Obésité : « La chirurgie ne doit être envisagée que lorsque les autres méthodes nont pas fonctionné » – Le Monde

Obésité : « La chirurgie ne doit être envisagée que lorsque les autres méthodes nont pas fonctionné » – Le Monde

Quelque 68 000 personnes ont subi, en 2017, une opération de chirurgie bariatrique (by-pass, sleeve ou anneau gastrique) pour lutter contre l’obésité. Un chiffre qui, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), a été multiplié par 4,5 en dix ans (15 000 patients opérés en 2006) et par plus de vingt en vingt ans (2 800 en 1997). Dans le sillage de cet essor fulgurant, l’émission de télé-réalité « Opération renaissance », diffusée depuis le 11 janvier sur M6 et qui suit le parcours d’amincissement de dix participants, replace la chirurgie de l’obésité au centre de l’espace médiatique.

Le professeur Jean-Michel Oppert, médecin nutritionniste et chef du service de nutrition à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, pense la chirurgie bariatrique comme l’un des moyens d’action dans un parcours plus global de prise en charge de l’obésité.

Toutes les personnes obèses peuvent-elles bénéficier d’une opération de chirurgie bariatrique ?

Jean-Michel Oppert : Plusieurs critères d’éligibilité à la chirurgie bariatrique ont été érigés, en France, par la Haute Autorité de santé (HAS). Le premier d’entre eux concerne, d’une part, l’indice de masse corporelle (IMC), l’indicateur pour estimer la corpulence : il doit être supérieur à 40, ou bien à 35 si le patient présente des pathologies associées (diabète, hypertension artérielle ou encore apnées du sommeil) qui pourraient être sensiblement améliorées par la perte de poids. L’obésité au sens strict correspond, elle, à un IMC supérieur à 30.

D’autre part, avant toute opération, la personne doit avoir été suivie pendant six mois à un an, dans le cadre d’une prise en charge médicale de l’obésité. Ce qui permet, notamment, de s’assurer qu’il n’y a pas d’autres moyens d’action. La HAS dresse aussi des contre-indications, comme la présence, chez le patient, de troubles alimentaires ou psychiatriques graves, d’addictions ou de risques élevés à l’anesthésie.

Même s’il y a eu un débat pour ouvrir la pratique à plus de profils, ces critères restent, pour l’instant, inchangés. Ils sont, depuis deux ans, systématiquement vérifiés par l’Assurance-maladie, qui doit donner son autorisation préalable au chirurgien. Ils contribuent à encadrer une chirurgie qui ne doit être envisagée que lorsque les autres méthodes et approches n’ont pas fonctionné.

Les 5 chiffres de la chirurgie de l’obésité

Alors, comment expliquer la multiplication des recours à la chirurgie de l’obésité en France ces dernières années ?

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