Quand le Covid-19 ne sera plus quun rhume – Pour la Science

Quand le Covid-19 ne sera plus quun rhume – Pour la Science

La façon dont l’épidémie de Covid-19 va évoluer ces prochaines semaines, surtout depuis l’émergence de variants plus contagieux, est, à juste titre, une préoccupation majeure de la population, des médecins, des autorités. Cette problématique n’empêche pas de s’interroger également sur un avenir plus lointain. Sera-t-on un jour débarrassé du SARS-CoV-2 ? Ou bien devra-t-on vivre avec ? Et dans ce dernier cas, avec quel type de risque pour la population ? Rustom Antia, de l’université Emory, à Atlanta, et ses collègues ont tenté de répondre. Selon leurs modélisations, il est probable que l’infection au nouveau coronavirus s’apparente un jour à un simple rhume.

Pour parvenir à ce scénario, l’équipe s’est penchée sur les paramètres épidémiologiques du SARS-CoV-2 et de six autres coronavirus connus pour avoir l’humain comme hôte : quatre bénins (229E, NL63, OC43 et HKU1) car ils n’entraînent que des rhumes, et deux autres (le SARS-CoV et le MERS-CoV), responsables de pandémies limitées de pneumopathies en 2002 et en 2012. Une hypothèse centrale de l’étude est que ces coronavirus déclenchent des réactions immunitaires similaires. Difficile à croire au vu du bilan du Covid-19 actuel, mais celui-ci s’explique par le fait que le nouveau coronavirus touche une population « naïve », c’est-à-dire des individus dont le système immunitaire n’a jamais été confronté à l’agent infectieux, et donc plus vulnérables.

Trois paramètres (IES, IEP et IEI) ont été retenus pour définir la protection offerte par l’immunité (IE pour « immune efficacy ») contre un coronavirus. En effet, l’immunité peut empêcher l’agent pathogène de se répliquer et interdire donc toute réinfection (IES), ou « seulement » atténuer la maladie en cas de réinfection (IRP) ou encore réduire la transmissibilité (IEI). Chez un même individu, ces trois paramètres, qui dépendent d’acteurs différents du système immunitaire, diminuent avec le temps, mais avec des rythmes qui leur sont propres, par exemple en fonction de la fréquence des réinfections.

Une analyse des données disponibles concernant les anticorps contre les coronavirus bénins chez des enfants et des adultes a permis de mesurer la dynamique de ces paramètres. Ces données révèlent notamment que l’immunité bloquant l’infection (IES) diminue rapidement, tandis que les immunités réduisant la maladie (IEP et IEI) sont de longue durée. Autre résultat, la primo-infection par un des quatre coronavirus bénins intervient entre 3,4 et 5,1 ans. À 15 ans, tout le monde a été infecté.

Grâce à ces informations, les auteurs montrent que la dangerosité du virus va aller s’amenuisant sans toutefois disparaître, suivant en cela l’évolution des quatre coronavirus bénins (le SARS-CoV et le MERS-CoV ne sont pas concernés, car ils ne se sont pas assez propagés). Pour rappel, on suspecte le OC43 d’avoir fait 1 million de morts lors d’une pandémie en 1890. L’élément clé de ce scénario est le fait que l’infection est sans gravité chez les enfants : à l’avenir, en conditions d’endémie, seuls les enfants, qui ne développent en très grande majorité que des formes légères, seraient alors concernés par le SARS-CoV-2 ; plus âgés, ils resteraient protégés et le seraient toujours plus à chaque réinfection.

Sans vaccin, cette situation adviendrait – au prix de nombreux morts et formes sévères –, d’ici quelques années à quelques décennies en fonction de la vitesse de propagation du coronavirus (et d’éventuels nouveaux variants) et de la durée de la réponse immunitaire développée contre lui, cette dernière donnée étant encore mal connue compte tenu de la récente apparition du virus. Les vaccins (seulement pour les adultes) réduiraient ce délai à un an voire six mois. Les auteurs préviennent, leurs conclusions seraient toutes différentes avec un agent pathogène qui provoquerait une maladie grave chez les jeunes. Puisque ce n’est pas le cas, que les parents se préparent à dire sans frémir à leur progéniture : « Mets ton écharpe, sinon tu vas attraper le Covid-19… » À vos souhaits !

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