Nouvelle souche de coronavirus au Royaume-Uni : « Il est possible quelle devienne dominante » – Le Télégramme

Nouvelle souche de coronavirus au Royaume-Uni : « Il est possible quelle devienne dominante » – Le Télégramme

Le Sars-Cov-2 a subi des milliers de mutations depuis le début de l’épidémie, en quoi cette nouvelle souche qui se propage au Royaume-Uni est-elle particulière ?

Plusieurs grandes lignées ont dérivé très progressivement de la souche chinoise de Wuhan sur les différents continents, toutes très liées les unes aux autres. Sur cette nouvelle souche repérée au Royaume-Uni, plusieurs mutations génétiques sont apparues d’un seul coup touchant la protéine spike (qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour se reproduire, NDLR), ce qui la rend assez différente de ce qu’on avait vu jusqu’à présent.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette plus grande contagiosité décrite par le gouvernement britannique ?

Il semblerait que ces mutations portant sur la protéine spike favorisent l’attachement du virus aux récepteurs cellulaires. Si elle s’accroche mieux, elle va avoir un avantage par rapport aux souches antérieures et se diffuser à leur détriment. Il est possible qu’elle devienne la souche dominante. Mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle donnera des formes plus sévères.

Le Pr Christopher Payan est le chef du département de bactériologie-virologie du CHRU de Brest. (Archives Le Télégramme / Catherine Le Guen)

L’Agence européenne des médicaments a signalé qu’aucune preuve n’existe pour l’instant disant que le vaccin Pfizer-BioNTech ne protégerait pas contre cette nouvelle souche…

L’efficacité du vaccin dépend des endroits de la protéine spike modifiés par les mutations. En surface, cela peut avoir un impact sur la réponse anticorps, si c’est à l’intérieur de la protéine, il est possible qu’il n’y ait pas de conséquences.

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Cette nouvelle souche est-elle plus difficilement détectable par les tests de dépistage actuels ?

Pour les tests PCR, on cible plusieurs gènes du virus codant pour la protéine N, interne, et pour l’enzyme qui lui permet de se reproduire. Ils sont définis comme peu amenés à varier. Normalement, ça ne posera donc pas de problème. En revanche, les tests antigéniques qui sont basés sur les antigènes de la protéine spike pourraient être pris en défaut par ces mutations.

Faut-il nécessairement s’inquiéter de l’arrivée de ce nouveau variant ?

Je ne sais pas… Une chose est claire : les coronavirus mutent ou font des recombinaisons, c’est inéluctable. Forcément, avec le temps, on va avoir des modifications : aujourd’hui, c’est cette souche, demain, c’en sera une autre, il faudra apprendre à vivre avec. On peut même espérer que ce coronavirus, au fur et à mesure des mutations, aille vers des formes plus adaptées à l’homme et qu’on perde progressivement les formes sévères.

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