Santé – Grippe, gastro, bronchiolite, les virus de lhiver ont-ils tous disparu ? – La Montagne

Santé – Grippe, gastro, bronchiolite, les virus de lhiver ont-ils tous disparu ? – La Montagne

La lutte contre le Covid-19 a-t-elle aussi eu des effets sur la circulation des virus hivernaux comme la grippe ou la gastro ? À en croire les chiffres publiés par Santé publique France et le réseau Sentinelles, les mesures de confinement et le respect des gestes barrières ont considérablement limité la propagation de ces virus saisonniers.

Des cas de grippes anecdotiques

Le dernier bulletin hebdomadaire publié le 30 décembre par Santé publique France qui surveille l’activité de la grippe depuis le début du mois d’octobre 2020 est catégorique : « Depuis le 5 octobre 2020, aucun cas grave de grippe n’a été signalé par les services participant à cette surveillance ».

Nombre hebdomadaire de prélèvements positifs pour la grippe en France métropolitaine en médecine de ville, de début octobre à la mi-avril depuis 2017 (source : réseau Sentinelles). © Santé publique France

L’agence précise également qu’il n’y a « pas de circulation active des virus grippaux identifiée par les réseaux de surveillance dédiés, seuls 11 virus grippaux ont été détectés (10 en milieu hospitalier et 1 par le réseau Sentinelles) dans différentes régions dont au moins 2 chez des personnes de retour d’un voyage à l’étranger ».

Nous pouvons avancer plusieurs explications à ce phénomène inédit : tout d’abord un respect des gestes barrières et des mouvements de populations réduits qui ont diminué les risques de transmissions.

Olivier Véran annonce une accélération de la vaccination

Marianne Sarazin, médecin en santé publique, responsable du réseau Sentinelles en Auvergne – Rhône-Alpes et en Bourgogne – Franche-Comté avance : « On peut supposer que les mesures prises contre le Covid, à commencer par le port du masque et le respect des mesures de distanciation, ont un impact aussi sur la transmission de la grippe. »

Autre explication, la campagne de vaccination contre la grippe a fonctionné à plein régime cet hiver, à ce jour 13 millions de personnes ont été vaccinées (dont une forte proportion de plus de 75 ans) contre 10 millions l’hiver dernier.

L’apparition du Covid-19 a également chamboulé ce que l’on appelle l’écologie virale. Bruno Lina, professeur de virologie aux Hospices civils de Lyon et membre du Conseil scientifique l’expliquait ainsi au site 20 minutes :  « On parle d’interférence virale : quand deux virus épidémiques circulent en même temps, sur un même territoire et ciblent la même population, ils s’opposent, et c’est le virus qui a le potentiel de croissance le plus important qui prend le dessus ».

Moins de cas de bronchiolites et de gastros

Santé publique France a noté pour la dernière semaine de décembre une augmentation des cas de bronchiolite, un virus respiratoire qui touche les enfants de moins de 2 ans, mais dans des proportions bien moindre que les années précédentes.

Pour Isabelle Claudet, cheffe des urgences pédiatriques du CHU de Toulouse, interrogée par France Info, c’est du jamais-vu : « Actuellement, on a en moyenne entre 0 et 4 cas par jour, alors qu’on en a d’habitude entre 10 et 30. »Passages et hospitalisations suite aux passages aux urgences pour bronchiolite en France métropolitaine entre 2018 et 2021. © Santé publique France

La médecin note également que le respect des gestes barrières a un effet flagrant sur la baisse de cette pathologie chez les nourrissons. 

Du côté de la gastro, le réseau Sentinelles note une « activité faible en médecine générale » et précise que les taux de contaminations sont « inférieurs à ceux observés habituellement en cette période ».

Taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë vus en consultation de médecine générale (carrés bleu) et comparaison historique. © réseau Sentinelles

Comme la grippe, le pic de l’épidémie saisonnière se situe dans les prochaines semaines mais la tendance est à une activité moindre que les années précédentes.

Marianne Sarazin appelle tout de même à la prudence : « Cela fait 30 ans que l’on étudie la grippe, et beaucoup de zones d’ombre persistent. L’épidémie débute parfois mi-octobre, parfois en janvier ou même en février, sans que l’on sache précisément pourquoi. Elle peut donc tout à fait être décalée cette année et arriver plus tard. »

La mise en place de nouvelles habitudes comme le port du masque, le lavage régulier des mains et la distanciation sociale semblent toutefois avoir des impacts sur ces autres virus. Des réflexes qu’il faudra conserver une fois la crise du coronavirus derrière nous.

Julien Jégo (avec Stéphane Barnoin)

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