Rhume : l’avertissement des spécialistes contre l’automédication – Sud Ouest

Rhume : l’avertissement des spécialistes contre l’automédication – Sud Ouest

Le rhume, c’est de saison. Dans le numéro spécial hors série, de la revue Prescrire, sur les médicaments vendus sans ordonnance, l’agence du médicament ANSM, les académies de médecine et de pharmacie et 60 Millions de consommateurs ont lancé à nouveau l’alarme, chacun de son côté.

Des risques graves 

Ils pointent les risques graves que peuvent occasionner des médicaments décongestionnants en vente libre contre cette affection qui guérit en général spontanément en sept à dix jours, avec ou sans traitement.

Les médicaments en question ? Actifed Rhume, Humex rhume, Nurofen rhume, Dolirhume Paracétamol et pseudoéphédrine, Rhinadvil.

Ils font partie de ces médicaments vasoconstricteurs en comprimés, accessibles sans ordonnance et largement utilisés pour soulager des symptômes comme la sensation de nez bouché. En revanche, sous forme nasale, ils sont sur ordonnance.

Aux nombreuses mises en garde émises ces dernières années sur ces risques « rares mais graves » (AVC, infarctus du myocarde, convulsions, tension artérielle élevée, réactions cutanées graves…), l’agence du médicament ajoute à présent « une alerte concernant le risque possible d’altération soudaine de la vue ».

Elle souligne, à l’aide du logo femme enceinte, le « danger » de prendre ces médicaments pendant la grossesse en raison des risques pour l’enfant à naître.

Ces médicaments sont « strictement interdits pendant l’allaitement », rappelle-t-elle encore dans un document actualisé d’information aux patients, remis par les pharmaciens et téléchargeable sur le site de l’ANSM. Une liste des onze médicaments visés a été établie. La revue prodigue également des conseils d’usage tels que lavage du nez avec du sérum physiologique ou des sprays d’eau thermale ou de mer, dormir la tête surélevée, boire suffisamment, aérer les pièces…

Le danger de la surdose

En six ans (2012–2018) 307 cas graves (dont 25 AVC) ont été signalés dont 5 décès, selon la pharmacovigilance qui assure la surveillance des médicaments auprès de l’ANSM. Ces médicaments ne doivent pas être pris plus de 5 jours d’affilée.

Il convient d’arrêter d’en prendre et de consulter si les symptômes persistent ou s’aggravent. La recherche de virus Covid et grippal peut aussi s’imposer selon les cas.

Vers un « observatoire national du rhume »

Les académies de médecine et de pharmacie, qui viennent de publier un rapport sur les prescriptions médicamenteuses dans le rhume de l’adulte d’origine virale, suggèrent de créer « un Observatoire national du rhume ». Ce dernier pourra recueillir des données fiables en termes d’épidémiologie et de consommation médicamenteuse.

Les rhumes affecteraient chaque année 20 à 25% de la population et seraient 6 à 7 fois plus fréquents que les syndromes grippaux, écrivent-elles sur la base d’études américaines.

‘ »Aucun traitement du rhume de l’adulte n’a réellement fait preuve d’une grande efficacité ».

Mais ces sociétés savantes relèvent des prescriptions « nombreuses et variées, représentant à la fois un danger en termes de santé publique et de risque d’effet indésirable individuel, et un coût non justifié en termes de dépenses de santé ».

Elles préconisent notamment de « limiter l’usage de la corticothérapie, le plus souvent inadaptée, ainsi que l’usage des vasoconstricteurs en raison de leurs effets indésirables, en suggérant qu’ils ne soient délivrés que sur prescription médicale ».

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