Reconfinement: lindustrie auto entre espoir et inquiétude – Caradisiac.com

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L’industrie auto avait rapidement retrouvé des forces à l’issue du premier confinement, avec notamment des groupes français qui avaient publié des résultats de troisième trimestre supérieurs aux attentes.

Renault, qui privilégie désormais la profitabilité aux volumes de ventes, aura ainsi connu un mois de septembre positif à travers l’Europe, avec des ventes en progression de 8 % sur un marché en hausse de 3 %, tandis que PSA a fait état d’un chiffre d’affaires de la division Automobile à 12 Md€, en hausse de 1,2%, ceci « grâce à la solidité récurrente du mix produit et de la politique de prix. »

Les grands équipementiers tricolores que sont Valeo, Faurecia et Michelin, avaient eux aussi revu à la hausse leurs prévisions à l’issue du troisième trimestre. Le premier anticipe une marge en hausse de 12% au second semestre (au lieu de 10%), tandis que le second publie des résultats meilleurs que prévu pour la période juin-septembre.

Quant à Michelin, il a vu la demande de pneus repartir fortement ces trois derniers mois. Cela se traduit par un chiffre d’affaire en baisse de 15% sur les neuf premiers mois de l’année, mais de seulement 5% au troisième trimestre. Ce qui, combiné à un plan d’économie et une réduction des investissements, laisse augurer de résultats positifs avec 1,6 milliard de résultat opérationnel sur 2020.

Du côté des PME du secteur, les mesures de soutien mises en place par le gouvernement (chômage partiel, report de charges, prêts garantis par l’Etat) ont permis passer la tempête sans trop de casse. Interrogé par Les Echos (30/10), le président de la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV) Claude Cham indique que « la fin de l’année se présente bien mieux qu’anticipé. Aujourd’hui, les sites de la filière ont retrouvé en moyenne 85 % de leur niveau d’activité. »

Et s’il est vrai que certaines entreprises ont flanché, les acteurs du secteur rappellent que la crise n’aura fait qu’accentuer une santé qui était déjà chancelante.

Il n’en reste pas moins que la situation reste incertaine. D’après les estimations de la Plateforme Automobile, quelques 60 000 emplois sont menacés en France dans la filière « production de véhicules », soit 15% des effectifs.

L’ouverture des concessions, enjeu numéro 1

Mais la clé de voûte de l’édifice réside bien sûr dans les capacités à vendre et livrer des voitures : sans clients, inutile de faire tourner les usines. Dans un communiqué commun, FO, CFE-CGC et CFTC, les organisations syndicales du groupe PSA, rappellent que « les concessions automobiles font partie intégrantes de la production industrielle d’un groupe comme PSA », et assurent que « le protocole sanitaire appliqué au sein du groupe est exemplaire et apporte toutes les garanties pour rassurer les décideurs politiques au plus haut niveau ».

Message reçu à Bercy, où le ministre de l’économie Bruno Le Maire a assuré que les concessions pourraient continuer d’assurer les livraisons de voitures neuves (après rendez-vous fixé par l’établissement, et munis de l’attestation obligatoire).

Il faut aussi rappeler que les carnets de commande se sont bien remplis ces derniers mois et qu’il est hors de question pour les professionnels de voir les stocks augmenter. On relève au passage que la situation est comparable en Allemagne, où un confinement partiel est mis en place et où les concessions vont elles aussi rester ouvertes.

Les perspectives restent donc à l’heure actuelle plutôt positives pour les grands acteurs du marché automobile, mais on sait qu’en matière de crise sanitaire, la vérité d’un moment pourra se voir totalement contredite un peu plus tard.

Dans une récente allocution, Mike Manley, patron de Fiat Chrysler Automobile et nouveau Président de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), a d’ailleurs rappelé que « la pandémie de Covid-19 est le plus grand risque auquel le secteur auto ait jamais été exposé ». Selon lui, le marché européen devrait accuser en fin d’année une baisse de 25% cette année, soit la plus forte chute jamais enregistrée pour un secteur dont dépendent 14,6 millions d’emplois à travers l’Europe.

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