Plus contagieuse ? Plus dangereuse ? Ce que lon sait de la variante britannique du Sars-CoV-2 – France Inter

Plus contagieuse ? Plus dangereuse ? Ce que lon sait de la variante britannique du Sars-CoV-2 – France Inter

La découverte d’une nouvelle variante « hors de contrôle » du coronavirus au Royaume-Uni a poussé dimanche plusieurs pays européens à suspendre leurs vols, faisant encore grandir l’inquiétude en Europe à la veille des fêtes de Noël. Ce que l’on sait sur cette nouvelle variante en six questions.

Cette "nouvelle variante du virus" se transmet "bien plus facilement", a déclaré Boris Johnson samedi
Cette « nouvelle variante du virus » se transmet « bien plus facilement », a déclaré Boris Johnson samedi © AFP / Paul ELLIS

Après l’annonce, par Boris Johnson, d’un reconfinement de Londres et du sud-est de l’Angleterre pour contrer une propagation rapide de la Covid-19, « alimentée par une nouvelle variante du virus », les pays européens prennent des mesures drastiques pour limiter la circulation et suspendre les liaisons avec le Royaume-Uni. Cette nouvelle variante du virus SARS-COV-2 à l’origine de la Covid-19 est-elle plus contagieuse ? Et plus dangereuse ? Et met-elle potentiellement à mal les vaccins développés jusqu’ici ? Voici ce que l’on sait sur cette nouvelle variante du Covid qui inquiète les gouvernements occidentaux. 

Pourquoi parle-t-on d’une nouvelle « variante » du Covid ?

Le virus SARS-COV-2 mute en permanence. Toute mutation ne se traduit pas par une virulence accrue du virus. À ce jour, la communauté scientifique a recensé environ 4 000 mutations, sans effet particulier sur la vitesse de transmission, ni sur sa virulence.

Depuis son apparition, les scientifiques ont déjà compté 8 variantes principales. Celle observée en Grande-Bretagne serait donc en passe de devenir la neuvième. Une variante qui semble porter un plus grand nombre de changements génétiques – une quinzaine – que les autres. Plusieurs de ces changements touchent à la fameuse Spike, une protéine-clé qui permet au virus de pénétrer dans les cellules humaines. « L’une des mutations » de la variante britannique « est un changement du 501e acide aminé sur les 1 273 constituant la protéine, dans la zone qui sert à l’accrochage sur les cellules« , explique Le Monde.

Les Comptes rendus de l’Académie des sciences signalaient en novembre qu’une trentaine seulement de « lettres » de la séquence génomique, sur 30 000, et 15 acides aminés, séparent les actuels virus en circulation des premiers.

Quand cette variante est-elle apparue ?

D’après le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, cette nouvelle variante du Sars-CoV-2 est apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent (sud-est). Le Premier ministre britannique Boris Johnson a, du reste, justifié samedi le reconfinement de Londres et du sud-est de l’Angleterre par l’apparition de cette nouvelle variante. 

Hors du territoire britannique, une poignée de cas ont été rapportés au Danemark (9), ainsi qu’un cas aux Pays-Bas et en Australie, selon l’OMS, qui recommande à ses membres au niveau mondial « d’accroître leurs (capacités de) séquençage » du virus avant d’en savoir plus sur les risques posés par la variante, selon une porte-parole.

Elle note aussi que « plusieurs autres pays ont signalé à l’OMS d’autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique« .

La variante n’a pour le moment pas été repérée en France, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’y est pas présente. La France séquence beaucoup moins le virus que son voisin d’outre-Manche.

Cette variante est-elle « hors de contrôle » ?

C’est ce qu’a affirmé dimanche le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, estimant que « ce sera très difficile de garder cette nouvelle souche sous contrôle jusqu’à ce qu’un vaccin soit déployé ». De son côté, le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance, a affirmé samedi que cette nouvelle variante du Sars-CoV-2, a entraîné « une très forte hausse » des hospitalisations en décembre. Pour lui, cette variante se propageant rapidement, serait devenue la forme « dominante« . 

Cette « variante » se transmet-elle « plus facilement » ?

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a jugé samedi, lors de sa conférence de presse, que la « propagation » du virus au Royaume-Uni semble être « alimentée par une nouvelle variante du virus », qui se transmet « bien plus facilement »

L’information « sur cette nouvelle souche est très préoccupante », selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l’Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu' »elle semble de 40% à 70% plus transmissible ». « C’est une très mauvaise nouvelle », pour le Pr John Edmunds, du London School of Hygiene & Tropical Medicine : « Il semble que ce virus est largement plus infectieux que la souche précédente ».

De son côté, l’OMS estime que « des signes préliminaires » montrent « que la variante pourrait être plus contagieuse ». Et, au Royaume-Uni, « le groupe consultatif sur les menaces nouvelles et émergentes des virus respiratoires (NERVTAG) considère maintenant que cette nouvelle souche peut se propager plus rapidement », a déclaré le médecin-chef de l’Angleterre, Chris Whitty, dans un communiqué.

Pour autant, aucune publication scientifique ne prouve pour le moment que cette variante est plus contagieuse. Le relâchement de la population ou les conditions climatiques défavorables en ce moment en Europe pourraient aussi expliquer cette recrudescence de cas en Grande-Bretagne.

Invité sur France Inter ce lundi, Vincent Enouf, responsable adjoint du centre national de référence des virus respiratoires à l’Institut Pasteur, explique par ailleurs que le virus a circulé dans une région qui jusqu’à présent avait été peu touchée par le virus. « On ne sait pas si ce sont ces mutations qui sont responsables de cette meilleure diffusion du virus, ou si l’on a affaire à des personnes qui sont des super-contaminateurs, des personnes qui permettraient de diffuser de meilleure façon le virus (…) aujourd’hui, le meilleur terrain pour le virus, c’est une population naïve« , c’est-à-dire qui n’a pas encore été confrontée au virus, explique-t-il. 

Cette variante est-elle plus dangereuse pour autant ?

Ces mutations pourraient-elle rendre le virus plus dangereux ? Sur cette question, les scientifiques se veulent pour le moment rassurants. À l’image du professeur Étienne Simon-Lorière, responsable du laboratoire Évolution génomique des virus ARN à l’Institut Pasteur. Il explique à France Inter que « jusqu’ici les mutations n’ont pas changé la dangerosité du virus. Certaines ont légèrement augmenté sa transmissibilité, mais au final c’est la même maladie, le même spectre de symptômes. » 

« Rien n’indique qu’elle est plus mortelle ou qu’elle cause une forme plus sévère de la maladie » ou qu’elle réduit l’efficacité des vaccins, a déclaré pour sa part Boris Johnson. Le médecin-chef d’Angleterre, Chris Whitty, estime également que « rien n’indique pour le moment que cette nouvelle souche cause un taux de mortalité plus élevé ou qu’elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela ».

L’OMS, précise d’ailleurs qu’il n’y a « aucune preuve d’un changement de la gravité de la maladie », même si ce point fait aussi l’objet de recherches. « Aujourd’hui, de manière virologique, on est incapable de dire si ce virus est plus dangereux qu’un autre« , confirme Vincent Enouf.

Les vaccins restent-ils efficaces ?

Etienne Simon-Lorière, spécialiste des virus ARN à l’Institut Pasteur, estime que « la plupart » des « anticorps produits » grâce au vaccins « pourraient continuer à être efficaces malgré les modifications du virus ». Il ajoute que « les nouvelles techniques vaccinales sont plus simples à mettre à jour à partir des séquences virales ». Il n’y a pour l’instant pas d’inquiétude particulière à avoir », rassure Etienne Simon-Lorière.

Même conclusion pour les experts de l’Union européenne : « D’après tout ce que nous savons à l’heure qu’il est et à la suite d’entretiens qui ont eu lieu entre les experts des autorités européennes », la nouvelle souche « n’a pas d’impact sur les vaccins » qui restent « tout aussi efficaces », a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE.

Lundi, l’Agence européenne du médicament, qui a donné son feu vert à l’autorisation de mise sur le marché du vaccin conçu par Pfizer et BioNTech, a affirmé que le vaccin devrait également protéger contre le variant découvert en Grande-Bretagne. « Quoi qu’il en soit, comme un génome viral ne cesse de se transformer et d’évoluer, vivre avec le virus supposera de vivre aussi avec les annonces de ses mutations inquiétantes« , rappelle Le Monde.

Peut-on diagnostiquer cette nouvelle variante ?

L’OMS estime que la variante « pourrait affecter l’efficacité de certaines méthodes de diagnostic », selon les « les informations préliminaires » en sa possession.

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