Santé – Immunité face au Covid-19 : on fait le point – La Montagne

Santé – Immunité face au Covid-19 : on fait le point – La Montagne

L’immunité c’est l’espoir de sortir de la crise sanitaire que nous traversons depuis presque un an. Pour l’Institut Pasteur « il faudrait que 67% de la population française soit immunisée contre ce nouveau coronavirus pour que le virus cesse de circuler de façon épidémique. »

L’immunité au Covid-19 peut être naturelle quand vous avez contracté le virus, de manière asymptomatique ou symptomatique mais elle peut aussi être acquise grâce à un vaccin par exemple. Simon Cauchemez, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, interrogé par France Info, estimait au début du mois de décembre que seulement 10 % des Français auraient été infectés par le virus pour le moment.

Une durée variable

La question est alors de savoir combien de temps cette immunité peut durer. De nombreuses études ont fleuri sur le sujet et tentent chacune d’apporter un bout de la réponse. Mais toutes font face au peu de recul que nous avons sur la maladie.

Il est d’autant plus difficile de donner une réponse claire et précise que « la durée de protection varie d’une personne à l’autre, on peut donner comme ordre de grandeur quelques mois » explique Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) au JDF.

Un rapport de la Haute Autorité de Santé, publié au début du mois de décembre, précise ainsi que l’immunité développée après l’infection au virus est proportionnelle à la sévérité de la maladie. Concrètement, plus la forme de la maladie a été grave, mieux on est immunisé. 

Une réponse du corps en deux temps

Ce qu’il faut prendre en compte c’est que la réponse immunitaire de notre corps face aux virus se déploie en deux phases : dans un premier temps, le système immunitaire produit des anticorps qui vont persister un certain moment dans l’organisme puis dans un second temps, le nombre d’anticorps chute mais des cellules mémoires restent présentes dans l’organisme, et leur nombre diminue très lentement au fil des ans. Le corps garde donc un souvenir du virus.

Deux médecins américains ont compilé les différentes conclusions d’articles scientifiques pour tenter d’établir une chronologie de cette réponse immunitaire. La courbe du haut présente les lymphocytes T (les lymphocytes sont des globules blancs qui ont un rôle majeur dans le système immunitaire) et celle du bas concerne les lymphocytes B et les anticorps (IgM, IgA et IgC).

© David S. Stephen et Juliana Mc Elrath, Jama (wk signifie semaine).

Des tendances qui confirment la présence d’anticorps jusqu’à cinq mois après la première infection. Mais une nouvelle fois, les disparités de situation entre personnes contaminées entraînent des réactions différentes.

Mais alors quid de l’immunité engendrée par le vaccin, dont la campagne d’administration devrait débuter dès le 27 décembre ? Pour Dominique Deplanque, professeur de pharmacologie médicale et directeur du centre d’investigation clinique de Lille, interrogé par Ouest-France, « on a une certitude d’au moins trois mois d’efficacité. Quand on voit les courbes, on a du mal à imaginer que l’efficacité va chuter drastiquement au quatrième mois. On peut imaginer qu’elle durera au moins six mois. Peut-être plus. »

Une réinfection est-elle possible ?

Sur ce point, la Haute Autorité de Santé et l’Inserm partagent le même avis : « Alors qu’on dénombre actuellement plus de 53 millions de cas de COVID-19 à travers le monde, le nombre de cas rapportés de réinfection reste anecdotique. »

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Les cas recensés et documentés de réinfections sont pour la plupart le fait d’un contact avec une autre souche du virus (comme celle qui se développe actuellement au Royaume-Uni par exemple).

La vaccination a-t-elle donc un intérêt pour les personnes déjà infectées ? La Haute Autorité de Santé a estimé qu’« à ce stade il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19 » mais que ceux qui le désirent doivent pouvoir être vaccinés « à l’issue d’une décision partagée avec le médecin. »

Julien Jégo

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