Se faire vacciner si on a déjà eu le Covid, ce sera possible – Le Parisien

Se faire vacciner si on a déjà eu le Covid, ce sera possible – Le Parisien

Damien a croisé la route du Covid-19 il y a deux mois à l’occasion d’un mariage. Pour savoir ce que son organisme a gardé en lui de cette contamination, ce trentenaire parisien a fait mardi un test sérologique. Résultat : « Je n’ai apparemment plus assez d’anticorps pour être protégé car je me situe juste au-dessous du seuil d’immunité. » En théorie, Damien pourrait donc contracter de nouveau la maladie. Et malgré son statut d’ex-patient atteint du coronavirus, la vaccination reste une option possible s’il veut se prémunir à long terme.

C’est en substance ce qu’a précisé dans la nuit de vendredi la Haute autorité de santé (HAS). Les experts de la HAS avaient une problématique en tête : les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 doivent-elles se faire vacciner? La HAS estime à ce stade « qu’il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19 ». « Les vaccins ne coulant pas à flot, il faut en priorité vacciner les gens qui n’ont pas contracté le virus », indique l’infectiologue Jean-Daniel Lelièvre.

La HAS estime toutefois que les patients déjà atteints par le virus « doivent pouvoir être vaccinées s’ils le souhaitent à l’issue d’une décision partagée avec le médecin ». « Même s’il y a assez peu de cas de réinfection au regard des 60 millions de personnes qui ont été touchées, les Américains et les Anglais conseillent à ceux qui ont déjà contracté le virus de se faire vacciner malgré tout dans un délai d’un à trois mois après les premiers signes de la maladie », souligne Jean-Daniel Lelièvre.

La Haute autorité de santé estime dans ce cas préférable de respecter un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes. Si la HAS fait cette recommandation, c’est parce que « la durée de l’immunité à long terme conférée par la COVID-19 n’est actuellement pas connue ». « Bien que la fréquence réelle des cas de réinfection soit difficile à établir, le nombre de cas publiés de réinfection dûment documentés reste pour l’instant faible (une dizaine environ) », ajoutent les experts de la HAS.

Jean-Claude ne veut pas revivre cet enfer

Mais pas question de jouer avec le feu pour Jean-Claude. À 74 ans, ce chauffeur de taxi originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis) a subi une forme grave de la maladie. Après deux mois de coma et des semaines de rééducation, il a perdu 30 kg et ne souhaite pour rien au monde revivre cet enfer. « Le beau-frère de mon médecin a contracté le Covid-19 deux fois de suite et après ce que j’ai vécu, je suis très angoissé, confie le septuagénaire. Alors oui je me ferai vacciner car si je subis une seconde fois les effets du Covid de la même manière, je vais mourir ».

Mais peut-on vraiment se faire vacciner sans risque après avoir contracté une première fois la maladie ? Dans ce cas, « les données dont on dispose avec un recul moyen de trois mois montrent qu’il n’y a pas d’effet indésirable grave particulier », indique la Haute autorité. « Je ne pense pas que ce soit risqué et je ne trouve pas choquant de vacciner ceux qui l’ont déjà eu car cela permettra de stimuler leur immunité », souligne la professeure Agathe Raynaud-Simon, cheffe du service de gériatrie à l’hôpital parisien Bichat.

Aurélie veut contribuer à freiner la circulation du virus

Atteinte par le virus en mars dernier mais ayant souffert alors de « symptômes très légers », Aurélie se considère aujourd’hui comme « quelqu’un qui peut de nouveau l’attraper ». « Nous sommes beaucoup à nous dire, dans mon cas, qu’il ne serait pas idiot de remettre une couche de vaccin pour renforcer notre immunité, confie cette jeune Parisienne. Non seulement cela nous permettrait d’être plus tranquilles mais de contribuer à empêcher que le virus ne circule trop. »

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Convient-il, avant de se décider, de procéder à un test sérologique pour mesurer si notre organisme dispose de suffisamment d’anticorps pour résister à un nouvel assaut? La HAS ne le recommande pas car elle estime qu’« une sérologie ne permet pas d’attester d’une immunité face au virus ».

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