Mutation du Covid-19 en Angleterre : des nouvelles rassurantes sur la nouvelle souche… – Linternaute.com

Mutation du Covid-19 en Angleterre : des nouvelles rassurantes sur la nouvelle souche… – Linternaute.com


Mutation du Covid-19 en Angleterre : des nouvelles rassurantes sur la nouvelle souche du virus

MUTATION COVID. La nouvelle souche du coronavirus découverte en Angleterre préoccupe les autorités sanitaires du monde. Mais tout semble indiquer qu’il sera à son tour maîtrisé par le vaccin.

[Mis à jour le 22 décembre 2020 à 10h56] La nouvelle souche de coronavirus découverte au Royaume-Uni suscite des inquiétudes importantes, du fait principalement de son caractère vraisemblablement plus contagieux que les autres variantes du Covid-19. Que sait-on exactement de cette mutation du Covid découverte dans le sud de l’Angleterre ? Ce virus pourrait-il annihiler tous les travaux scientifiques entrepris pour contrôler la pandémie de coronavirus ? Le point en questions réponses.

La vraie bonne nouvelle, de nature à rassurer les autorités sanitaires, c’est qu’il est très vraisemblable que les vaccins, déjà utilisées ou sur le point de l’être soient efficaces contre la mutation anglaise. « En terme de vaccination, il n’y a pas trop de différence entre ces deux virus. Les vaccins tels qu’ils ont été produits devraient nous protéger », assurait sur RTL le 22 décembre Bruno Lina, membre du Conseil scientifique et professeur de virologie au CHU de Lyon. Et d’ajouter qu’en cas d’altération, les scientifiques pourront réagir rapidement : « On pourrait faire exactement comme pour les vaccins contre la grippe en changeant une partie de la formule. Ce n’est pas très compliqué à faire ». Le PDG du laboratoire BioNtech, qui a mis au point un vaccin avec Pfizer, assure que son groupe sera capable de fournir un nouveau vaccin « en six semaines » en cas de mutation significative.

Le ministre français de la Santé a fait savoir, lui-aussi, qu’a priori, « il n’y a pas de raison de penser que le vaccin soit moins efficace ». Une analyse également partagée par l’OMS qui considère pour le moment que cette mutation devrait bien être stoppée par les campagnes de vaccination.

Londres et et le Sud-est du pays ont été reconfinés, avec déplacements interdits, pour endiguer la propagation de cette variante du Covid en Angleterre. Les virologues britanniques estiment que cette mutation du virus est apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent. Selon leurs estimations, la mutation serait à l’origine de 62% des contaminations survenues à Londres en décembre. Chris Whitty, directeur général de la santé d’Angleterre, a fait part de son inquiétude, dans un communiqué, il indique que « le groupe consultatif sur les menaces nouvelles et émergentes des virus respiratoires (Nervtag) considère maintenant que cette nouvelle souche peut se propager plus rapidement que les autres variantes du virus ». « Il semble que ce virus [soit] largement plus infectieux que la souche précédente », s’inquiète quant à lui le Pr John Edmunds, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, sur Science Media Centre. Boris Johnson a indiqué de son côté que la nouvelle mutation pouvait se transmettre  » jusqu’à 70 % plus facilement « .

Le ministre de la Santé britannique a regretté que « la nouvelle souche (de coronavirus, ndlr) était hors de contrôle », justifiant ainsi les mesures de confinement imposées, mais a bien précisé que les travaux en cours n’avaient pas pointé de symptômes plus graves. « Rien n’indique qu’il est plus mortel ou qu’il cause une forme plus sévère de la maladie », a également précisé le Premier ministre britannique. 

Une nouvelle mutation a également été observée en Afrique du Sud. Selon les scientifiques, la variante provoque parfois des formes sérieuses de la maladie chez des jeunes patients ne présentant pas de comorbidités. Nommée « variante 501.V2 », cette nouvelle souche pourrait être liée à celle détectée au Royaume-Uni. Elle est décrite comme « une variante similaire » par le ministre Zwelini Mkhize, dans un communiqué, cité par Le Point. Les variations sont communes pour tous les virus, selon les spécialistes, et c’est le cas pour le Covid-19 qui a déjà connu 12 000 variations.

Un cas de contamination à cette version du Covid-19 a été détectée en Italie. « Il est tout à fait possible que la variante du virus circule en France », a admis le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Europe 1 le 21 décembre. Il est probable que la mutation soit active depuis le début de l’automne outre-Manche, des cas de contamination en France ne peuvent donc pas être exclus. Sur les réseaux sociaux, Guillaume Rozier, fondateur de Covid Tracker explique que « le Royaume-Uni séquence… 100 fois plus que la France ! » et que cette mutation pourrait bien être présente dans le pays. Samuel Alizon, chercheur au CNRS et spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses a également confirmé il y a quelques jours dans Libération que la France était un mauvais élève dans le séquençage de la maladie. « La France a partagé environ 2500 séquences contre 123 000 pour le Royaume-Uni » expliquait-il.

Le 21 décembre décembre, Emmanuel Macron a qualifié cette mutation du virus de « problématique ». « On doit redoubler de vigilance. Tout cela montre la complexité du virus, son agressivité, oserais-je dire son inventivité et l’humilité qu’il nous faut toujours avoir », a-t-il déclaré durant une réunion de crise. Preuve que la découverte de cette mutation du coronavirus préoccupe au sommet de l’État, la France a choisi de fermer sa frontière aux déplacements avec le Royaume-Uni pour 48 heures, afin de se prémunir au maximum d’une contamination sur son sol. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Italie ont également annoncé la suspension des vols et des trains en provenance du Royaume-Uni et l’Allemagne a « réduit » les liaisons avec le pays. Ce 21 décembre, le gouvernement espagnol a annoncé avoir décidé, en accord avec son homologue portugais, de suspendre à partir de mardi les vols en provenance du Royaume-Uni en raison de la découverte d’une nouvelle souche plus contagieuse du coronavirus sur le territoire britannique.

Interrogé sur le sujet par nos confrères de RTL , le virologue Bruno Lina, membre du Conseil scientifique estime que ce clone infectieux n’est pas plus pathogène » et « ne donne pas des infections plus grave » que les autres variantes. D’après une étude publiée fin novembre dans la revue de référence Nature, des chercheurs ont rappelé « les mutations récurrentes actuellement en circulation semblent être neutres sur le plan de l’évolution et principalement induites par le système immunitaire humain, via l’édition de l’ARN ». Pour la souche trouvée dans le sud de l’Angleterre, les conclusions sont les mêmes, « la variante est porteuse du N501Y, a priori sans mutation inquiétante », expliquait François Balloux, directeur de l’Institut de génétique de l’University College London.

Interrogé sur le sujet, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique en France, estime qu’il faut rester prudent, sans s’alarmer. « La crainte, c’est une véritable mutation de la protéine Spike, c’est-à-dire celle qui permet au virus de s’accrocher. Or, celle décrite par les Anglais porte sur cette protéine, et des données suggèrent que le virus serait plus infectieux. Cela demande à être confirmé. Je ne suis pas inquiet car nous avons déjà levé ce type d’alerte : rappelez-vous les récentes craintes sur les visons » disait-il au Parisien mi-décembre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.