot à un million d’euros

Du côté de la technologie, la clinique Bon Secours apparaît être un précurseur en la matière dans le département. « Nous détenons de nouvelles technologies avec l’avènement de la robotique, partage Jacques Largeron. Surtout depuis que nous avons notre robot chirurgical Da Vinci. Il nous permet d’opérer les patients sans douleurs avec des sorties sous deux ou trois jours après son intervention. Une chose inconcevable il y a six ans encore dans ce domaine. C’est un véritable atout pour la population altiligérienne ! »

Le robot, unique en Haute-Loire, est arrivé dans la clinique au mois de décembre 2019. Les premiers patients opérés l’ont été six mois plus tard. « Il n’y en a que trois en Auvergne, 15 dans la grande Région et 170 en France, confie le responsable du robot préférant rester anonyme. Ce télémanipulateur ne remplace pas le chirurgien mais permet de magnifier ses gestes. Le spécialiste aura ainsi une meilleure vision, une ergonomie développée et une précision très importante ». Son coût ? Entre un et deux millions d’euros selon les options choisies.

Une mine d’or 2.0

La Clinique Bon Secours détient un site internet qui permet d’acquérir les bonnes informations sur plusieurs pathologies dont les cancers des testicules et de la prostate, mais aussi les calculs rénaux ou encore l’urologie des enfants. À consulter sur Urovelay.

Internet, cette interface qui vous veut du mal

Le mot cancer est assurément un lourd fardeau à porter dans sa tête et dans son corps. Et toutes les technologies et robots du Monde sont incapables d’accompagner psychologiquement le patient sur la route du combat. Depuis 18 mois, la clinique Bon Secours a ainsi spécialisé des infirmières dans ce domaine. « On va par exemple recevoir un patient diagnostiqué avec un cancer de la prostate pour lui expliquer absolument tout du protocole choisi pour lui, confie Marilyn Gouteyron, infirmière en consultation d’annonce paramédicale. L’objectif est de dédramatiser la situation et de répondre à toute les questions, que ce soit sur l’opération que sur le suivi postopératoire. »

Elle met en garde contre toutes les informations retrouvées sur Internet. « Beaucoup de bêtises sont sur la toile ! Les gens l’utilisant très souvent, nous sommes maintenant obligés de présenter toutes les solutions médicales et pseudo-médicales que les patients ont apprises par ce biais pour les éliminer ensuite une à une. Si nous n’agissons pas ainsi, les malades pensent que nous leur cachons quelque chose ».

Une hémorragie de dons

Présent avec les soignants, Bernard Beldon est le vice-président de la Ligue contre le Cancer Haute-Loire. « Cette année, nous constatons malheureusement une baisse des dons pour la Ligue, se désole-t-il. Cela vient du contexte anxiogène général et de l’annulation des événements dédiés à la lutte. Par exemple, l’action que font chaque année les motards de Une Rose Un Espoir a été annulée à cause du Covid. Pourtant, Covid ou pas, le cancer sera toujours là après la crise sanitaire que nous traversons. »

La Ligue contre le Cancer a reversé 50 000 euros en 2019 à la Clinique Bon Secours pour s’équiper d’un échographe permettant la détection de petites lésions prostatiques et la réalisation de biopsies ciblées avec guidage IRM (coût total 140 000 euros).

Parole de patient

Un cancer de la prostate a été diagnostiqué chez Alain Groisier, 61 ans, en 2020. « Mon dépistage s’est passé tout à fait par hasard avec mon médecin traitant qui m’a intégré l’analyse de la PSA dans ma prise de sang annuelle, décrit-il. En 2020, elle s’est révélée inquiétante et je suis allé voir un urologue, à savoir Jacques Largeron, pour des recherches plus poussées. Je suis entré le 15 juillet 2020 à la clinique Bon Secours et j’ai été opéré le lendemain. Trois jours après, j’étais chez moi sans douleur et sans difficulté pour marcher ou autres. »

Il précise : « L’équipe de la Clinique est constituée de trois urologues et d’un staff tout autour. Ce qui est marquant c’est le travail fait pour expliquer parfaitement le chemin qui nous attend et à rentrer profondément dans ce stade du cancer. Et l’anéantir ensemble ».

Nicolas Defay

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