Nouvelle souche du Covid: quelles sont ses différences avec les précédentes mutations? – BFMTV

Nouvelle souche du Covid: quelles sont ses différences avec les précédentes mutations? – BFMTV

Une nouvelle souche du SARS-CoV-2 a été détectée en Europe et fait, depuis quelques jours, craindre une plus grande contagiosité du virus. Mais quelle différence y a-t-il entre cette mutation et les nombreuses précédentes?

Emmanuel Macron a appelé à « redoubler de vigilance », ce lundi, alors qu’une mutation inquiétante et « problématique » du Covid-19 menace le continent européen depuis quelques jours. LCar depuis une semaine, une nouvelle variante du virus inquiète au Royaume-Uni, poussant une vingtaine de pays à stopper leurs liaisons vers l’île à quelques jours de Noël.

Cette nouvelle variante du Covid-19 a déjà été détectée chez plus d’un millier de personnes à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre, a fait savoir samedi un conseiller scientifique du gouvernement britannique, indiquant que cette souche contenait 23 mutations, un « nombre inhabituellement grand », beaucoup étant « associées aux changements dans la protéine (Spike) que le virus fabrique » et qui lui sert à pénétrer les cellules humaines.

Plus de 20.000 mutations déjà enregistrées

Cette variante du virus est « le fruit d’une succession de mutations », expliquait ce lundi matin sur BFMTV le professeur Didier Pittet, infectiologue et président de la mission d’évaluation sur la gestion de la crise du coronavirus. En effet, les mutations d’un virus à ARN sont courantes et celles-ci n’entraînent pas nécessairement de conséquences manifestes sur la dangerosité ou la contagiosité du virus.

« Pratiquement tous les virus mutent, et ils mutent différemment selon la famille de virus », affirmait aussi sur notre antenne le professeur Christian Rabaud, infectiologue au CHU de Nancy. « Certains mutent beaucoup, comme le virus de la grippe, ou plutôt peu et lentement comme le fait actuellement et l’a fait jusque là le coronavirus ». Selon lui, les mutations du SARS-CoV-2 ont jusqu’à ce jour « été en petit nombre et peu importantes ».

Depuis le début de la pandémie, les scientifiques disent avoir identifié plus de 20.000 mutations sur le génome du SARS-CoV-2. Mais à la différence des premières, cette nouvelle souche porterait un nombre plus important de changements génétiques (23 selon les autorités britanniques) et une partie importante de ces changements toucheraient à la protéine Spike.

S’il est normal qu’un virus mute, « la question est de savoir où est-ce qu’il mute », souligne Christian Rabaud, qui assure que cette nouvelle nouvelle souche contient environ « 20 mutations sur la même souche, ce qui n’est pas extraordinaire ». « Seulement 9 à 10 de ces mutations se trouvent sur cette protéine Spike, qui joue un rôle extrêmement important d’adhérence à la muqueuse de l’Homme et donc aux récepteurs ».

Une souche plus facilement transmissible

Si certaines mutations rendent le virus plus résistant aux traitements ou aux vaccins, qui peuvent être adaptés, d’autres mutations n’ont « absolument aucun effet », a rappelé dans un communiqué Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’université de Nottingham. Dans ce cas précis, la plupart des autorités sanitaires se veulent rassurantes, précisant que rien n’indique jusqu’ici que cette mutation entraîne une forme plus grave de la maladie, ni qu’elle nuise à l’efficacité des vaccins.

Mais dimanche, Emmanuel Macron (lui-même contaminé par le Covid-19) a toutefois qualifié cette mutation de « problématique », pointant du doigt « une forme beaucoup plus agressive » du virus qui révèlerait « sa complexité, son agressivité, oserais-je dire son inventivité, et l’humilité qu’il nous faut toujours avoir ».

Et pour cause, le ministre britannique de la Santé Matt Hancock a jugé la variante du virus « hors de contrôle » au Royaume-Uni. Cette souche, désormais également identifiée dans plusieurs pays européens dont l’Italie, pourrait être « jusqu’à 70% plus contagieuse » que le Covid-19 « initial », a fait savoir le Premire ministre britannique Boris Johnson lors d’une conférence de presse dimanche. Son « taux de reproduction pourrait être supérieur de 0,4 point, même si les chiffres restent encore incertains », a-t-il précisé. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d’ailleurs elle-aussi fait savoir que « des signes préliminaires » montraient « que la variante pourrait être plus contagieuse ».

Les dernières données révèlent que « cette nouvelle souche serait extrêmement facile à transmettre, surtout chez les populations jeunes puisque la moyenne des personnes atteintes par cette souche est de 41 ans », a mis en garde à son tour le professeur Didier Pittet lundi, à l’antenne de BFMTV.

Aucune preuve d’une dangerosité accrue

Sur BFMTV, l’infectiologue souligne: « Dans l’état actuel, le virus semble mieux se transmettre, il passe mieux d’un invidivu à l’autre. On peut dire qu’il est plus contagieux car son R0 (le taux de reproduction du virus) est plus élevé que ne l’était celui du Covid originel ». En revanche, le Pr Didier Pittet insiste: rien ne prouve à ce jour que cette nouvelle souche est plus dangereuse que celles que l’on connaissait jusqu’alors.

« Cela ne veut pas dire du tout qu’une fois qu’on est atteint, sa forme est plus grave, plus réanimatoire ou plus mortelle ».

Un avis partagé par le professeur Michel Goldman, professeur d’immunologie médicale à l’Université libre de Belgique, auprès de nos confrères de France 24. Selon lui, ces nouvelles souches n’augmentent « absolument pas » la dangerosité du virus. « La plupart du temps, ces mutations sont neutres, c’est-à-dire qu’elles ne changent pas la dangerosité, ni la transmission ou la sensibilité des réponses du système immunitaire », rappelle le spécialiste. L’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sont parvenus aux mêmes constats mais ajoutent aussi que des investigations complémentaires sont nécessaires.

« Pour l’instant, on ne sait pas si la mutation du virus est plus agressive », tempère lui-aussi le biologiste Laurent Kbaier du laboratoire Bioesterel à notre micro. « On ne sait pas car il n’y a pas de données là-dessus ».

Depuis le début de la pandémie, la majeure partie des spécialistes appellent à ne pas céder à la panique face à ces mutations, rappellant qu’elles font partie de « la vie naturelle d’un virus ». Il y a plusieurs semaines, une autre mutation avait déjà été repérée chez des visons et de longue date, plusieurs équipes scientifiques britanniques et françaises travaillent sur ces changements.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

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